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Centre d?appels: Maurice reçu 5/5 à Paris

28 mai 2004, 20:00

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Dans l?univers des centres d?appels, la cyber-île Maurice joue désormais dans la cour des grands. Le pays a fait une démonstration de force face à ses principaux concurrents du Maghreb, de l?Europe et de l?Afrique lors du troisième Salon européen des Centres de contacts et de la Relation client (SeCA). Cet évènement, qui a réuni les leaders du secteur a pris fin jeudi dernier au Centre d?exposition de Paris, en France.

La satisfaction est de mise chez les participants mauriciens. Les investisseurs potentiels se sont bousculés au stand, contrairement aux deux éditions précédentes. «Maurice est une destination confirmée dans le secteur des technologies de l?information et de la communication et des centres d?appels», analyse Suresh Munbodh, président du National Computer Board (NCB) qui a fait le déplacement à Paris. Pour Salin Owadally, co-président de C&C Ltd, les entreprises européennes ne peuvent faire autrement que de considérer Maurice comme une destination de choix en ce qui concerne la délocalisation d?une partie de leurs activités. «Maurice possède la qualité et l?agressivité nécessaire pour se faire une réputation internationale dans ce domaine.»

Les participants mauriciens étaient Business Parks of Mauritius Ltd (BPML), Call Services et ICCS Mauritius (filiales de Mauritius Telecom), Customer & Contact Limited, CRM Center Laimited, Infinity BPO, le NCB, Neo-Consult, Rogers Call Centre, la State Informatics Limited (SIL) et V Lines Mauritius. Des accords de partenariat ont été noués et des contrats sont sur le point d?être signés. Ce qui présage davantage d?emplois dans ce secteur à Maurice.

À ce jour, les 14 centres d?appels ont un personnel de 1 400 membres. La BPML, représentée par Reuben Phoolchund, directeur de marketing, a profité de la plate-forme internationale qu?offrait le salon pour conclure la location d?un niveau et demi de la cybertour. Parmi ses nouveaux locataires figure Theo Finance, spécialisée dans le traitement des comptes.

L?UN DES PLUS GRANDS STANDS

De son côté, la SIL utilise cette manifestation comme un tremplin pour élargir son activité dans le Business Process Outsourcing. Kushan Naik, le directeur général, indique que le nouveau centre d?appels de l?entreprise, situé à la cybertour, démarrera d?ici trois mois. «Quelque 400 emplois seront à pourvoir au cours des quatre prochaines années.»

L?affluence des investisseurs potentiels lors du Salon est tributaire de multiples facteurs. Précédant l?événement, le Board of Investment (BOI), indique Bissoon Surnam, le représentant à Paris, a mené une intense campagne médiatique dans les journaux et autres publications spécialisées, couplée à des présentations auprès d?une clientèle ciblée. D?autre part, la convivialité au stand mauricien ? un palmier au centre, un bar et quatre coins aménagés aux couleurs vives ? l?un des plus grands du SeCA, y a également contribué.

«Nous avons tout mis en ?uvre pour offrir de Maurice une grande visibilité, souligne Delphine Lagesse, de la branche parisienne du BOI. C?est un bon exemple d?un partenariat entre les secteurs public et privé, qui a fait défaut à nos concurrents.» En effet, nombreux sont les industriels qui disent leur étonnement de voir plusieurs compagnies concurrentes réunies dans un même stand. «La concurrence est certes présente dans les esprits mais tout se passe dans la convivialité», note un industriel français.

Le facteur déterminant qui explique cet intérêt, c?est sans nul doute les incitations fiscales. «Quand on annonce à un investisseur potentiel qu?il ne paiera aucun impôt jusqu?en 2007, ça passe facilement», précise Delphine Lagesse. Bien que Maurice soit à 9 500 km de l?Europe, le fuseau horaire joue en sa faveur (voir interview). Les autres atouts, mis en avant, sont le bilinguisme, le niveau élevé d?alphabétisation relatif aux pays concurrents comme la Pologne, le Maroc, la Tunisie voire le Sénégal, la stabilité politique et la connectivité haut débit grâce au câble S.A.F.E. Il ne reste maintenant qu?à tirer le maximum des contacts établis au cours du Salon.

QUESTIONS À Loïc de Kerdrel, président du directoire d?Adverline :

«Une destination stratégique»

Vous êtes président d?Adverline, basée à Paris, qui opère dans le secteur de la publicité sur Internet avec un réseau de plus de 10 000 sites web. Vous revenez d?un voyage de prospection à Maurice organisé par le BOI. Quelle était votre motivation ?

C?est à la Semaine européenne des technologies de l?information, en avril, que j?ai rencontré les responsables du BOI de Maurice, basé à Paris. Ils ont su me convaincre des nombreux avantages économiques et structurels dans le domaine des technologies informatiques, notamment avec la future entrée en opération de la cybercité. J?ai donc fait partie d?une délégation d?une dizaine d?industriels européens qui s?est rendue à Maurice début mai pour établir les premiers contacts. Le BOI avait, à cette occasion, mis en place un plan de travail intensif sur huit jours. Mon séjour s?est révélé très fructueux.

Le Maroc et la Tunisie sont des leaders dans le domaine de l?outsourcing et du back-office. Quel est l?intérêt pour une entreprise basée en France d?externaliser une partie de ses opérations à Maurice ?

La politique gouvernementale de l?île y est pour beaucoup. Le BOI explique aux investisseurs, désireux de s?y implanter, qu?ils bénéficieront de nombreux avantages fiscaux et autres facilités, ce qu?on ne propose pas dans les pays comme le Maroc et la Tunisie. Les industriels n?y sont, bien sûr, pas indifférents. Puis il y a le décalage horaire (GMT +4), lié à sa situation géographique, qui permet de traiter plus aisément avec le marché américain, africain et asiatique, notamment grâce au bilinguisme de la population. Tout cela fait de Maurice une destination stratégique pour les entreprises qui désirent soigner les relations avec leur clientèle mondiale. Et puis, Maurice bénéficie également d?une stabilité politique, économique et sociale.

Le facteur clef reste la formation. Etes-vous satisfait du niveau du personnel mauricien ?

Oui, mais Maurice possède toutefois un léger retard de six mois à un an. C?est sans doute dû à l?absence de concurrence sur le marché local. Cette situation, qui ne pose pas de problème particulier, peut être résolue par une formation interne à l?entreprise. Je retourne à Maurice bientôt en compagnie d?un ami industriel pour finaliser les derniers détails. J?en profiterai pour faire un peu de tourisme. Pourquoi pas ?

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