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Bérenger : ?La séparation n?est pas à l?ordre du jour?
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Bérenger : ?La séparation n?est pas à l?ordre du jour?
L?alliance de l?opposition va se pencher sérieusement sur les raisons de sa double défaite, aux législatives et aux municipales. Elle va se renouveler et discuter. Remaniement oui, rupture non. L?alliance Mouvement socialiste militant (MSM)-Mouvement militant mauricien (MMM)-Parti mauricien social-démocrate (PMSD) va se renouveler, se réorganiser, se pencher sur les raisons de sa défaite tant aux élections générales qu?aux municipales. Pas question, toutefois, de remettre en cause pour l?instant le partenariat entre les alliés, fait comprendre le leader du MMM, Paul Bérenger. Il a réuni la presse, hier, au Sun Trust Building. A ses côtés, le leader du MSM, Pravind Jugnauth, et celui du PMSD, Maurice Allet.
Paul Bérenger précise que les partis retrouveront ?leur autonomie de discussion et de réflexion au sein de leurs instances,? avant de ?met latet ensam pou get lavenir?. Les trois partenaires, qui avaient déjà commencé à réfléchir séparément après les élections du 3 juillet, ?s?étaient imposé un silence? à cause des municipales, précise Paul Bérenger.
Si ?as at now? la séparation n?est pas à l?agenda, Paul Bérenger insiste sur le fait ?qu?au MMM, nous n?allons pas jouer à la politique de l?autruche. Il est l?heure de discuter. Nous allons mettre le doigt sur la plaie s?il faut le faire. Nous allons jouer cartes sur table. Il nous faut avoir une analyse critique des élections générales et des municipales.? A une question de la presse sur la ?colère? de certains au MMM à l?égard de son partenaire, le MSM, Paul Bérenger répond ?c?est dans la nature humaine de trouver des boucs émissaires. S?il y a des critiques à faire, nous allons les faire. Mais je constate que vous parlez à plus de gens que moi.?
Rajeunissement du MMM
Devant l?insistance de la presse, il déclare ne pas vouloir ?préjuger? des réflexions qui se dégageront des instances du MMM, du MSM et du PMSD. Il ajoute également qu?il ne fait pas de politique en se basant sur des hypothèses. Une certitude néanmoins : ?Pou bizin rediscute plusieurs choses.?
Pravind Jugnauth, faisant une première autopsie des résultats des municipales de lundi, se dit ?déçu?. Il attribue cette défaite à plusieurs facteurs: un ?climat de peur instauré par l?actuel régime qui a intimidé nos partisans qui ont préféré s?abstenir?, des mesures ?populistes? avant les élections municipales, les promesses de ?faveurs? faites par le gouvernement. Il prévoit que les ?masques? vont tomber et que les ?illusions vont disparaître? bientôt.
La perte du contrôle des cinq municipalités est un ?coup de massue politique? pour Paul Bérenger. Comme son partenaire, Pravind Jugnauth, il martèle cependant que ?ce n?est pas la fin du monde?. Il résume ainsi son sentiment : ?Ni banalisation, ni surdramatisation?. Il ajoute que ces municipales ?n?ont rien à voir avec les prochaines élections générales?.
Paul Bérenger confie qu?il a été ?plus qu?optimiste? en croyant pouvoir gagner la majorité dans quatre des cinq villes du pays. ?Ce n?est pas l?Alliance sociale qui a gagné, mais nous qui avons perdu.? De plus, il souligne que ?nos partisans n?ont pas voté pour l?Alliance sociale, mais ils se sont abstenus, étant très démobilisés.?
Les raisons de cette démobilisation seraient ?qu?ils sont fatigués, découragés, après la défaite des élections générales. Il y a eu des menaces?. Sans compter que la politique de la ?bous dou? des travaillistes a contribué à leur victoire.
