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A chacun son sapin
«Mon beau sapin, roi des forêts, que j?aime ta verdure?» Cette chanson n?est pas réservée qu?aux seuls pays ayant un «White Christmas». A Maurice aussi le sapin de Noël est rentré dans les m?urs. Bien entendu, il ne s?agit pas des mêmes espèces. Mais force est de constater que les Mauriciens ont adopté le sapin comme symbole de Noël. Une festivité certes religieuse, mais dont la connotation commerciale s?est affirmée.
C?est le Forestry Service du ministère de l?Agro-industrie qui s?occupe de la fourniture de sapins. «Cette année, nous avons mis en vente quelque 13 000 sapins», indique-t-on. Ces sapins proviennent des forêts des hauts plateaux gérées par ce service. Selon le ministère, la demande semble se maintenir depuis quelques années. Toutefois, si elle vient à augmenter, le service des Forêts assure être en mesure de «répondre [à celle-ci] compte tenu de la production et de la gestion des stocks».
Le prélèvement des conifères se fait suivant «un nouveau concept propre à la sylviculture dans l?optique d?une gestion durable des forêts», souligne le service des Forêts. Clairement, cela signifie que les conifères sont abattus dans des zones préalablement identifiées et «ayant cette vocation». Les pins prélevés sont âgés de 6 à 8 ans et ont des troncs d?un diamètre de 9 à 12 cm et sont vendus sans les racines.
Les sapins vendus sont majoritairement de l?espèce pinus eliottii. Chez Vaneron Garden à Quatre-Bornes, on trouve principalement des pins araucaria ou pins du Chili ainsi que des cyprès et des cèdres. Cependant, la direction de la pépinière explique qu?il n?y a pas de sapins en vente cette année spécifiquement pour les fêtes de fin d?année. L?araucaria est vendu en pot, donc avec ses racines aussi bien dans les pépinières qu?au service des Forêts. Le pin du Chili est relativement plus cher que le pinus eliotti, notamment parce qu?il est vendu en pot et peut donc être planté par la suite (entre Rs 100 et Rs 450 pour l?araucaria, dépendant la taille contre Rs 70 pour le pinus eliotti). A noter que pour la vente de sapins à cette période de l?année, aucune autorisation spécifique n?est nécessaire.
Si la tradition suppose que l?on achète un vrai sapin pour les fêtes, force est de constater que le sapin artificiel trouve aussi sa place sur ce marché. Marie-Laure Thomas, 22 ans, habitante de Beau-Bassin, avoue préférer les sapins artificiels. «Les sapins naturels ne sont pas aussi beaux qu?en Europe, par exemple, c?est dû à l?espèce elle-même. Le sapin artificiel est un bon compromis parce qu?il est plus économique à long terme. On le ressort chaque année. Il ne sèche pas, ne fait pas de désordre et surtout il y en a pour tous les goûts.» «Certains sapins artificiels ? les plus chers il est vrai ? dégagent même cette odeur si particulière !» s?exclame la jeune femme.
Neyssen Pillay, 27 ans, habitant Roches-Brunes, a un net penchant pour les «vrais sapins à cause du parfum qu?ils dégagent. Ils représentent la tradition de Noël et apportent une touche particulière à la fête». Avec humour, le jeune homme précise qu?il «déteste la routine, donc voir le même sapin chaque année n?est simplement pas possible».
Jean-Philippe Venpin, directeur général de la chaîne des magasins Winner?s, dit avoir remarqué «une baisse dans la vente de sapins artificiels à cause de l?augmentation des prix et donc du pouvoir d?achat». Pour exemple, le prix d?un sapin d?un mètre cinquante environ est passé de Rs 350 à Rs 450. Le prix des sapins naturels est clairement plus compétitif. Les sapins artificiels ont certains avantages mais les ventes ont diminué. «La baisse est visible au niveau des importations également, c?est vrai aussi pour les décorations de Noël», relève Jean-Philippe Venpin. «Nous ressortons en partie nos stocks.» Preuve d?une diminution du nombre de sapins artificiels vendus : sur les quatorze supermarchés de l?enseigne Winner?s, seuls «cinq cents items ont été mis en vente».
