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Ces maisons de jeux qui remplacent les classes

22 mai 2008, 20:00

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«Eski ou pou met sa dan zournal la ? Nou pann al lekol la nou, me nou sipoze lekol la.» Il est 12 h 40 et nous nous trouvons dans une pool house à Vacoas. Notre interlocuteur : un élève en uniforme. L?école ? Il avait décidé d?en ignorer l?existence mercredi. Histoire de se divertir un peu, à l?insu de ses parents, à l?insu de l?école et en faisant fi de la loi. Une loi tout aussi ignorée par ceux-là même qui accueillent ces élèves si tôt dans leur établissement. D?après la Government Notice 165/94, les pool houses doivent, en effet, ouvrir leurs portes à 16 heures pour fermer à 22 heures.

Comment expliquer alors que de tels abus continuent ? Dans une autre pool house, toujours à Vacoas, et quelques minutes plus tard, même spectacle. En ce début d?après-midi, ils étaient une bonne poignée à jouer au billard, ayant décidé, sur un coup de tête ou avec préméditation, de sécher les cours.

Pourtant, les contrevenants à la loi risquent d?être sanctionnés. Et les élèves trouvés sur place pendant les heures de classe emmenés au poste de police avant que les parents et l?école ne soient informés. Dans les cas où les propriétaires de ces établissements opèrent en dehors des heures légales, les élèves sont, du reste, pris comme témoins contre eux.

Mais si la brigade des mineurs fait son travail et a surpris plus de 300 mineurs dans ces maisons de jeux, ces derniers ne semblent pas se décourager pour autant. Interrogés sur les raisons de leur escapade, ils répondent que «pa anvi al lekol, nou plin ar sa» ou encore «pena mem klas zordi, akoz sa noun fini boner.»

L?école n?a donc aucun intérêt à leurs yeux ? «Nou interese nou, me?» Une phrase laissée en suspens et qui laisse supposer qu?outre le manque de désir d?apprendre, il n?y a pas de véritable raison au fait qu?ils sèchent les cours. Ne craignent-ils pas la loi ? La réponse ne se fait pas attendre. «Zot pa pou kone, nou pe distrer nou samem tou.»

Interrogé à propos de ce phénomène, Harris Bachwa, recteur du Friendship College Boys et porte- parole de la fédération des managers des collèges privés, explique que «cela ne date pas d?hier». Malgré les lois, dit-il, certains continuent à opérer avant et au-delà des heures légales. Ce problème, ajoute-t-il, n?est pas le plus grave auquel la direction des écoles est confrontée. Il parle ainsi de l?alcool et de la loi qui n?est pas toujours appliquée de manière stricte. Autant de problèmes sur lesquels il serait temps de se pencher?

A. M.

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