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C?est le sport qu?on assassine

15 août 2004, 20:00

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Le sport a été rattrapé ce week-end par des considérations politiques de bas étage. Et nous nous devons de crier notre révolte. Ainsi, parce que le hasard du tirage au sort lui a réservé comme premier adversaire un Israélien, Ehud Vaks, le célèbre judoka Arash Miresmaili, double champion du monde en titre des moins de 66 kilos et porte-drapeau de l?Iran le soir de la cérémonie d?ouverture, a fait le choix de ne pas combattre. ?Par solidarité avec le peuple palestinien?, a-t-il justifié.

Chacun a le droit d?avoir des convictions personnelles. Celles de Miresmaili sont dangereuses. D?abord parce que le sport ne peut, en aucun cas, être une plate-forme de revendication. Ensuite, parce qu?un athlète de sa dimension et de sa réputation se doit de donner l?exemple, faute de quoi le sport s?exposerait à l?avenir à d?autres folles surenchères.

L?attitude de Miresmaili est d?autant plus condamnable qu?il a doublement abusé de l?olympisme. Son forfait, en réalité, il l?a déguisé, il l?a préparé. Pour éviter la lourde sanction qui lui était promise, le judoka iranien a d?abord fait savoir, par l?intermédiaire de son mouvement sportif, qu?il avait consenti à revenir sur sa décision. Mais il s?est ensuite délibérément présenté à la pesée, hier matin, avec un excédant de poids. 68 kilos au lieu de 66. Du coup, et comme le prévoient les règlements en vigueur en judo, il a été disqualifié. C?est ce qu?il voulait, c?est ce qu?il a obtenu.

Le Comité international olympique ne peut ignorer cette violation de l?esprit même des Jeux. N?ayons pas peur des mots : c?est de la triche, c?est de l?escroquerie intellectuelle, c?est pire qu?une affaire de dopage. En somme, c?est carrément le sport qu?on assassine.

L?offense est trop sérieuse pour que les autorités sportives se permettent de passer l?éponge. Miresmaili mérite une lourde sanction. Reste maintenant à savoir si le présent contexte géo-politique n?aura pas une incidence sur la décision des héritiers de Samaranch. On a entendu dire que la tentation de tourner la page est grande à Lausanne.

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