Publicité

Ces débats qui dérapent…

18 juin 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Un samedi pas comme les autres à l’Assemblée nationale. Les débats budgétaires ont provoqué des échanges houleux hier, qui ont débouché sur trois points de presse dans l’enceinte même de l’hôtel du gouvernement et ce, en trente minutes.

Tout commence vers 11 h 30 lors de la Private Notice Question du leader de l’opposition adressée au ministre des Finances, Rama Sithanen. Elle était axée sur la réforme fiscale, notamment les nouvelles mesures concernant l’impôt et la National Residential Property Tax.

La série de questions supplémentaires se déroule dans un calme relatif, quand à la suite d’un commentaire de Rama Sithanen, l’opposition MSM avec Nando Bodha en tête, effectue un walk-out. Les députés du MMM vont alors, en solidarité, quitter l’hémicycle dans un brouhaha généralisé. Les passions et les hostilités se déchaînent. Le député Rajesh Bhagwan, hors de lui, est rappelé à l’ordre à plusieurs reprises par le speaker, Kailash Purryag.

Chacun donne sa version des faits</B>

S’ensuivent alors trois points de presse. Chacun donne sa version des faits. D’abord le MMM qui réunit les journalistes dans le vaste salon de l’hôtel du gouvernement. « Dominer, diktater », lance Rajesh Bhagwan. « L’arro-gance du ministre des Finances est inacceptable. Ce n’est pas la première fois qu’il se comporte ainsi », explique-t-il, entouré d’Alan Ganoo, d’Ajay Gunness, Françoise Labelle. « Sithanen a affirmé dans sa réponse que l’opposition ne compte aucun économiste ou autre compétence pour comprendre son budget, mais pour qui se prend-il ? On a préféré sortir car il nous a insultés », déclare Alan Ganoo.

Quelques minutes plus tard, Nando Bodha, entouré de son équipe, affirme, avec la même colère, que « les commentaires de Sithanen sont abusifs, d’où notre walk-out ». Selon lui, le ministre des Finances « se croit trop intelligent ». Bodha estime que « Sithanen entraîne le Parlement dans des explications trop techniques pour être comprises ». Il a fustigé l’« arrogance » de Sithanen : « Savez-vous comment il a traité Maya Hanoomanjee ? Il s’est demandé si elle avait été nommée by design ou by accident à la Mauritius Revenue Authority. »

« C’est plus qu’insultant pendant mes 33 ans de carrière dans l’administration publique, j’ai travaillé quelque 13 ans comme chef de cabinet de Sheila Bappoo et une dizaine d’années au ministère de l’Agricul-ture. Je rejette ses commentaires des plus déplaisants faits à mon égard », rétorque alors Maya Hanoomanjee.

Quinze minutes plus tard, c’est un Sithanen très calme qui s’adresse à la presse. « Je ne comprends pas la réaction de l’opposi-tion », dit-il d’emblée. « On me pose une question technique et quand je donne des explications techniques, ils sont offusqués. Ils crient à l’arrogance. Comment voulaient-ils que je réponde ? Leurs agissements démontrent qu’ils veulent semer la pagaille. Ils n’écoutent pas les réponses et les explications qui les accompagnent. Ils provoquent des walk-out », s’indigne-t-il.

Rama Sithanen dénonce les railleries contre les membres du gouvernement « Quand nous répliquons, ils sont étonnés de notre réaction. L’opposition a la mémoire courte. Ils oublient leurs comportements plus qu’abusifs à l’encontre de Navin Ramgoolam et d’autres députés de l’opposition d’alors. Batté rande pa fer mal ! » Pour résumer, Rama Sithanen estime que « Nando Bodha n’arrive pas à trouver ses marques et a du mal à chausser les souliers de Paul Bérenger ».

Peu avant treize heures, les clameurs se sont tues, pause-déjeuner oblige.

Ce policier posté dans les couloirs de l’hôtel du gouvernement a eu les mots justes : « Pas facile sa samedi la ! ».

Publicité