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Ces métiers qui font rêver
LE REVE MARIN
Parce qu?ils ont l?âme d?un voyageur et le goût de la mer, ils n?ont pas hésité à larguer les amarres et à voguer vers leur rêve. Travailler sur un bateau, c?est apprendre à apprivoiser les lois de la nature, les caprices de la mer, mais aussi mener une existence de nomade et avoir rarement les pieds sur le plancher des vaches. Et les postes disponibles à bord du Mauritius Pride, par exemple, sont très variés.
Le personnel est en fait divisé en trois catégories. Il y a tout d?abord le commandant, le capitaine en second, les lieutenants et ses autres officiers.
Une autre équipe s?occupe de la machinerie et, enfin, une troisième équipe se charge de nourrir et de loger les personnes à bord.
On l?appelle commandant Sanson. Cet homme qui est maintenant à la retraite et qui est aujourd?hui à la barre de la MSC a beaucoup navigué. Du Japon à la Nouvelle-Calédonie, en passant par la Papouasie, les îles du Pacifique et l?océan Indien, René Sanson a fait le tour du monde. Celui qui avait commencé comme Navigating Cadet en 1965 a passé un brevet de premier lieutenant à Londres puis un BSc en Nautical Science à Plymouth. Ce qu?il retient de toute cette vie passée en mer, c?est qu?il faut avoir du caractère car le métier a beau être synonyme d?aventure, il demande aussi beaucoup de rigueur.
Partir? partir pour quelques jours ou quelques mois, le capitaine Pierre Rabaud (photo), le n° 2 sur le Mauritius Pride, a connu, lui aussi bien des horizons. Son rôle consiste à s?assurer de la bonne maintenance du bateau, de la cargaison qu?on embarque à bord, et c?est aussi le bras droit du commandant.
« Il faut avoir l?esprit aventurier pour pratiquer ce métier, affronter les périodes de turbulences, avoir la tête sur les épaules et faire montre de psychologie », avance-t-il. Cela fait 37 ans qu?il flirte avec la mer.
« Quand je suis à terre, le large me manque. Et quand je suis en mer, j?ai hâte de retrouver ma maison et ma famille », poursuit notre interlocuteur, qui a passé ses brevets en Irlande et en Australie.
Ashley Jahier a, quant à elle, mis le cap sur le Mauri-tius Pride en février dernier. Elle est hôtesse, et avec sa collègue Antonella Pharmasse, elle accueille les passagers à l?embarquement et au débarquement. Elle les aide à remplir les papiers, s?occupe de la projection des films pendant le voyage, effectue des inspections du côté des passagers pour s?assurer que tout va bien, sert le dessert à la cafétéria, etc. Titulaire d?un baccalauréat, Ashley ne fera pas ce métier toute sa vie, car elle reprend bientôt ses études, mais elle a toujours chéri la mer. « C?est le fait de bouger, de sillonner la mer qui m?attire dans ce métier, même si j?ai eu la peur au ventre avec le cyclone Gamede. Ce métier vous permet aussi d?être en contact avec les gens. C?est au final très enrichissant, une école de la vie », confie-t-elle.
POUR BRILLER DE MILLE FEUX
Colliers de perles, parures ornées de pierres précieuses, cela vous fait tout de suite penser à la bijouterie. Eh bien, sachez qu?il est possible de cumuler plusieurs spécialités dans ce domaine. Mosaheb Swadick, bijoutier et designer de bijoux, nous explique qu?il a suivi une formation de fabrication de bijoux à l?IVTB et des cours de diamantaire en Belgique dans un institut de gemmologie. Il s?est ensuite perfectionné en design à l?IVTB et sa bijouterie, Bella Bijoux, à Grand-Baie, connaît aujourd?hui un franc succès.
« Pour créer il faut un talent certain en dessin et savoir se tenir informé des derniers modèles que les grands bijoutiers et joailliers proposent », insiste-t-il. Habile et précis, il laisse s?exprimer son imagination artistique, que ce soit pour une pièce unique ou un modèle à diffusion multiple. Le bijoutier fabrique, transforme ou répare des bijoux en or, en argent, en platine, alors que le joaillier intervient quand la parure comporte des perles ou des pierres précieuses. De temps à autre, un sertisseur s?occupe de la mise en place des pierres dans la monture. Souvent, le bijoutier se confond avec le joaillier : métal et pierre entrent alors dans la conception d?un bijou. « Savoir écouter le client est indispensable parce que souvent, la personne arrive avec un modèle et il faut être en mesure d?effectuer les changements nécessaires pour obtenir exactement ce qu?elle veut », affirme notre interlocuteur.
