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Ces animaux pas si? bêtes
L?ARRIVISTE capable de toutes les bassesses qui rampe vers ses supérieurs monte parfois vite parce qu?il va ventre à terre. Mais le serpent qui l?inspire avance moins rapidement. Ce mode de progression dans le monde des animaux n?est d?ailleurs pas un progrès car les ancêtres de serpents étaient pourvus de pattes dont on voit les traces chez certaines espèces.
A l?opposé de ce contact intime avec la terre se situe le vol toujours admiré. Car même si la peur nous donne des ailes, elle ne permet pas les mêmes performances que celles des oiseaux. Mais restons, pour commencer, avec le commencement.
Au plus bas niveau de l?échelle animale, là où la créature toute microscopique ne dispose que d?une unique cellule, elle rampe pour avancer. Témoin l?amibe ce grand classique des cours de biologie d?hier. Elle laisse couler son corps dans une patte temporaire créée dans la direction choisie pour le mouvement.
Sur un barreau plus élevé de l?échelle on voit un peu de fantaisie, une autre créature des études d?hier qui avance en faisant des galipettes. Son corps est un minuscule cylindre surmonté d?une couronne de tentacules et ce cousin des méduses porte un nom effrayant : l?hydre. Contrairement à celle de Lerne sa silhouette est toute gracieuse. Pour bouger elle peut se pencher jusqu?à toucher de ses tentacules le milieu où elle se tient. Décollant ensuite sa base, elle fait une galipette, énn kousti dirait Ton Zorz, et se retrouve debout un tantinet plus loin.
Cette gymnastique particulière, dont l?élégance n?est perçue que par quelques naturalistes, cède bien vite le pas à la reptation quand on grimpe vers le ver de terre. Ce symbole de la nudité progresse en allongeant seulement une partie du corps à la fois. Il étire et amincit un segment mais cet effort ne servirait à rien si l?avancée n?était pas bloquée. Elle l?est par des soies rigides capables de prendre appui sur le sol. Et ainsi bout après bout d?une allure bien synchronisée ce bon ami (c?est ainsi que l?appellent les textes de jardinage) avance sur le sol ou s?y enfonce.
Ramper n?est pas seulement de très bas étage car il s?associe aux reptiles. La couleuvre avance par des ondulations du corps qui pressent contre herbes, tiges et autres pièces tant vertes que mortes. Les écailles mobiles du ventre viennent à la rescousse pour les pythons qui peuvent avancer en ligne droite un peu comme le ver. La surface vierge d?appuis doit être riches en rugosités assurant une bonne friction pour cette manoeuvre. Un roman policier en tira parti. Un accusé coriace fut placé sur un carrelage poli entouré de serpents ne pouvant l?attaquer parce que la surface était lisse. Mais le malfrat ne le savait pas et finit par se mettre à table.
Le folklore d?hier accordait toutefois à ces reptiles des pouvoirs inconnus de la nature celui de se mordre la queue puis de se dresser en cercle capable de rouler ! Quand on a la foi on peut se passer de la vérité . La nature n?a pas inventé la roue bien qu?elle l?aurait pu. Ainsi des hérissons se roulent en boule et quelques épines bien placées auraient pu les faire rouler pour fuir.
Un autre style de mouvement ventre à terre est celui d?étoiles de mer. Leurs bras sont équipés d?une foison de tubes souples temporaires faisant partie d?un système hydraulique. Ces pattes terminées par des ventouses adhèrent à la roche et en bougeant font avancer.
L?alternative BCBG
Mais il est beaucoup plus distingué de se servir de pieds ou de pattes. Les moteurs, les muscles si vous préférez, se logent à l?intérieur d?un squelette chez crabes ou langoustes.
L?alternative plus BCBG cache plutôt les os sous la chair. Même quand on dit d?un pauvre hère qu?il n?a que la peau et les os.
Mais de combien de pattes doit-on disposer ? Le minimum est deux. Quant au maximum le populo penche pour mille en disant mille-pattes mais ceux qui rigolent devant l?expression konté fini koko éna ont trouvé 400 chez de gros mille-pattes africains.
Avec deux on a le petit moineau sautillant allégrement comme si les deux n?en faisaient qu?un. Sur une seule tomberait-il en bougeant ?
La question comme dit l?autre reste posée. Plus classique est le martin avançant une patte à la fois avec la gravité d?un philosophe péripatéticien. On peut trouver d?autres images pour oies blanches ou grues cendrées. Mais même quand on a plus de deux pattes on peut faire fonctionner seulement deux. Tel est le kangourou qui saute avec la puissance de ses deux pattes de derrière. Celles de devant ne sont toutefois pas uniquement décoratives.
Et que dire de la grenouille reposant sur quatre pattes mais qui peut très bien sauter en n?utilisant que deux ! Nature ! Nature ! que tu es riche en rebondissements !
?Ramper n?est pas seulement de très bas étage car il s?associe aux reptiles. La couleuvre avance par des ondulations du corps. Les écailles mobiles du ventre viennent à la rescousse pour les pythons qui peuvent avancer en ligne droite un peu comme le ver.?
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