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A ceux qui abattent les statues?
Et si nous enlevions nos statues, nos colonnes Liénard, nos noms de rues et autres épitaphes pour gommer l?Histoire ? A écouter les récentes élucubrations d?un JBD au faîte de sa muflerie proverbiale, nous pourrions nous croire à la cour du roi Ubu. S?ériger en correcteur de l?histoire, en procureur d?une cour révisionniste avide de faits d?armes peu glorieux? c?est là une insulte à l?intelligence.
Adrien d?Epinay, jugé par l?histoire. Et quoi encore ? Nous savons que cet homme était un farouche adversaire de l?émancipation des esclaves, défenseur de préjugés qui opprimaient l?homme noir. Il ne faut pas l?ignorer et condamner toute tentative de l?occulter. Mais l?Histoire elle ne condamne pas. Elle est au-dessus de toute cette mêlée. C?est à nous de retenir ses leçons. Le révisionnisme ? de tout côté ou de toute couleur ? est à proscrire et n?est pas profitable à notre nation.
L?heure est plus que jamais à l?effort de mémoire. Mais que cela aille dans le bon sens. Comme souhaité par des organisations créoles réunies au sein de ?Créole et Culture? et exprimé à Doudou Diène et l?Unesco, le temps de la commémoration et de la réparation n?est pas celui de la vindicte et de la récupération. A quoi bon vouloir faire tomber des statues ? Soyons plutôt des bâtisseurs.
Aujourd?hui, quel est le statut accordé à cet effort de commémoration ? Le ?bassin des esclaves? de Pamplemousses est oublié, le cimetière de Mangalkhan a certes rassemblé les bonnes sollicitudes de l?ambassade malgache, mais pas d?effort de réhabilitation jusqu?à présent. Quid des figures comme Ratsitatane, éternel oublié de nos manuels d?histoire ou encore des associés du Père Laval que seul les paroissiens de Roche-Bois honorent ? Les bâtisseurs de Port-Louis attendent toujours une reconnaissance, leurs descendants croupissent dans les faubourgs et voient leurs aspirations réduites à des évocations pseudo historiques et des promesses de ?compensations?? chaque 1er février. Le Morne, symbole de liberté et de combat pour bon nombre de Mauriciens, est aujourd?hui ballotté entre débats et fausses-annonces entre promoteurs, conservateurs et institutions.
Il faut une fois pour toutes inscrire cette démarche de vraie commémoration et de juste réhabilitation dans un projet de société pour notre République. ?Kan nou tou pou kapav dir nou enn sel nation?, chantait Kaya. Pour que ses paroles prennent du sens, il ne faut pas aliéner les composantes de notre nation. Il ne faut pas non plus se limiter à abattre des statues et à diaboliser le passé. A force d?utiliser une telle rhétorique, on allume des feux qui peuvent embraser nos cités et nos quartiers. A quand de vrais manuels d?histoire qui rendent grâce à ces hommes et ces femmes arrachés à leur terre et asservis au nom d?intérêts économiques et idéologiques ? Encore faudrait-il trouver un système éducatif libre de toute entrave et porteur d?espoirs. Pas cette machine déshumanisante professée par M. Gokhool.
Soyons des bâtisseurs. Sachons rendre hommage à nos ancêtres et ne les enfermons pas dans des sarcophages. Les enfants de l?île Maurice doivent beaucoup à tous ceux qui ont construit cette nation. Pouvons-nous leur faire justice ? La plus grande reconnaissance est celle de l?âme qu?on élève vers de grandes aspirations.
<B>Clyde VACHER</B>
?Pratiques de jouissance?
Comme beaucoup de lecteurs de votre journal du vendredi 27 janvier 2006, j?étais sidéré en lisant à la page 4 qu?une délégation de Mauritius Telecom est partie en Inde pour l?achat d?uniformes de ses employés.
Je me suis renseigné auprès d?un ami qui travaille à Mauritius Telecom et il confirme que seulement une partie des 2 000 employés ont droit à des uniformes. Et le hic, c?est que la délégation se compose de 12 personnes. Ces personnes, toutes de Mauritius Telecom, triées au volet, sont envoyées en Inde tous frais payés par Mauritius Telecom pour 15 jours pour choisir du tissu. Et ces personnes reçoivent 200 livres sterling par diem comme argent de poche. Si ce n?est pas la lotterie, ça y ressemble bien. Le comble c?est que les trois présidents des syndicats de Mauritius Telecom font partie de la délégation. C?est dire à quel point Mauritius Telecom a à coeur l?élégance et le bien être de ses employés. Il paraît qu?on ne trouve pas de tissu approprié dans les magasins à l?île Maurice.
On avait cru qu?avec le nouveau gouvernement et le changement à la direction de Mauritius Telecom, ces pratiques de jouissance cesseraient mais il paraît que non. Et dire que les deux hauts cadres de France Telecom qui veulent mettre un peu d?ordre dans cette galère sont eux aussi partie prenante dans cette affaire? Et puis on va venir nous dire que les prix d?un appel local doit augmenter.
A bon entendeur, salut.
<B>AL LO</B>
<B>Le ?ralliement des démocrates? sur la réforme Gokhool</B>
Dans toutes les écoles on parle de la nouvelle formule d?admission au secondaire et on reconnaît tout de suite le fait qu?elle augmentera la pression non seulement sur les enfants mais également sur les enseignants. On retourne ainsi au système du passé où c?était le travail d?une infime minorité qui était reconnu au détriment de celui de la grande majorité, ceux qui étaient dans les petites classes, et même ceux se la 4e et de la 5e. Avec ce système c?était aux seules star-schools qu?allait tout le mérite; c?est ce système proposé par le gouvernement qui est applaudi par la GTU (...). Ce qui est vraiment inadmissible c?est la déclaration faite par le président du syndicat qui a dit que 50 % des élèves ne font plus la composition au CPE mettant ainsi tout le blâme sur le dos des enseignants. On a voulu tellement faire plaisir au gouvernement qu?un syndicaliste a osé même traiter tous ceux qui n?approuvent pas la formule du ministère de ?têtes brûlées et de passéistes?. Durant les 20 dernières années on a rarement vu les syndicats du primaire tomber si bas. Heureusement il y a eu au moins trois syndicats du secteur qui se sont prononcés contre la proposition du gouvernment.
<B>Sunilduth MUNGUR</B>
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