Publicité

Cassiya, la preuve par neuf

16 mai 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Cela vous arrive d?être saturé ? D?en avoir marre d?entendre ces chansons dites ?à la mode?, et qui vous laissent si indéniablement indifférent ? Loin des boîtes à rythmes, des métissages et des messages ronflants, Cassiya a cherché à se préserver. Instinct de conservation ?

Toujours est-il que les enfants de Cassis ? le noyau restant ? c?est-à-dire Désiré François et Alain Lafleur, ont choisi de faire du neuf avec du vieux. Entendons-nous bien. Ils n?ont pas ressorti des antiquités. Bien au contraire, le nouvel album, qui sera lancé demain, s?intitule justement Cassiya neuf.

Non. Le charismatique chanteur et le bassiste avare de commentaires partagent la même obsession : la simplicité. Évacuer sans pitié les fioritures. Revenir à ce temps (béni ?) où les méthodes de fabrication d?album étaient artisanales. L?époque où l?urgence de créer et le flair naissant n?étaient pas bridés par les impératifs de la production.

Pour comprendre, une référence. Celle de Désiré François qui cite constamment Separation, le premier album de Cassiya, alors que l?actualité du groupe tourne autour de son neuvième album. ?Nou finn envi reamenn kouler Separation, enn kouler perdi, enn kouler la soufrans.?

Separation, c?est aussi le ?porte-bonheur.? L?album qui a fait connaître le groupe. Faut croire que l?habitude du succès est tenace. C?est un pari à chaque fois.

Cassiya a choisi de se placer sous le signe du neuf pour nous accrocher. La différence c?est que nos oreilles sont désormais habituées une certaine séquence. La ravane qui sonne, deux tintements de triangle, un refrain facile à retenir. Des couplets qui démarrent en même temps que les lignes au synthé.

L?attachement aux temps révolus ouvre Cassiya neuf. Replié sur son noyau ? à part affirmé que ?li la mem?, le groupe ne donne aucune autre nouvelle d?Alain Ramanisum, par ailleurs engagé dans une fructueuse carrière en solo, Cassiya nous invite encore une fois au Sega dan vilaz.

Avec les enfants de Cassis, nous refaisons la route à l?envers. Porté par les cuivres généreux, l?harmonica caractéristique, Sega dan vilaz reprend le type même de la chanson aux couleurs de la solidarité, du bon voisinage.

Plus de dix ans se sont écoulés dans l?histoire en dents de scie de ce groupe. Une décennie à chanter le retour à de meilleurs sentiments. Cassiya remet ça. Zom dominer s?adresse à tous ceux ?ki bizin sanz so vilin manyer, aret fer dominer, fer paradi vinn enn lanfer.?

La guitare solo s?est fait plaisir, cela s?entend. L?album se laisse écouter. La faute aux trop grandes similitudes avec des ?uvres passées. Cassiya neuf joue à fond sur la voix rôdée de Désiré François. Chanteur de l?amour par excellence, il est en terrain conquis avec Toi ek moi, duo avec Nadine Manoovaloo. Toi ek moi est une reprise du titre crée par Mario Justin et Nancy Dérougère. Désiré François a l?habitude des duos. Sandra Mayotte, Joennise Juliette, l?homme a eu son lot de rencontres musicales. Une expérience largement étalée dans ce duo où il s?adapte sans se forcer.

Petit regard misérabiliste vers Lafrik avant de sombrer dans la douce mélancolie de Cruaute. Initialement intitulé Soley ek lalinn, cette balade fait irrémédiablement penser à nos actes manqués, aux mesquineries du quotidien. Pour nous sauver du blues : des ch?urs en forme de chant choral.

Chorus fédérateur qui se poursuit jusqu?entre les lignes de Fierte nou pays. Déclic. Patriotisme, contexte qui s?y prête. Mais oui, aussi neuf qu?il puisse être Fierte nou pei est de la famille de Zenfan Losean, l?hymne des Jeux des Iles. Mais il n?y a pas de temps défini pour vivre en harmonie.

Message à destination des Travayer, qui compose le bouquet final de Cassiya neuf. Retrouvailles avec ce qui est déjà un tube. Illustration parfaite de ce qu?est le son Cassiya. Du pur jus disponible à Rs 180.

Publicité