Il ?relativise les choses? en comparant les chiffres des municipales et le nombre de ceux qui ont voté lors des élections générales dans les mêmes régions. Ainsi, il démontre que dans la circonscription n° 1 de Port-Louis, qui représente deux arrondissements, le un et deux, l?Alliance sociale avait recueilli 17000 voix. Aux municipales, elle n?en récolte que 12 000. D?où sa conclusion que ?l?Alliance sociale n?a pas eu nos voix et n?a pas fait le plein de ses voix?.
Le leader mauve annonce de ce fait une réorganisation complète de son parti, un renouvellement des instances, qui passera par un rajeunissement des membres. Cette grande réorganisation, initialement prévue pour l?an prochain, se fera avant la fin de l?année, compte tenu des récents événements.
De premières discussions ont eu lieu dans le bureau politique du parti, hier. Elles doivent se poursuivre samedi. L?objectif étant, d?après Paul Bérenger, de ?garder son électorat en le remobilisant?. Mais il est surtout question de conquérir d?autres électorats. Il dit être ?très ouvert à toutes propositions qui seraient dans l?intérêt du MMM et du pays?.
Répondant sur le leadership de son parti, Paul Bérenger réplique: ?Mo souete mo ti kapav ena plizier soi. Si kikene pe emerze, mo pou don li mo push.? La question que son fils, Emmanuel, prenne la relève n?est pas à l?ordre du jour. Pour remotiver ses troupes, il ne compte donner aucune ?impression de découragement?.
Source de divergences
Pravind Jugnauth évoque également ?le processus de restructuration? qui continuera dans son parti. Le bureau politique du MSM, qui s?est également réuni, hier, pose les jalons pour ?décider quelle est la stratégie pour l?avenir. Chacun apportera sa réflexion et puis on verra?.
La réforme électorale sera l?un des dossiers prioritaires du MMM. Cependant, ce ne sera pas ce sujet qui sera source de divergences entre le MMM et le MSM. ?Pas lor la?, lâche Bérenger, laissant entrevoir qu?un autre thème pourrait poser problème.
Pour lui, l?initiative revient maintenant au gouvernement. Il précise que celui-ci aura besoin des votes de l?opposition pour obtenir la majorité à l?Assemblée nationale. Les résultats auraient été différents si la réforme électorale avait été engagée, mais Paul Bérenger ne souhaite pas être ?wise after the event?. D?autant qu?il est d?avis que la réforme électorale a été une ?occasion ratée? pour l?ancien gouvernement et qu?il regrette de n?avoir pas pu la mener à bien.
MUNICIPALES
Les maires élus vendredi
■ Les quatre maires et le lord-maire seront élus vendredi. La cérémonie d?investiture à Beau-Bassin-Rose-Hill et à Port-Louis pourrait se dérouler en présence du Premier ministre. Cette première séance sera présidée par le conseiller qui a eu le plus grand nombre de votes (?Senior Councillor?). A l?ordre du jour, la prestation de serment des conseillers, en présence du secrétaire de la ville et du maire sortant. Ensuite, un conseiller proposera le nom du maire et le secrétaire de la ville invitera les contre-propositions. Si personne ne s?oppose au choix du conseiller, la motion sera secondée et le maire élu. La même procédure est appliquée pour l?élection du maire adjoint.
Les maires sortants occuperont leur poste jusqu?à lundi, puisque leurs successeurs devront prêter serment devant un magistrat avant de commencer leur mairat.
Les noms les plus cités sont Reza Issac du Parti travailliste (PTr) à Port-Louis, Suren Appadu (PTr) à Quatre-Bornes Hemraz Hiren Jankee (PTr) à Vacoas-Phoenix, Varen Andee (Mouvement républicain) à Beau-Bassin-Rose-Hill et Gérard Paya (Parti mauricien Xavier Duval) à Curepipe. Mais rien n?est encore sûr. Les leaders de l?Alliance sociale se sont d?ailleurs rencontrés hier pour finaliser le choix des éventuels maires, mais il semble que la décision finale n?ait pas encore été prise. Une autre réunion entre les leaders des partis de l?alliance, Navin Ramgoolam, Xavier Duval et Rama Valayden, est donc prévue pour aujourd?hui.
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