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Cambridge never leaves ?

8 mai 2006, 00:00

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La mauricianisation des examens du secondaire est une source d?économies budgétaires à laquelle Rama Sithanen devrait penser sérieusement. A un moment où il prend connaissance des propositions pour une meilleure maîtrise des dépenses publiques, il ne peut ignorer le fait que le MES paye environ Rs 100 millions à Cambridge par an pour les examens de SC et de HSC. De plus, il y a également des raisons pédagogiques qui justifieraient le départ de Cambridge.

Cela fait longtemps que le reste de l?Afrique anglophone a terminé ce processus de sevrage devant lequel nous reculons. Tous les pays africains qui avaient eu recours à l?université britannique à l?époque coloniale ont fini par prendre en charge la préparation et la correction de leurs examens. Tous, sauf un.

Notre situation singulière est d?autant plus déplorable que les raisons qui nous empêchent de rompre avec Cambridge sont d?ordre psychologique. La peur de couper le cordon ombilical a été totalement paralysante.

Voilà pourquoi la récente affaire durant laquelle Cambridge a reconnu 44 erreurs dans la correction des épreuves de ?General Paper? en HSC est salutaire. Elle aidera à déclencher le choc requis pour effacer ce sentiment de dépendance ancré au plus profond de l?âme collective de la nation.

La population est ahurie par l?incroyable histoire qui a entraîné la révision des copies de certains candidats du HSC pour les épreuves de ?General Paper?. Le fourvoiement de Cambridge a causé un tort immense à certains candidats dont les rangs s?en sont trouvés affectés. Ils sont les victimes d?un correcteur souffrant de fragilité mentale. Ayant perdu sa mère dans la semaine où il corrigeait les épreuves de GP, celui-ci a décidé de se venger sur les élèves mauriciens !

Les premiers effets de l?onde de choc qu?a engendrée cette affaire sont déjà visibles. Pour la première fois, nous avons vu cette semaine un directeur du MES qui ne rejette pas d?emblée l?idée d?une séparation avec Cambridge. A notre journaliste Patrick Hilbert qui lui demandait, jeudi dernier, si une mauricianisation du SC et du HSC était possible, Lucien Finette répond qu?il ?faut le faire sans brusquer les choses. C?est un défi que le MES compte relever? Cela pourra se faire sur le moyen terme, mais il faut d?abord que la population ait confiance en nous. Nous essayons de bâtir cela?. Le précautionneux directeur du MES affiche des ambitions modestes mais fait néanmoins un pas dans la bonne direction.

Les défendeurs du statu quo arguent qu?à travers ses certificats, Cambridge nous ouvre la porte à des universités étrangères. C?est un argument fallacieux. Un diplôme national délivré sous l?égide de l?université de Maurice peut tout aussi bien nous donner l?accès aux plus grandes universités du monde. Avec un contrôle de qualité assuré par des examinateurs étrangers, nos diplômes seront susceptibles d?être reconnus partout dans le monde.

Les équivalences de diplôme se négocient facilement entre les autorités éducatives. Par exemple, il n?a pas été difficile aux responsables du Lycée polytechnique de Flacq de faire valider les certificats qu?il délivre et de permettre ainsi à leurs élèves de s?inscrire dans des universités françaises.

Lucien Finette évoque la question de confiance. Dans un premier temps, l?on doutera, bien entendu, du professionnalisme de nos institutions. Mais l?opinion publique sera vite rassurée, comme ce fut le cas quand on s?est débarrassé de Moray House pour le CPE. Le MES a assuré admirablement bien la relève.

Nos dirigeants ont la prétention de transformer ce pays en un ?Knowledge hub? mais hésitent encore à confier à des Mauriciens la responsabilité de préparer des examens du secondaire. Apprenons à marcher avant de vouloir courir?

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