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Ce sera sans le Tsar !
Alexander Popov aurait pu devenir le plus grand nageur de l’histoire. Mais hier, il a été éliminé dans les demi-finales du 100m nage libre. A 32 ans, le Russe visait un troisième titre olympique sur cette distance. Il ne sera finalement que l’égal des Américains Duke Kahanamoku (1912 et 1920) et Johnny Weissmuller (1924 et 1928).
En 1992, à Barcelone, Popov frappe un grand coup en s’offrant le doublé 100 - 200 m, à 20 ans. Il confirme ainsi le titre européen acquis sur 100 m un an plus tôt. Le “Tsar” qui ne parle que le russe, se livre peu. Son parcours reste mystérieux. On apprend qu’il s’est mis à la natation à huit ans seulement, à Sverdlosk, après avoir vaincu sa peur de l’eau. Il a débuté sur le dos, avant d’être pris en main par Guennadi Touretski dans le club de Volgograd.
Son entraîneur l’a convaincu de se consacrer au crawl et lui a permis d’acquérir une technique irréprochable, basée autant sur le travail des bras que sur les battements de pieds. Les Américains fantasment sur ce robot fabriqué par l’ex-URSS pour venir les battre.
<B>De Barcelone à Barcelone</B>
Quatre ans plus tard, Popov doit confirmer dans le bassin chauffé à blanc d’Atlanta. Surmotivé par les intimidations, il conserve ses deux titres, devant Gary Hall Jr. En 2000, à Sydney, le “Tsar” peut entrer dans l’histoire. Mais il s’incline devant Pieter van den Hoogenband sur 100 m et ne termine que 6e du 50 m. Déçu par sa prestation, et écoeuré de voir triompher Hall, il se lance un défi : “Pour les quatre années à venir, je ne peux pas faire autrement que de me punir. Je le mérite ! Ces Jeux n’étaient pas ma fin. Athènes sera le théâtre de mes vrais adieux aux Jeux.”
La défaite de Popov à Sydney est pourtant attendue car le “Tsar” n’écrase plus le sprint mondial. Le 24 août 1996, il est poignardé à l’abdomen par des vendeurs de pastèques, à Moscou. Il échappe par miracle à l’ablation d’un rein et un poumon est touché.
Malgré un nouveau titre européen en 1997, ses chronos ne progressent plus sur 100 m. Un mois avant la résurrection de Séville, le Brésilien Gustavo Borges a mis fin à son invincibilité sur 100 m, qui datait de 1991. Et Popov subit l’avènement de Van den Hoogenband, premier homme à passer sous la barre des 48’’, à Sydney (47’’84).
Malgré ce déclin, le champion russe ne se décourage pas. Il reste fidèle à Touretski, qu’il a suivi en Australie en 1993, quand l’entraîneur a été engagé par l’Institut national des sports de Canberra.
Début 2003, il regagne l’Europe, établissant ses quartiers à Soleure, en Suisse alémanique. Popov, lassé par des voyages interminables, veut rapprocher sa famille de ses racines.
Il a toujours refusé la nationalité australienne et défendu les couleurs de son pays en relais. Représentant des athlètes au sein du Comité international olympique (CIO), il perdra aussi moins de temps pour assister à des réunions à Lausanne. Et il n’a pas digéré le licenciement de son entraîneur à l’été 2002, conséquence d’une fumeuse affaire de dopage, aux allures de complot.
Six mois plus tard, le “Tsar” réalise un come-back extraordinaire à Barcelone en s’imposant sur 50 et 100 m, en battant Van den Hoogenband pour la première fois depuis cinq ans. La punition qu’il s’est infligée après Sydney aurait pu lui permettre de voler la vedette à Phelps et Thorpe en Grèce.
Mais ce ne sera pas pour cette fois, ni pour les autres fois, d’ailleurs, à moins qu’en 2008…
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