SAUVEZ LA NATURE !
Si vous aimez la nature et les animaux, n?hésitez pas à prêter main-forte aux associations qui ?uvrent sans relâche pour protéger la faune et la flore.
Martine Goder, par exemple, de la Mauritian Wild Life Foundation (MWF), a été interpellée très tôt par le problème de la dégradation des forêts et ses conséquences sur la faune.
« Inspirée par mon projet de fin d?étude à l?université de Maurice, j?ai décidé de m?engager en tant que volontaire dans la MWF. » Diplômée en Biology and Environmental Science à l?université de Maurice, elle vit de sa passion aujourd?hui.
Très vite, elle a été embauchée et travaille dans la pépinière de l?île-aux-Aigrettes, une de nos réserves naturelles, dans la propagation des plantes indigènes. Actuellement basée sur la station de l?île Ronde, elle est l?une des responsables qui veillent au bon fonctionnement de la station et des différents projets en cours, notamment la reforestation de l?ïle et les études sur les différentes espèces de reptiles et d?oiseaux marins.
« Il n?y a pas assez de Mauriciens dans ce métier, qui a aussi besoin de jeunes motivés et passionnés. Il faut évidemment aimer le travail de terrain et avoir à c?ur de mener ce combat difficile qu?est la sauvegarde de la nature », explique Martine.
Le volontariat est un bon moyen de débuter et de tester vos aptitudes. Pour cela n?hésitez pas à contacter l?organisme au 697.61.17. et sur le site Web www.mauritian-wildlife.org.
AU SERVICE DES LOISIRS
Il y a chez Sony Ramlall, Yogen Uppiah et Shalini Bissumbhur un réel engouement pour leur travail. Normal, leur métier consiste à procurer du loisir au public. Tous trois sont des Leisure Officers attachés au ministère du Tourisme.
Ils se sont occupés, par exemple, de l?organisation d?événements tels que Anou alle la mer, du rallye des voitures anciennes, de la fête du village à Grand-Gaube, ou encore de la Semaine du patrimoine. Ils sont en poste depuis 1995 et sont passés de ministère en ministère, mais leur travail reste le même : organiser de A à Z un calendrier d?activités qui leur sont « commandées » ou qu?ils proposent eux-mêmes. Sony s?assure surtout de l?aspect administratif, des documents à remplir, des permissions. Yogen est le spécialiste des sites et de la logistique. C?est lui qui s?occupe de l?installation du matériel, du podium, etc.
Shalini, quant à elle, en connaît un rayon sur tout ce qui touche aux animations et aux artistes.
Si leur mission est de s?assurer que les événements soient une réussite, s?ils sont fiers d?eux une fois que tout est terminé, le stress fait aussi partie du boulot. « Il y a tous ces imprévus auxquels il faut faire face. Imaginez ce qu?on ressent quand on a organisé un défilé de flambeaux et qu?il menace de pleuvoir », expliquent-ils. Mais le travail de nos trois mousquetaires ne s?arrête pas là. Ils organisent aussi des randonnées, des sorties en catamaran, des bals et sont donc appelés à avoir des horaires difficiles, à être sportifs, à bien connaître la géographie de notre île et à avoir des contacts. Mais ils n?ont pas l?air de s?en plaindre. Leur expérience dans les centres de jeunesse leur sert de tremplin. Qui plus est, les trois sont sur le point de compléter le BSc en Tourism Leisure. La complicité qu?il y a entre eux assure une vraie coordination et fait que leur métier est passionnant.
DES CYBER-OPPORTUNITES
Les fous d?informatique sont très recherchés et le seront de plus en plus. Le pays manque d?ingénieurs dans ce domaine, alors que les offres d?emploi dans le secteur augmentent. Patrick Analdy (photo), directeur de la première Web Agency de l?océan Indien, Web Companies, et directeur général d?APC, nous donne des raisons d?opter pour ce métier.
