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Cassam Uteem : «Il y a des bandes organisées dans le pays qui veulent se faire justice»

22 janvier 2008, 00:00

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«Les incidents (de la semaine dernière) ont provoqué l?inquiétude, la colère et la frayeur», soutient Cassam Uteem. Il prenait la parole hier, lors de la conférence de presse de la Plate-forme des citoyens pour l?unité, l?harmonie et la paix, créée vendredi dernier. Cette plate-forme rassemble les représentants de différentes forces vives, des travailleurs sociaux et de syndicalistes. Elle a été mise sur pied à la suite des troubles de la semaine dernière à Vallée-des-Prêtres. Elle compte organiser une série de rassemblements et de débats à travers le pays.

Selon Cassam Uteem, il y a «des bandes organisées qui se sont formées et qui veulent se faire justice». Il parle aussi d?une perception, «qui dans ce cas devient réalité», chez le public de la «réaction bien molle des autorités». Pour Cassam Uteem, ainsi que pour les divers membres de la plate-forme, il s?agit d?éviter les bagarres communales et les confrontations telles que celles de 1968 et de 1999.

Parlant en son propre nom, il a fait un appel à l?Etat pour que le «marché n?étrangle pas le petit peuple, et au ministre de l?Education pour que l?école assume aussi un rôle d?enseignement en matière de civisme».

La première activité de la plate-forme sera un rassemblement ce samedi à 14 heures au centre de désintoxication Idrice Goomany à Plaine-Verte. «Cette plate-forme est apolitique, elle est ouverte à tous les gens de bonne volonté et ils sont tous invités à nous rejoindre samedi», insiste Ally Lazer, co-fondateur de la plate-forme. S?il a peur d?une répétition des bagarres de 1968 et des émeutes de 1999, il estime que les maux du pays sont surtout associés à la drogue.

Rôle de l?Etat

Ally Lazer explique que la plate-forme souhaite agir comme «rempart contre des psychopathes qui veulent voir le sang couler ». Ses propos trouvent aussi écho chez Imran Dhannoo, autre co-fondateur de la plate-forme. «Nous allons agir comme un tampon. Nous allons faire la liaison entre les forces policières, les autorités concernées et la population civile», affirme Imran Dhannoo.

La plate-forme rassemble aussi des représentants religieux de différentes communautés. Parmi eux, le Maulana Haroon qui a dénoncé l?émergence «de groupes au sein de toutes les communautés, qui se forment et qui ne regardent que leur propre intérêt et pas celui du pays». Le Maulana Haroon estime aussi qu?il y a un sentiment d?inégalité et de manque de justice sociale qui perdure. «Gouvernman bizin fer ki sa fose la, li pa grandi», affirme-t-il.

Le Père Filip Fanchette a lui aussi rappelé l?importance du rôle de l?Etat dans la prévention de la dégradation sociale. «Gouvernman bizin pren so responsabilité», soutient-il. L?homme religieux met aussi en exergue les effets néfastes que peuvent avoir les rumeurs. Cette thématique est d?ailleurs au c?ur des préoccupations de la plate-forme qui associe «la rumeur» à des conséquences dramatiques lors des drames de 1968 et 1999.

La plate-forme souhaite ?uvrer sur le terrain afin de maintenir le bon voisinage et même la cohésion entre les différentes communautés. Le Pandit Ajaye Dugroo du Shivala de Vallée-des-Prêtres passe ainsi un message de respect. «Nous sommes des humains, et la plus grande religion, c?est l?humanité. C?est l?humanité que nous devons pratiquer avant tout», exhorte-t-il.

Parmi les membres de la plate-forme figurent, entre autres, Julien Lourdes, Junied Mohun, le Père Henri Souchon, Eddy Sadien, Salim Muthy, Jean-Michel de Senneville, les membres du Collectif des organisations populaires de Port-Louis, et ceux du Groupe jeunesse de Ste-Croix.

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