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Bérenger en mission chez le partenaire économique n° 1
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Bérenger en mission chez le partenaire économique n° 1
LE PREMIER ministre, Paul Bérenger, entame à partir d?aujourd?hui une visite officielle en France avec un premier rendez-vous cet après-midi avec Brigitte Girardin, ministre de l?Outre-Mer. Si cette visite a davantage une portée politique et symbolique, l?agenda du Premier ministre fait une large place aux dossiers économiques. La composition de la délégation mauricienne témoigne en elle-même de la volonté de mettre également l?accent sur l?économie.
Paul Bérenger sera effectivement accompagné de Jayen Cuttaree, ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Nando Bodha, ministre de l?Agriculture et de Pradeep Jeeha, ministre de la Technologie informatique et des Télécommunications.
Outre les contacts politiques avec, notamment, le président français Jacques Chirac et son Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, Paul Bérenger rencontrera aussi le patronat français regroupé au sein du Mouvement des entreprises de France (Medef) et également les patrons d?Airbus, de France Telecom et du port de Marseille, notamment.
Même s?il s?agit surtout d?une visite politique, le volet économique ne pouvait être minimisé compte tenu de l?importance de la France comme partenaire économique et commercial du pays. L?ambassadeur de France à Maurice, Henri Vignal, résume en peu de mots la situation. ?Pour Maurice la France est le premier client, le premier fournisseur et le premier investisseur?, dit-il.
Sur le plan commercial effectivement, la France a dépassé l?Afrique du Sud pour devenir le principal fournisseur de Maurice, l?année dernière. Les exportations françaises ont progressé de 11,9 % entre le premier semestre 2002 et la période correspondante en 2003. Les chiffres pour les six premiers mois de 2003 montrent que la France détenait 13,5 % de parts de marché, devant l?Afrique du Sud.
Les Tic à l?agenda
Si la France est le premier fournisseur, elle est également devenue depuis l?année dernière le premier client du pays, surclassant pour la première fois la Grande-Bretagne qui était traditionnellement le principal acheteur de produits mauriciens. En incluant la Réunion et les réexportations, la France a acheté pour Rs 5,5 milliards durant le premier semestre 2003, ce qui représente le quart des exportations totales de Maurice.
Pris globalement, les échanges commerciaux entre Maurice et la France font de ce pays le premier partenaire commercial de Maurice. En incluant l?île de la Réunion, la France représente 18,2 % des échanges commerciaux de Maurice. La France elle-même représente près de 40 % des échanges commerciaux entre Maurice et l?Europe.
Au chapitre de l?investissement, grâce à la prise de participation de France Télécom dans Mauritius Telecom en 2000, le montant cumulé des investissements français à Maurice a considérablement augmenté pour atteindre 426 millions d?euros. L?achat de 40 % du capital de Mauritius Telecom a représenté à lui seul un investissement de 261 millions d?euros, ce qu?Henri Vignal considère comme le plus important investissement étranger jamais réalisé à Maurice.
Il précise que cet investissement a été réalisé malgré l?éclatement de la bulle des télécommunications qui a fait beaucoup de tort à tous ceux qui sont engagés dans ce secteur.
?Aujourd?hui France Télécom souhaite faire de Maurice le hub pour la région de l?océan Indien. La réussite de ce partenariat dépendra de l?atmosphère pour l?investissement français et étranger à Maurice?, poursuit Henri Vignal.
Avec cet important investissement dans les télécommunications, la France a dépassé l?Afrique du Sud pour devenir le plus important investisseur étranger à Maurice.
Mais il n?y a pas que le deal de France Télécom. La France a également investi dans la cimenterie Holcim, la grande distribution (Jumbo); les travaux publics et les chantiers Pirioux sont partenaires, avec Ireland Blyth, dans les Chantiers Navals de l?océan Indien.
La France est également présente dans la distribution de produits pétroliers, le textile, la maroquinerie, l?horlogerie et dans les technologies de l?information et de la communication (Tic) avec notamment les centres d?appels.
Henri Vignal note que dans ce domaine également les entreprises françaises ont été les premières à s?implanter à Maurice. Si elle ne sont pas très visibles, c?est qu?elles sont de petite taille mais elles sont nombreuses, assure l?ambassadeur français.
Pour lui, ?Maurice a le potentiel d?être le pont entre l?industrie des Tic en Inde et la France et les marchés francophones. C?est aux entrepreneurs mauriciens et indiens de se manifester et de monter des projets?, poursuit Henri Vignal. Les Tic seront d?ailleurs un des dossiers à l?agenda au cours de la mission du gouvernement mauricien à Paris.
Tourisme
Par ailleurs, on ne peut évoquer les relations entre Maurice et la France sans parler du tourisme. Ce pays est le principal marché de l?industrie touristique mauricienne avec près de 200 000 touristes français annuellement même si on note une stagnation ces dernières années.
Ce tour d?horizon de l?importance de la France dans les flux de commerce et d?investissement permet également de mesurer l?importance qu?attache ce pays à l?ouverture prochaine d?une banque française à Maurice. Avec le départ de la Banque nationale de Paris intercontinentale (BNPI) il y a un vide à combler. La Caisse d?Epargne ouvrira bientôt une banque qui opérera sous le nom de la Banque des Mascareignes. ?C?est un élément symbolique important?, déclare Henri Vignal.
Par ailleurs, un des dossiers qui seront évoqués lors de la mission mauricienne à Paris est la facilitation des échanges entre Maurice et la Réunion. En tant que département français, l?île S?ur est régie par le régime douanier européen.
Si Maurice jouit d?un accès en hors taxes pour ses produits sur le marché réunionnais, tel n?est pas le cas pour les produits réunionnais qui doivent payer des droits de douane. L?idée est de réduire ces droits de douane. En contrepartie, la Réunion réduirait l?impôt appelé octroi de mer, indique Henri Vignal.
Pour concrétiser le projet, la Réunion doit obtenir des dérogations de la Commission européenne. L?ambassadeur français a profité du passage à Maurice de Pascal Lamy, commissaire européen au commerce, pour le sensibiliser à cette question.
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