Un ingénieur en informatique a plusieurs choix qui s?offrent à lui. Par exemple, la dématérialisation des services et l?archivage électronique sont des secteurs qui seront bientôt incontournables. Nombre de métiers n?auront plus besoin de logiciels à installer dans l?entreprise ou même chez soi. Selon Patrick Analdy, « tout se trouvera sur Internet via des services accessibles et autres navigateurs à travers lesquels on atteint une plate-forme qui permettra d?accéder à une multitude de services.
La dématérialisation des marchés publics permet aux entreprises et aux administrations d?échanger des documents sur Internet dans un monde crypté et sécurisé. L?archivage électronique est un domaine qui va se généraliser et tout pourra être stocké dans des bunkers informatiques ». Les Web Designers sont eux aussi très recherchés ainsi que les Web Developers (créateurs d?applications Internet).
APC Maurice, Chancery House, rue Lislet Geoffroy, Port-Louis, Tél. : 211.68.85.
POUR LA BONNE CAUSE
Il y a des métiers où le salaire est tout simplement la satisfaction d?avoir apporter un peu de bien-être autour de soi. Ainsi, offrir quelques heures par semaine à une cause humanitaire est, pour beaucoup, un devoir.
Ziad Peerbux n?a que 25 ans et déjà son parcours impressionne. En 1997, alors qu?il est en Form IV, il participe à une formation internationale d?Amnesty International en Afrique du Sud. Pendant ses études en Angleterre, il fait partie de quelques ONG et reste fidèle à Amnesty. Il choisit ensuite de devenir éducateur pour jeunes et lorsqu?il rentre à Maurice, il s?investit dans le social et crée l?association Los Ninos qui s?occupe d?orphelins. En 2007, il s?engage avec le Benevolence Club, mis en place par le gouvernement pour que le volontariat fasse partie du cursus d?éducation.
Selon lui, la section va se professionnaliser. D?ailleurs, Amnesty recrute un directeur de section, mais il ajoute que « c?est malheureux de voir que nous manquons de professionnels. Bien sûr, les jeunes cadres sont très occupés mais il s?agit de quelques heures par semaines. Les retraités aussi seraient les bienvenus pour nous aider.
Nous essayons de faire passer un message par des activités comme une quête pour les orphelins qui nous a apporté Rs 30 000 ».
Amnesty International (section mauricienne) : Tél . : 466.33.64.
UN OCEAN DE POSSIBILITES
Créé en 2000, le Mauritius Oceanography Institute (MOI) a été amené à se développer et à recruter d?avantage dans les années qui suivent. Là encore, il manque des Mauriciens formés dans le domaine de l?océanographie physique et la géologie.
Le Dr Mitrasen Bhikajee détient une maîtrise en gestion des pêcheries et a obtenu un doctorat en biologie marine. Aujourd?hui directeur du MOI, il nous explique que « d?après la convention du droit de la mer, tous les pays côtiers bénéficient d?une zone exclusive économique (ZEE) de 200 milles nautiques à partir de leurs côtes. Maurice a ainsi droit à une ZEE d?environ deux millions de kilomètres carrés ».
Cela revient à dire qu?il y aura un océan de possibilités pour ceux qui veulent travailler dans la géologie marine, l?océanographique physique, l?océanographie chimique et biologique, entre autres.
Les valeurs médicinales des éponges de mer et autres organismes marins sont analysés, et un programme d?étude sur la bathymétrie des lagons, de même que des analyses d?images satellitaires sont effectués à l?institut. En outre, Maurice a signé un protocole avec le gouvernement indien pour la recherche de gisements d?hydrocarbures.
« Tout cela offre des perspectives nouvelles à notre pays et à ses habitants », souligne le Dr Bhikajee.
Un centre de recherche à Albion sera bientôt construit. Les laboratoires et les administrations se côtoieront pour mener à bien tous les projets du Centre océanographique. D?autres programmes sont en chantier et, pour plus de renseignements, visitez le site Web http://moi.gov.mu./ Les 11 et 12 juillet, une conférence sur les sciences de la mer aura lieu à l?auditorium Octave Wiehé à Réduit. Les étudiants et le public sont vivement encouragés à y assister.
