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Ces politiques entrepreneurs

15 mai 2005, 00:00

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Des élections, ça se gagne à coup de calculs éthnocastéistes, de démagogie et? de sous. Beaucoup de sous. Les observateurs avertis estiment à Rs 140 millions le budget de chaque alliance pour la campagne. Voilà qui fait de nos politiques de véritables hommes d?affaires, direz-vous ? Vous ne croyez pas si bien dire... Prenez les candidats. Les partis ne font confiance, en priorité, qu?aux vieux routiers, ceux qui ont déjà « tâté » l?électorat. De ce camarade-là, ils financeront la campagne. Comme c?est un vieux de la vieille, il voudra bien... contribuer à une partie des dépenses. C?est qu?un homme politique (expérimenté) économise toujours pour les temps (électoraux) durs. ça vous fait penser à quoi? A la banque, bien sûr ! Mais continuons...

Et les nouveaux venus, les « mo-tente-mo-chance », poids plume et gringalets de tous acabits ? Les petits entrepreneurs qui débutent en affaires se font rarement aider par les banques, n?est-ce pas ? Ce n?est pas différent en politique. Sauf exception, on ne finance que les entrepreneurs (politiques) munis d?un apport personnel considérable pouvant atteindre le million. Si, si. Le candidat-entrepreneur doit certes avoir un bon « business plan ». Entendez par là une certaine appartenance éthnique, des « affiliations » sociales, un patronyme, un parcours académique, etc. Mais il ne doit pas être sans le sou non plus !

Encore les sous. Plus on emprunte facilement, plus il est facile d?entreprendre. Mais, à Maurice, on ne prête pas facilement. A fortiori, encore moins aux partis politiques. Il n?existe pas une « Political Parties Development Bank of Mauritius ». Si nos partis devaient compter sur les (modestes) contributions de leurs adhérents, les dépôts de bilan seraient intervenus depuis longtemps. Heureusement, il y a les « business angels ». Un « business angel » se définit comme un investisseur individuel qui apporte, outre ses capitaux, ses compétences techniques à des entreprises nouvelles. A Maurice, prenez une grande entreprise dont le nom vous vient à l?esprit... en plein dans le mille, c?est un « business angel ». Il y en a des centaines. Et ce sont les principaux investisseurs de nos partis.

La logique économique dicte à tout investisseur de ne financer une entreprise qu?en contrepartie de dividendes et autres avantages. Mais nos « business angels », ce sont les champions de l?éthique et de l?action désintéressée. S?ils contribuent (massivement) au financement des partis, c?est pour soutenir la démocratie. Qui osera penser le contraire ?

Une idée nous traverse l?esprit. Et si ces entreprises soutenaient carrément l?entrepreneuriat? Si elles devenaient des «business angels » pour de vrais entrepreneurs? Impossible ! ça risquerait de lancer de futurs concurrents. Et puis tremper dans le financement d?affaires, c?est compliqué, c?est sale parfois. Vaut mieux rester aux partis. La politique, c?est bien connu, c?est une noble discipline.

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