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Bush reconnaît l’existence de prisons secrètes

8 septembre 2006, 00:00

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Le président américain, George W. Bush, a reconnu, avant-hier, pour la première fois, que des étrangers soupçonnés de terrorisme avaient été détenus en dehors des Etats-Unis par des agents de la CIA. Il a aussi annoncé que quatorze d’entre eux avaient été transférés à Guantanamo, passant de fait sous le contrôle du Pentagone.

M. Bush a argumenté en faveur de ce programme de la CIA visant à interroger des suspects, estimant qu’il s’agissait d’une source capitale de renseignements. “Notre sécurité dépend de notre faculté à obtenir ce genre de renseignements”, a-t-il estimé. Le programme de la CIA avait été révélé l’année dernière par le Washington Post, et avait soulevé un tollé international contre l’administration Bush, laquelle n’avait jamais reconnu officiellement l’existence de tels centres de détention secrets. En réponse aux critiques formulées par les associations de défense des droits humains, le président a affirmé que les agents de la CIA traitaient les détenus avec humanité et sans utiliser la torture.

“Si ce programme n’existait pas, les services de renseignements (américains) pensent qu’Al-Qaida et ses alliés seraient parvenus à organiser de nouveaux attentats contre la patrie américaine”, a estimé M. Bush, à trois jours de l’anniversaire des attentats du 11-Septembre. “En nous donnant des informations que nous n’aurions jamais pu nous procurer ailleurs, ce programme a sauvé des vies innocentes”, a-t-il poursuivi à l’occasion d’un discours sur le terrorisme, le troisième d’une série débutée la semaine dernière.

Tribunaux militaries</B>

En outre, le président américain a annoncé que les quatorze terroristes présumés avaient été envoyés au centre de détention américain de Guantanamo Bay, à Cuba, pour y être jugés par des tribunaux militaires qu’il espère voir mettre sur pied par le Congrès. La Cour suprême a jugé illégaux, en juin, les tribunaux militaires devant lesquels devaient comparaître ces détenus, pour la plupart capturés en Afghanistan. M. Bush a précisé que parmi les quatorze suspects transférés se trouvaient Khalid Cheikh Mohamed, cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, Ramzi Binalchibh et Abou Zoubaydah, deux des principaux dirigeants d’Al-Qaida.

Les renseignements obtenus auprès de Zoubaydah ont, selon lui, permis de déjouer un attentat sur le territoire américain. Les confessions de Mohamed ont, par ailleurs, conduit à l’arrestation d’un autre terroriste présumé nommé Zoubar et ont apporté des informations sur les efforts d’Al-Qaida pour obtenir des armes biologiques, a-t-il assuré. “Dès que le Congrès autorisera les commissions militaires que j’ai proposées, ces hommes qui, selon nos responsables du renseignement, ont orchestré la mort de quelque 3 000 Américains le 11 septembre 2001, seront confrontés à la justice”, a-t-il souligné.

De hauts responsables de l’administration Bush ont affirmé que la CIA détenait moins d’une centaine de suspects, et qu’après ce dernier transfert sous le contrôle du Pentagone, il n’en restait plus aucun.

Le président n’a pas indiqué où se trouvaient ces centres de détention, mais l’existence de telles structures a été signalée en Europe de l’Est. Au mois de mai, le Comité de l’Onu contre la torture a demandé aux Etats-Unis de fermer ces prisons secrètes à l’étranger mais des hauts responsables du gouvernement ont soutenu que ce programme était essentiel et qu’il devait continuer à fonctionner.

<B>© Le Monde 2006

Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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