ILS TROUVENT LA MAISON DE VOS REVES
Être agent immobilier, c?est un défi qu?il faut relever chaque jour. Créativité, oreille attentive, persévérance, talent de négociateur? Pour frapper à cette porte, il faut un condensé de qualités. Si, en gros, l?agent est l?intermédiaire entre les acheteurs et les vendeurs, au fond, vendre ou louer une maison, un complexe, un terrain, demande beaucoup de psychologie et d?empathie. Jonathan Tagg, directeur de Pam Golding à Maurice, et Paula Zoio-Labat (photo), directrice de la filiale du Nord, pratiquent ce métier depuis des années et en savent long sur le sujet.
« Acheter une maison relève souvent d?un acte émotionnel. Parfois les gens eux-mêmes ne savent pas trop ce qu?ils recherchent. Il arrive qu?au départ ils veulent une grande maison moderne, mais finissent par craquer pour une petite demeure traditionnelle. On est là pour les guider », confie Paula. Pour elle, qui a vendu une maison qu?on disait hantée à Curepipe, pour Jonathan, qui a vendu une maison qui avoisine les 180 millions de roupies à Johannesburg, c?est un métier qui donne parfois un coup d?adrénaline. « Évidemment, l?agent a des objectifs, plus il vend, plus il perçoit des commissions et veut toujours gagner plus », avoue Jonathan. Pour cela, il faut être un homme ou une femme de terrain, connaître le marché de l?immobilier, pouvoir apprécier et évaluer une propriété. Il faut aussi pouvoir faire rêver. « Quand vous visitez une maison, vous devez imaginer tout ce qu?on peut faire pour la rendre plus agréable et proposer à l?acheteur toutes les possibilités de cette propriété », explique Paula. Si à Maurice, il n?existe de pas de formation professionnelle en la matière, les agents immobiliers apprennent directement sur le terrain. Dans la profession, la plupart des agents sont rémunérés uniquement sur une base de commission.
En moyenne, ils peuvent vendre trois propriétés dans un mois, sans parler de celles qu?ils louent. Les déceptions sont parfois au rendez-vous quand ils croient tenir un acheteur, qui finalement change d?avis. L?âge de ces intermédiaires n?a pas vraiment d?importance, ils peuvent avoir 25 ou 65 ans et doivent posséder leur propre voiture. Pratiquer ce métier c?est aussi accepter de travailler à des horaires difficiles.
« Ceux qui ont un bon réseau, qui fréquentent des fêtes, des cocktails ont un avantage. Dans ce milieu plus on a de contacts, mieux c?est », avance Jonathan. Et comme fait ressortir Paula, l?agent immobilier est toujours à l?affût d?acheteurs potentiels, même en dehors du travail. « La grande satisfaction du métier c?est lorsque les gens vous sont reconnaissants quand ils ont trouvé ce qu?ils cherchaient », ajoute-t-elle.
DE FIL EN AIGUILLE
Dans les métiers du textile, il n?y a pas que des machinistes. Chaque étape de la production compte, et si contribuer à la fabrication de vêtements vous attire, sachez que cette industrie a besoin de professionnels locaux.
Liza Nanette-Legallant (photo) est une jeune femme qui a commencé dans ce secteur à sa sortie d?école et, à force de volonté, elle occupe aujourd?hui un poste essentiel chez New Island Clothing Ltd.
« J?ai débuté en tant que contrôleur de coloris, ce qui consiste à examiner toutes les nuances et les couleurs de la totalité des tissus livrés pour la confection des chemises », confie Liza. Au fil du temps, elle a décidé de suivre des cours de Textile Technology par correspondance au Bolton Institute of Textile, en Angleterre. Elle est ainsi devenue Assistant Fabric Technologist, avant d?obtenir le titre de Fabric Technologist grâce à son expérience.
« C?est un métier qui demande une vérification rigoureuse avant la coupe du tissu, à savoir, relever les défauts, examiner la structure, le toucher, les coloris, pour ensuite donner les instructions nécessaires à la coupe. En parallèle, le travail nécessite des rencontres régulières avec les fournisseurs de tissu. De ce fait, cela permet de communiquer aux clients les normes à respecter pour la production des commandes. Dans cette profession, il faut aussi s?adapter aux nouvelles technologies et leurs fils innovants, ce qui signifie que l?on n?a jamais fini d?apprendre », conclut notre interlocutrice.
Karine RAULT Corina JULIE
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