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Chikungunya : la région déploie l?arsenal

15 février 2006, 20:00

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<B>Du renfort aux Comores</B>

Aux Comores, une cinquantaine de personnes ont été recrutées lundi pour aider les 70 agents de lutte anti-vectorielle de la Direction des affaires sanitaires et sociales (Dass). Bien quele nombre de personnes atteintes reste imprécis, l?évolution du chikungunya à La Réunion - 70 000 cas - a contraint les autorités à renforcer la lutte contre l?aedes, le moustique vecteur de la maladie.

Quelques dizaines d?hommes, renforts ponctuels fournis par la Direction de l?équipement, la Direction de l?agriculture et de la forêt et le Conseil général, apportent un renfort ponctuel.

Ces effectifs renfloués doivent commencer à travailler aujourd?hui. ?Il nous fallait des renforts car on ne peut pas baisser la garde?, explique Jean-Claude Cargnelutti, le directeur de la Dass.

Quatre vingt pulvérisateurs supplémentaires ont également été commandés, de même que des produits, des masques et des tenues qui remplaceront les bleus de travail. Très couvrantes ? les produits contre l?aedes sont plus agressifs que ceux contre l?anophèle, le moustique porteur du paludisme ? ces combinaisons font fortement transpirer et obligeront les agents à se reposer plus souvent. ?La productivité baisse, et ces équipements vont coûter 8 euros par jour et par personne?, indique Jean-Claude Cargnelutti.

Une cinquantaine de pulvérisateurs étaient aussi attendus hier. Mayotte s?équipe donc pour un emploi à plus grande échelle de l?insecticide Fénitrothion, alors que celui-ci, jugé trop toxique pour l?environnement, est en passe d?être abandonné à La Réunion .

<B>Un plan catastrophe</B>

?Ces produits sont validés par l?Organisation mondiale de la santé, mais d?autres plus écologiques existent. On est en train de les faire analyser?, indique le directeur. La Réunion, sous la pression des médias et des écologistes, est en train de changer de produit. De toute façon, au niveau européen, on a eu l?autorisation d?utiliser ces produits pour 2006 amis il faudra peut-être changer ensuite. Le ministère y réfléchit.?

Enfin contre une éventuelle explosion de l?épidémie, ?on est en train de construire un plan en cas de catastrophe. Il se pourrait que l?armée intervienne?, a ajouté le directeur.

En attendant, l?une des priorités demeure la sensibilisation de la population. Les éducatrices de santé du Conseil général ont assisté lundi à une réunion d?information et ont commencé hier à se rendre dans les quartiers pour inciter les habitants à faire place nette dans et autour de leur logement.

<B>Lisa Giachino Le Canal.com</B>

La Réunion en crise</B>

A l?heure actuelle, il n?y a pas de données exactes concernant le nombre de malades atteints de virus. Daniel Gonthier avance que ?le virus a touché 20 à 30 % de la population? (10 % selon la Drass). Quatre chercheurs missionnés par François Goulard, ministre délégué à l?Enseignement supérieur et à la Recherche, ont débarqué lundi matin à la Réunion. Epidémiologiste, virologue, immunologiste et entomologiste..., ces spécialistes auront en charge de récolter un maximum de ?données fiables et sérieuses sur le chikungunya qui obéissent à des protocoles de recherche?, précise Patrick Hervé, directeur de la Délégation régionale à la recherche et à la technologie.

<B>Flou autour de la fièvre qui sévit à Toamasina</B>

À vouloir trop rassurer l?opinion publique, le ministre de la Santé, Jean-Louis Robinson s?est empêtré dans des explications douteuses sur les cas de fièvre qui sévit à Toamasina. ?Un prélèvement sur six est un cas douteux. Il s?agit d?une arbovirose, encore dénommée grippe tropicale?, affirme le Dr Jean-Louis Robinson annonçant le résultat de l?analyse des prélèvements de sang de malades tamataviens envoyé à Lyon.

C?est donc de l?arbovirose et non du chikungunya selon le médecin, ministre de la Santé. Soit. Il rajoute que l?arbovirose est une maladie virale transmise par les moustiques aedes albopictus qui n?est pas de la même famille que l?aedes aegypti, vecteur du chikungunya. Une petite visite sur le site de Wikipedia, l?encyclopédie libre, permet d?être mieux éclairé.

Il y est dit : ?Le nom scientifique du moustique aedes aegypti, secteur important de la dengue, de la fièvre Dengue Hémorragique (DHF), de la fièvre jaune et d?autres maladies virales. Avec le nom scientifique du moustique aedes albopictus, le seul capable de transmettre le Chik (abrégé du chikungunya) mais il peut aussi transmettre la dengue. Le chikungunya est une maladie infectieuse tropicale, due à un arbovirus (alphavirus de la famille des togavinidae) transmise par des moustiques du genre Aedes?. C?est clair et net et sans équivoque. Si l?analyse des prélèvements effectuée à Lyon a révélé de l?arbovirose véhiculée par les moustiques aedes aegypti albopictus, il n?y a pas de doute, le cas suspect est bel et bien du chikungunya.

Le ministre Jean-Louis Robinson s?est d?autant plus emmêlé les bistouris qu?il a rajouté : ?Les laborantins continuent de faire une analyse approfondie sur ce cas douteux. Nous attendons la confirmation d?ici vendredi?. Ce qui suppose que rien n?est moins sûr.

L?analyse aurait dû trancher s?il s?agit du chikungunya ou non. Ainsi au lieu d?avoir levé la psychose au sein de la population, Jean-Louis Robinson n?a fait que confirmer l?existence du chikungunya. Ce qui est vérifié par Wikipedia : ?Le chikungunya a fait son apparition aux Comores en 2004. Le Nord de Madagascar, Maurice et Mayotte, avec plus de 5 000 cas recensés, ne sont pas épargnés, même si l?on en parle finalement assez peu?.

Le prélèvement douteux serait celui d?une dame âgée dans la ville de Toamasina. Des techniciens du ministère de la Santé sont descendus dans le Grand-Port pour la chercher puisqu?elle était soignée au centre hospitalier régional de la ville. C?est aussi histoire de juguler la propagation du virus autant que faire se peut.

Pour le moment, la seule consolation du ministère de la Santé est la baisse des consultations dans la région Diana où les résultats des prélèvements sur les malades seront connus d?ici quinze jours selon le ministre Jean-Louis Robinson ?L?hôpital de Nosy-Be n?est plus bourré de malades?, témoigne le Dr Be Sébastien, directeur régional de la santé de Diana.

Chikungunya ou pas, il n?y a pas pour le moment de traitement spécifique de cette fièvre. ?Il suffit de prescrire des médicaments pouvant faire baisser la température et augmenter l?anticorps du sujet atteint à travers des vitamines et calcium?, précise le Dr Zohra Bayant, directeur de santé de la région Antsiranana. En attendant un traitement virucide ou un vaccin.

<B>Sylvain Ranjalahy

Henintsoa Andriamiarisoa

L?Express de Madagascar</B>

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