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Chellapermal et Ramtoola : La rupture

9 janvier 2004, 20:00

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Les divergences entre le président du conseil d?administration et le directeur général de la MBC se sont accentuées ces dernières semaines. Les relations sont plus que jamais tendues entre Nasir Ramtoolah et Torriden Chellapermal. Tant à la rue Pasteur que dans les milieux bien informés de l?hôtel du gouvernement on parle ouvertement de leur « prochain départ ».

Les deux hommes ont sollicité l?arbitrage du Premier ministre, Paul Bérenger, cette semaine. Le directeur général lui a envoyé un long courrier dans lequel il fait état de ses difficultés à travailler avec son président. Pour sa part, celui-ci a sollicité une rencontre avec Paul Bérenger pour s?entretenir de la situation avec lui.

Le gouvernement ne cache pas sa profonde irritation face à ces tiraillements qui perdurent depuis plus d?une année à la MBC. À l?hôtel du gouvernement, on laisse entendre qu?une décision sera prise bientôt pour mettre fin à la confusion. Conscient du fait que le gouvernement tranchera la question bientôt, le conseil d?administration a décidé de ne pas se réunir en attendant la résolution du conflit.

Dans les locaux de la MBC, il a régné une agitation particulière cette semaine. Sachant que les relations entre le directeur général et le président se sont dégradées, les employés sont dans l?expectative d?une décision gouvernementale. Entre-temps, ils spéculent sur les remplaçants. Beaucoup avancent le nom de Ravin Bachoo comme successeur probable de Torriden Chellapermal. Il est l?actuel directeur général adjoint

Dans l?entourage de la présidence du conseil d?administration, l?on affirme que Nasir Ramtoolah a fait part de son « exaspération » devant la situation. Il aurait envisagé de démissionner mais cette décision a été reportée en attendant la rencontre qu?il a sollicitée avec le chef du gouvernement. Les proches de Torriden Chellaperamal indiquent que celui-ci est tout autant contrarié par les conflits et qu?il est conscient qu?il n?y aucun espoir de sauver la situation.

Une question de prérogatives

La mésentente entre les deux hommes a fini par paralyser le bon fonctionnement de la corporation. De fait, elle a existé dès le départ. Initialement, les désaccords portaient essentiellement sur les prérogatives de l?un et de l?autre. La direction juge que le conseil d?administration s?ingère trop dans la gestion quotidienne de l?institution. Ce que récuse le conseil d?administration qui se dit guidé uniquement par le concept de « good governance ». Quelques membres du conseil d?administration sont eux d?avis que le problème relève davantage d?un conflit de personnalités.

Le dernier conseil d?administration s?est tenu le mois dernier dans des conditions houleuses. Les échanges ont été vifs entre les deux protagonistes. Les modalités présentées par Torriden Chellapermal pour l?achat de séries en hindoustani sont modifiées par le conseil d?administration. Ce qui provoque la colère du directeur général. Ses propositions sur les conditions d?emploi des contractuels, ne sont pas non plus retenues par le conseil d?administration. Nasir Ramtoolah décide plutôt d?instituer un sous-comité pour discuter de la question.

La décision du conseil d?administration autorisant le président à se concerter avec les managers sans passer par le directeur général a aussi été vivement opposée par le directeur général.

Torriden Chellapermal estime que le président ne peut pas « query » ses managers alors que Nasir Ramtoolah rétorque qu?il n?a jamais été question de leur demander des explications. L?entourage de Nasir Ramtoolah est d?avis qu?il est en droit de rechercher des informations factuelles auprès de certains responsables de département.

Les brouilles ont été fréquentes l?an dernier. La nouvelle grille de programmation, la réorganisation du département de production, l?allocation des bourses, parmi tant d?autres questions, ont semé la discorde entre le président et le directeur général. Ce dernier a accusé le conseil d?administration d?avoir abusé de ses prérogatives quand il a rencontré les syndicats. Or, le conseil d?administration dit n?avoir rencontré qu?une seule fois les responsables syndicaux et ce, à leur demande.

Devant une telle zizanie, on voit mal comment la maison MBC peut retrouver le calme sans un grand ménage.

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