Naturel ou artificiel, pour certains la question ne se pose pas. L?arbre de Noël peut être une création, une expression originale de l?esprit de Noël. Certains magasins de décoration vendent d?ailleurs des sapins en bois, des armatures en fer en forme de cône. Les hôtels notamment optent souvent pour les «créations». Originales, elles apportent un certain prestige au traditionnel arbre de Noël. Pour les particuliers qui se laisseraient tenter par cette option, il leur coûtera plus de Rs 2 000 pour un arbre de Noël en bois et surtout un réel esprit créatif.
Le sapin de Noël prend différentes formes. Mais, pour beaucoup, le parfum que dégage un vrai sapin est primordial. Il éveille les sens et nous plonge plus facilement dans l?ambiance de Noël. Il n?empêche que les sapins artificiels ou les créations trouvent aussi leur place dans les maisons. Principalement pour des raisons pratiques. Le sapin est le symbole incontesté de Noël. Il a évolué et évolue encore dans sa forme et sa matière. Peut-être seules constantes : les décorations indispensables et bien entendu, les cadeaux, que l?on s?attend toujours à trouver au pied du sapin.
<B>Où et à quels prix ?</B>
Les sapins, pinus eliottii, sont vendus par le service des Bois et Forêts du ministère de l?Agro-industrie dans les locaux dudit service à la route du Jardin à Curepipe, au «Quartier-Militaire Range Office», au «Southern Range Office» aux Casernes de Curepipe et à la Nursery d?Abercrombie près de la capitale. La vente s?étale du 21 au 24 décembre de 10 h à 15 h. Le prix est fixé à Rs 60 pour la vente en gros (minimum de 20 sapins). Pour les particuliers, il coûte Rs 70.
Les autres espèces en pot (araucaria et cyprès par exemple) peuvent être achetées également dans les pépinières du service des Bois et Forêts ainsi que dans les pépinières. Cependant, ces espèces de conifères ne sont pas vendues spécialement pour les fêtes de fin d?année. Ils servent généralement à l?ornementation des jardins. Plus chers, ils coûtent au minimum Rs 100 jusqu?à plus de Rs 4 500 pour les plus beaux spécimens, indique-t-on du côté de «Vaneron Garden».
Les sapins artificiels sont plus chers. Les plus petits (70-80 cm de hauteur) coûtent en moyenne Rs 350. Dépendant de la qualité, de la hauteur, de la couleur et des «options», le prix d?un sapin artificiel peut dépasser les Rs 1 500 aisément. Question tendance, le sapin blanc s?affirme. Il apporte une touche plus «hivernale». Dans bien des cas, les consommateurs achètent des sapins artificiels d?une hauteur maximale d?un mètre cinquante.
Les décorations</B>
Boules, guirlandes, lumières clignotantes parent l?arbre de Noël et participent à la magie de l?atmosphère. Les décorations de Noël revêtent une grande importance. «Chaque année, j?essaie de changer les décorations pour que le sapin soit original et suive les tendances», confie Christine Gilbert, 44 ans, revenue s?établir à Maurice après quinze ans passés en Europe. Pour cette «mordue» des décorations, l?arbre de Noël est «la pièce centrale et le choix des décorations, des couleurs est primordial».
Un petit tour dans les supermarchés corrobore ses propos : profusion de décorations traditionnelles ou originales. Il y en a pour tous les goûts. Cependant, l?originalité a un prix que toutes les bourses ne peuvent souffrir. Un lot de trois boules satinées en forme de goutte d?eau approche les Rs 100. Il n?empêche qu?à cette période, certains consommateurs consentent un effort particulier dans leurs dépenses. Pourtant, la baisse du pouvoir d?achat a affecté le marché des décorations de Noël. «Le bonus de fin d?année est très vite dépensé d?autant qu?en plus des décorations, il y a surtout les cadeaux au pied du sapin. A Noël, un sapin décoré et garni de cadeaux vaut une vraie petite fortune !», plaisante Christine Gilbert.
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