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Ces acteurs qui font des scènes
Nous vivons dans un monde de paillettes. Pour certains, c?est même devenu un métier. Ils nous plongent dans un univers tout en son et lumières. Les organisateurs de concerts, de conventions, les pyrotechniciens, nous font définitivement passer de l?existentialisme à l?« événementalisme ». La plupart du temps, ce sont des entreprises spécialisées qui font le boulot, mais à Maurice, pendant très longtemps, il a fallu se débrouiller avec les moyens du bord.
Certaines agences de communication comme Immedia, entre autres, ont d?ailleurs très bien su tirer leur épingle du jeu en s?adaptant aux besoins des hôtels et des compagnies. Avec la venue de la superstar du reggae Lucky Dube, pour le Samemsa Muzik Festival, la semaine prochaine, les pros de la sonorisation sont sur le devant de la scène.
Côté musique, l?un des pionniers est sans conteste Bernard Yip Tong, qui avec Kawai Music Centre, propose du matériel haut de gamme pour les concerts et tout type de sonorisation. Avec son équipe, il a réussi le pari de monter neuf concerts en neuf jours pour le dernier Festival de l?océan Indien. La « Gamme d?or 2002 » était aussi sonorisée par son entreprise, et l?année 2005 réserverait quelques grosses surprises. Désor-mais équipé comme les meilleurs professionnels internationaux avec du matériel JBL Vertec, Kawai nous promet un son qui décoiffe.
Au niveau du concert de Lucky Dube, les organisateurs ont fait appel à une entreprise généraliste pour la technique.
Arrivée à Maurice en 2000, Impact Production s?est peu à peu imposée sur le marché en couvrant tous les secteurs de l?événementiel : concerts, conventions, incentive, pyrotechnique, éclairagisme? L?équipe de 15 permanents, menée par Jean-Luc Manneback et son bras droit Benjamin Bolton, peut parfois atteindre 150 personnes. Leur force réside dans l?adéquation entre les ressources humaines et un matériel audiovisuel à la pointe du progrès.
Organisant ponctuellement des ouvertures de palaces, comme celle du Prince Maurice, du Legends, du Méridien et du Hilton, en grande pompe, Impact Production a véritablement grandi avec le marché de l?incentive. Les grosses compagnies, comme Hewlett-Packard, dé-placent régulièrement des centaines d?employés pour des séances de travail, d?information et de communication, de motivation.
Les grands laboratoires pharmaceutiques invitent, eux aussi, des milliers de médecins pour présenter les produits de leurs recherches. En général, l?entreprise qui souhaite séduire choisit une destination flatteuse, dont Maurice fait partie. Les tour-opérateurs ont alors besoin sur place d?une structure pour réaliser leurs conférences audiovisuelles et pour animer les spectacles qui vont parfois avec.
Une bouffée d?imaginaire et de fantastique
En couvrant tous les aspects de l?événement, Impact Production peut répon-dre à cette attente, tout en gardant la main avec les nombreux clients locaux. Le 19 novembre, l?équipe de Jean-Luc Manneback gérera la technique du Samemsa Muzik Festival au stade de Ré-duit. La venue d?une pointure internationale comme le reggaeman sud-africain nécessite une organisation et une sonorisation top niveau. Les Mauriciens vont profiter, pendant trois jours, d?une scène de classe internationale avec des artistes de la région. La plupart des interventions de la compagnie laissent une trace après impact?
Le concert de Shaggy, par exemple, organisé pour Coca-Cola et 900 personnes au Sugar Beach en mars dernier a secoué nos cocotiers. Au Legend, l?année dernière, la magie du son et lumières à bien fonctionné. La fusion d?artistes mauriciens et les numéros du « Cirque du soleil » en a éberlué plus d?un. Le numéro de Boule, un petit bonhomme façon M?bius enfermé dans une bulle transparente, a même ému le public au plus haut point. Issu de l?équipe du cirque Fratellini, le personnage était irréel.
Car au-delà de l?aspect technique, les spectacles bien léchés nous offrent une bouffée d?imaginaire et de fantastique. Une scène où la musique, les décors, les costumes sont au niveau international peut nous transporter, et c?est ce dont nous avons bien besoin. Les touristes viennent ici en grand nombre et nous leur offrons du bonheur, mais il nous faut bien goûter de temps en temps à la magie pour y croire?
Une activité incontournable
Les feux d?artifice aussi participent à la féerie. Partageant le marché avec Fibre Import, dirigée par Axel Giraud, Impact Production a amené pour la première fois à Maurice le concept du feu synchronisé musical. Qu?il s?agisse d?hôtels, de municipalités ou d?incentive, l?activité est devenue vraiment incontournable, puisque cette compagnie tire une soixantaine de feux par an. Sécurité oblige, les produits sont certifiés ISO et les employés, formés par des artificiers de Cannes et de Monaco, sont tous qualifiés K4, un gage de sérieux dans la profession.
Impact Production met aussi en scène de nombreux danseurs mauriciens. Au niveau de l?Art Academy, les chorégraphes Sandhip Bhimjee et Anna Patten prennent beaucoup de plaisir à travailler avec une équipe qui maîtrise la scénographie. Leurs créations originales sont basées sur le kathak, une danse traditionnelle du Nord de l?Inde. Grâce à la technique, à la lumière et au son, ils peuvent développer librement leurs extrapolations et livrer un spectacle qui met en valeur toute leur créativité.
Les gros bémols dans ce métier à risques qui fait briller les artistes, ce sont les cyclones et autres invités surprise malvenus. Il est clair que lorsqu?on attend des centaines de personnes pour une convention et que le pays passe en classe 4, c?est la panique dans les chaumières. C?est ainsi qu?une soirée de gala s?est terminée en catastrophe au Freeport de Mer-Rouge avec 1 000 Italiens. Heureusement pour les organisateurs, ce n?était pas la Cosa Notra?
« Incentive »
Les professionnels de la délocalisation s?intéressent de près au tourisme d?entreprise et à l?incentive. Serviphony, lancée par des pionniers des centres d?appel, intègre actuellement une spécialiste pour lancer une panoplie de services à partir de Maurice.
Le but du jeu est de délocaliser une activité de réservations et de remplissage de séminaires. Carine Bienaimée, qui travaillait auparavant à l?Indian Resort, a de nombreux contact avec les tour-opérateurs à l?étranger. Elle compte proposer des services 30 % moins chers aux agences. Car les centrales de réservations locales doivent composer avec la semaine de 35 heures et des horaires de 8 h à 20 h, sept jours sur sept. La concurrence mauricienne devrait offrir une alternative séduisante. À suivre?
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