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Bérenger : Le temps joue en faveur du MMM
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Bérenger : Le temps joue en faveur du MMM
Si Bérenger ne milite pas en faveur de la rupture avec le PSM, au lendemain de la victoire du 11 juin 1982, il est, en revanche, celui qui presse Anerood Jugnauth, dès le mois suivant, à... dissoudre l?Assemblée législative et à convoquer de nouveau les Mauriciens aux urnes. Sa thèse est que, compte tenu de l?héritage économique encore plus catastrophique que prévu laissé par le gouvernement de Seewoosagur Ramgoolam et plus particulièrement par la politique financière de Ringadoo, le nouveau gouvernement MMM-PSM ne pourra réaliser les promesses préélectorales de son programme gouvernemental. Il propose donc que ce dernier brigue de nouveau les suffrages des Mauriciens mais avec un manifeste électoral moins ambitieux, moins généreux, plus réaliste, bref un programme gouvernemental de crise économique. Il prévoit donc de retourner devant l?électorat en alliance avec le PSM car il n?anticipe pas alors l?avalanche de coups bas qui suivront, provenant du PSM.
Bérenger se vante, en avril 1983, d?être celui qui a davantage fait, avant 1982, pour qu?Harish Boodhoo soit nommé vice-Premier ministre. Il défend alors la thèse qu?il est normal, au sein d?une alliance MMM-PSM, que le poste de PM revienne au MMM et celui de VPM au PSM. En octobre 1982, il vire sa cuti et propose que le MMM aille, enfin, seul à des élections législatives anticipées.
Bérenger estime que le Jugnauth du 22 mars 1983 est désormais coincé. (N.B. Il n?est pourtant jamais plus fort alors). Il doit prouver aux Mauriciens qu?il peut gouverner seul, sans l?aide des militants pro-Bérenger. En avril 1983, il estime que le temps joue contre Jugnauth et que bientôt il ne restera rien de lui et de son MSM. (N.B. Pas même 8% ?). En avril 1983, Bérenger est sûr de sa victoire en cas d?élections législatives anticipées : Si Jugnauth retourne aux urnes «nous le détriperons». De plus, il n?a pas la majorité parlementaire pour gouverner tout seul, prétend le leader du MMM.
Le MMM envisage-t-il une démission collective pour contraindre Jugnauth à retourner devant l?électorat ? A cette question, Bérenger répond qu?il convient de passer d?abord par la procédure de la motion de censure. Son MMM ne veut pas donner l?impression de courir après le pouvoir. Il préfère donner au 2e gouvernement Jugnauth suffisamment de corde pour qu?il se pende. Les occasions ne manqueront pas d?ici le budget 1983-84, notamment quand il faudra révéler les arrangements pris avec la Banque mondiale et le FMI pour l?année 1983/1984.
Bérenger ne se fait aucune illusion, quant aux préférences de la population mauricienne, lorsqu?on lui demandera de choisir entre la compétence, manifestée par les ministres MMM de juin 1982 à mars 1983, et l?incompétence du 2e gouvernement Jugnauth (MSM-PSM) depuis le 22 mars 1983. Et comme Jugnauth a l?audace de situer son MSM à gauche du MMM, le prochain enjeu électoral se fera entre une gauche traditionnaliste sans vision d?avenir (Jugnauth-Boodhoo et leur MSM-PSM) et une gauche moderne, ayant une claire vision du travail à entreprendre sur le long terme (le MMM). Il pose la question de savoir ce que fera ce qui reste du PTr de Ramgoolam, du MPM de Boolell et du PMSD de Duval. Mais le temps joue définitivement en faveur de son MMM.
Bérenger est sûr de remporter les prochaines élections législatives. Il se base sur un recul du communalisme qui a repris du poil de la bête après les débordements violents de la réunion du vendredi 25 mars à l?hôtel de ville de Quatre-Bornes. La victoire ne peut échapper à son MMM qui prépare déjà son nouveau programme gouvernemental ainsi que le travail sur le terrain dans les 20 circonscriptions. Il ne prévoit par de difficultés particulières dans les régions rurales. Il rappelle que son MMM est un «parti national». Comment avons-nous pu l?oublier ?
Mais qui sera le Premier ministre d?un « inévitable » gouvernement MMM ? Les instances mauves ne s?expriment pas encore, à ce sujet, en avril 1983. Elles ont fait preuve cependant d?un grand courage politique en nommant Paul Bérenger leader de l?opposition (N.B. Rien de nouveau pourtant, à ce niveau, après les années 1968-70 et 1974-76 de G. Duval comme chef de l?opposition ou encore de la direction oppositionnelle de Maurice Lesage). A cela s?ajoutent d?autres questions connexes d?une certaine importance comme celles ayant trait à l?abolition des députés correctifs et à l?introduction d?une dose de représentation proportionnelle, assez forte pour corriger les excès pro-vainqueur du système First Past the Post mais assez faible pour décourager la moindre remontée du communalisme. Se pose aussi la question d?un président de la République, partageant le pouvoir avec le Premier ministre.
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