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Ces choses qu?on fait sans le savoir?

22 août 2008, 00:00

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«Je l?ai vu marchant dans la maison comme il l?aurait fait en pleine journée sans doute, sauf que là, il était peut-être 2 heures du matin ! Il ne disait rien, ne s?est pas rendu compte que j?étais là et moi, je ne savais pas quoi faire?» Comme Ania, de nombreux parents se sont retrouvés confrontés à un enfant somnambule et comme elle, ils sont nombreux à paniquer, ne sachant comment gérer cette situation. C?est normal, le somnambulisme n?étant pas, il faut bien le dire, un sujet dont on parle tous les jours. Lumière sur ce phénomène?

Le somnambulisme, ou sleep walking en anglais, est le fait de marcher pendant son sommeil. «Il faut savoir que le cycle du sommeil est divisé en phases. La première phase est celle durant laquelle on remarque des rapid eye movements (REM). Pendant cette phase, ainsi que la deuxième, l?individu peut être en train de rêver. La troisième phase, elle, est celle du sommeil profond, il n?y a alors pas de REM et pas de rêves. C?est pendant cette phase qu?intervient le somnambulisme», explique le Dr Geeaneswar Gaya, psychiatre.

Le somnambulisme est, selon notre interlocuteur, un phénomène qui revient assez fréquemment mais la personne n?en est pas consciente. Elle ne va donc pas se rappeler s?être levée ou avoir fait quoi que ce soit pendant la nuit. En règle générale, le somnambule commence par s?asseoir dans son lit, se lever et marcher autour du lit et dans les environs. «Il est à noter que le somnambule, tout en n?étant pas conscient de ce qu?il fait, va faire des actes qui le préservent. Il est, par exemple, rare de le voir se heurter à une table en marchant.»

Le somnambulisme commence, selon le Dr Gaya, à se manifester entre l?âge de quatre et huit ans pour se dissiper à l?adolescence. L?âge de prévalence se situe vers les douze ans. Les statistiques ont d?ailleurs démontré que 15 % des enfants ont des épisodes de somnambulisme. Ce phénomènne est plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Dans la plupart des cas, on s?aperçoit qu?il y a un antécédent familial.

C?est généralement un parent qui se rend compte que son enfant est somnambule, en entendant du bruit la nuit et en allant voir de quoi il s?agit. Le somnambule, une fois sorti du lit, peut faire une multitude de choses sans le savoir : il peut s?habiller, aller aux toilettes, aller à la cuisine, manger, boire, ouvrir la porte, sortir et se mettre à marcher dans la rue, parler, crier. Plus grands, certains peuvent même se mettre au volant et conduire leur voiture !

<B>Associé au stress</B>

Le somnambulisme peut, dans de rares cas, s?avérer dangereux, car la possibilité d?un accident n?est pas écarter. La personne peut tomber ou encore être heurtée par une voiture, par exemple. «Il n?a, par contre, pas été prouvé que le somnambule puisse être un danger pour les autres, aucun dans le sens où il s?attaquerait à eux ou leur voudrait du mal», précise notre interlocuteur.

Dans certains cas, l?individu peut se réveiller pendant qu?il est justement en train de faire du somnambulisme. «En se réveillant, il éprouve de la confusion pendant plusieurs minutes, il est désorienté, il a peur?» Le Dr Gaya cite ainsi l?exemple d?une fillette, en Angleterre, qui faisait du somnambulisme et qui s?est réveillée un jour tout en haut d?une grue, et qui, prise de panique, s?est mise à crier, ignorant comment elle avait atterri là.

Mais dans la majeure partie des cas, le somnambule retourne dans son lit, sain et sauf, et se remet à dormir pour se réveiller, le lendemain, sans se souvenir de quoi que ce soit. Selon le Dr Gaya, le somnambulisme n?est pas associé à un problème psychiatrique mais il est, en revanche, associé assez étroitement au stress, qui peut être un facteur aggravant, tout autant que le manque de sommeil. Les gens qui travaillent de nuit, qui sont très fatigués et se privent de sommeil sont ainsi concernés. En règle générale, le traitement consiste surtout à rassurer et éduquer le patient quant à ce phénomène. «L?intervention médicale est rare mais dans certains cas, des calmants légers peuvent être prescrits», explique le Dr Gaya.

La chose qu?il faut retenir est donc celle-ci : il n?y a pas lieu de paniquer, le somnambulisme n?est pas une maladie grave. C?est un trouble du sommeil qui s?estompe normalement avec l?âge. Il n?y a donc pas de raison de ne pas dormir sur vos deux oreilles.

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