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Cet autre accompagnement
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Alors que Maurice continue à se battre auprès des Européens pour obtenir de meilleures compensations sucrières, la visite du président indien, Abdul Kalam, est venue démontrer ce dont est capable la coopération sud-sud. Les aides promises par l?Inde seront d?une grande utilité au pays pour réussir la transformation économique pour dire le moins.
Les fonds de l?Union européenne (UE) post-refonte du régime sucrier sont certes importants pour restructurer, moderniser et réorienter notre activité sucrière. Mais il est de plus en plus probable que l?Europe ne va pas débourser les sommes qu?on attendait pour financer notre projet de réforme et réduire le niveau d?endettement de l?industrie sucrière.
Manifestement, l?UE et Maurice ne conçoivent pas les effets de la baisse des recettes sucrières de la même manière. Les prochaines missions de lobbying dans les capitales européennes risquent hélas de ne pas être plus efficaces que celles qui les ont précédées.
Dans des entrevues accordées au journal ?Financial Times? (voir article plus loin), nos dirigeants en l?occurrence le Premier ministre, Navin Ramgoolam lui-même, et le ministre des Finances, Rama Sithanen, se plaignent que l?Europe nous laisse sur la touche à un moment où nous nous engageons dans une difficile transition.
Quelque part, le pays paye un peu le prix de son succès économique relatif. Les accords commerciaux préférentiels ont largement contribué au développement socio-économique du pays. Aujourd?hui, les protections s?amenuisent et les mesures d?accompagnement sur lesquelles nous avions toujours compté pour faire face aux jours difficiles ne semblent pas répondre présent.
Mais le pays ne peut pas retarder son programme de restructuration économique parce que les assistances promises ne viennent pas. Le pays a déjà perdu un temps précieux en tergiversant sur des réformes essentielles.
L?Inde nous tend la main. Il n?y a certes rien de nouveau à son geste de coopération. Mais cette fois-ci, il y a une réelle volonté de s?engager dans le processus de restructuration et de modernisation de l?économie.
Le ?Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement? (CECPA) devrait ouvrir la porte à de multiples opportunités sur le plan du commerce, de l?investissement et du transfert de technologie. Après l?Accord de Cotonou (avec les Européens) et l??Africa Growth and Opportunity Act? (pour le marché américain), Maurice devra désormais compter sur le CECPA.
Les nouveaux rapports bilatéraux nous amènent aussi hors des sentiers battus. L?accord sur l?exploration des hydrocarbures peut ne pas donner des résultats dans le court et moyen terme, mais l?expertise indienne sur l?exploitation des ressources marines sera fort utile pour l?exploitation commerciale projetée des ressources océaniques.
La ?Land-based Oceanic Industry?, une des dernières trouvailles du gouvernement en termes de nouveaux moteurs de croissance, a besoin des investissements très importants. Mais le pays est plus à même d?attirer des fonds de développements s?il peut démontrer que son projet bénéficie d?un apport technique d?un partenaire d?envergure comme l?Inde.
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