Publicité
C?est à n?y rien comprendre?
Cela fait longtemps que le sport mauricien patauge dans une mer de désillusions, avec les mauvais résultats qu?on lui connaît. Et voilà que le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sylvio Tang, en collaboration avec le ministère de l?Education, décide de prendre le taureau par les cornes afin de relancer cette dynamique sportive à travers les intercollèges.
Certains le disent tout haut, d?autres tout bas, mais il est évident que la communauté sportive mauricienne dans son ensemble partage l?avis que la relance du sport à travers l?île passe, indéniablement, par la case des intercollèges. Un concept capable de redonner vie à notre sport et qui a, d?ailleurs, fait ses preuves pendant plus de trois décennies. C?était avant l?introduction de la régionalisation qui a tout détruit de cette culture de la performance.
L?histoire est à revoir? Malheureusement, on ne pourra pas la changer. Cela n?empêche : il n?est pas encore trop tard pour écrire l?avenir. Cela, le ministre de la Jeunesse et des Sports l?a ? fort heureusement ? compris, d?où la nouvelle formule des intercollèges qu?il préconise désormais et qui revient aux racines même de cette manifestation estudiantine.
Mais voilà que cet acte courageux et crucial pour l?avenir du sport local se heurte, une fois de plus, à la Mauritius Secondary School Sports Association (MSSSA). L?instance ne veut pas mettre fin à une formule qui n?accouche de rien depuis longtemps et qui est très loin de promouvoir le sport et de le sortir de sa léthargie.
Un véritable coup de massue pour le MJS qui ne s?attendait pas à un tel revirement de situation. Une fois de plus, la MSSSA reste indifférente au fait que les intercollèges restent l?élément capable de propulser notre sport dans une dimension de performance et de succès.
Pourquoi une telle attitude ? On a franchement du mal à comprendre la MSSSA. Les raisons invoquées pour justifier ce refus de s?aligner sur la nouvelle formule est que cette dernière s?éloigne de la philosophie de la MSSSA, qui est « celle de prôner une politique de sport de masse et non d?élite ».
Toutefois, il est clair que le véritable sport de masse concerne davantage les écoles primaires. C?est en effet au cycle primaire qu?on pratique le sport de masse, car cette tranche d?âge est une plate-forme idéale pour découvrir le sport et s?éveiller à la culture sportive. La logique voudrait qu?une fois que l?enfant atteint le collège, il franchisse une nouvelle étape, il dépasse la simple découverte du sport. Cela, il semblerait que la MSSSA ne l?ait pas compris d?où, sans doute, son entêtement à ne pas vouloir évoluer pour le bien du sport mauricien.
Depuis pratiquement quatorze années, il est évident que les intercollèges ont complètement perdu de leur saveur. Cette manifestation qui, autrefois, était capable de remplir, à ras bord et en un clin d??il, le stade Anjalay ? la plus grande enceinte sportive de l?île à Belle-Vue ? tout en laissant une foule incroyable à l?extérieur, a entièrement disparu de notre culture estudiantine et sportive. Avec le temps, les intercollèges sont devenus anecdotiques pour la communauté estudiantine, et pas seulement pour les collégiens?
Une fois de plus, la MSSSA a mis les pieds dans le plat, en rejetant le plan de réforme du ministère de la Jeunesse et des Sports et en s?entêtant à poursuivre avec une formule qui ne marche absolument pas.
Il est dommage que cette instance ? qui a en main les clés pour sauver le sport mauricien ? se refuse à consentir un effort pour concrétiser ce potentiel, d?autant plus qu?elle aura le soutien du MJS dans cette éventuelle démarche.
Si la MSSSA reste déterminée à ne pas changer d?avis, la volonté de donner un nouveau souffle aux intercollèges est encore plus grande du côté du ministère de la Jeunesse et des Sports, qui bénéficie d?ailleurs du soutien du Cabinet. Cela veut dire que si la MSSSA campe sur sa position, le MJS est prêt à aller de l?avant, même sans la collaboration de cette instance.
Si ce scénario se produit réellement et que le ministère de la Jeunesse et des Sports et celui de l?Education (dont l?aide financière cumulée à la MSSSA avoisine les deux millions de roupies) font fi de la position de la MSSSA et organisent sans elle les intercollèges 2008, cela démontrera carrément que la MSSSA n?a plus aucune raison d?être?
Et puis, il ne faut surtout pas se leurrer. Même si les intercollèges retrouvent l?essence de l?ancienne formule en cette année 2008, cela prendra un bout de temps avant de retrouver la ferveur et l?intensité qu?engendraient les intercollèges d?antan. Cependant, il faut bien commencer quelque part. Surtout, il n?y a pas une seconde à perdre? Il y a urgence. Il y va de l?avenir de notre sport.
Publicité
Publicité
Les plus récents