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Bush et Cheney à huis clos sur le 11/09

30 avril 2004, 20:00

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Entendu jeudi avec Dick Cheney par la commission d?enquête américaine sur les attentats du 11 septembre 2001, George Bush a déclaré à la presse que son vice-président et lui avaient répondu à toutes les questions qui leur avaient été posées.

Pendant un peu plus de trois heures, les deux plus hauts dirigeants de l?administration fédérale ont été interrogés en tandem dans le bureau ovale de la Maison blanche par les dix membres de la commission - cinq républicains, cinq démocrates.

L?interrogatoire s?est déroulé à huis clos, mais George Bush s?est brièvement adressé à la presse à l?issue de ces échanges pour se féliciter de leur tenue et rejeter les critiques de ses adversaires démocrates. Ces derniers accusaient Bush d?avoir exigé d?être entendu conjointement avec son vice-président pour éviter qu?ils ne se contredisent. «Si nous avions quelque chose à cacher, nous ne les aurions d?abord pas rencontrés. Nous avons répondu à toutes leurs questions», a dit le président républicain. «Je voulais qu?ils sachent comment j?ai fixé la stratégie, comment nous dirigeons la Maison blanche, comment nous faisons face aux menaces.»

Interrogé sur la présence éventuelle d?activistes du réseau islamiste Al Qaïda sur le territoire des États-Unis, il a souligné qu?il ne pouvait l?exclure mais n?est pas entré dans les détails. «Nous sommes encore vulnérables à un attentat», a-t-il indiqué. Dans un communiqué, la commission d?enquête a déclaré que George Bush et Dick Cheney s?étaient montrés «francs et sincères».

S?exprimant sous le couvert de l?anonymat, un de ses membres a précisé que la plupart des questions ont été posées au président républicain et que ses réponses ont apporté des informations jusque-là inconnues de la commission. «Nous devions tout couvrir, depuis la transition (ndlr, avec l?administration Clinton en janvier 2001) jusqu?aux conséquences du 11 septembre.» «Lui et le vice-président ont rempli les blancs. Nous avons beaucoup appris et il y avait pas mal de choses que nous ignorions.»

Comme prévu, l?interrogatoire a débuté à 09h30 (13h30 GMT) dans le bureau ovale de la Maison blanche, coeur du pouvoir américain. Bush et Cheney se sont installés dans deux fauteuils près de la cheminée tandis que les parlementaires se regroupaient sur des canapés et des chaises. Sous la pression des proches des victimes, et de la commission elle-même, Bush et Cheney avaient accepté de répondre sur leur réponse aux attentats, mais aussi aux mises en garde émanant des services de renseignement dans les semaines précédentes.

IMPACT DÉFAVORABLE

Des conditions avaient toutefois été posées. L?entretien s?est déroulé à huis clos, les deux dirigeants se sont exprimés ensemble et n?ont pas prêté serment. Aucun enregistrement ni aucune transcription des propos ne seront autorisés autres que les notes écrites des collaborateurs. La Maison blanche a justifié cette mesure par la nécessité de protéger des informations confidentielles.

Le conseiller juridique du président, Alberto Gonzales, et deux autres avocats de la Maison blanche chargés de prendre des notes et dont les noms n?ont pas été divulgués ont ainsi pu assister aux échanges. La commission avait été autorisée de son côté à se faire accompagner d?un seul collaborateur pour la prise de notes.

Face aux délégués de la commission, Bush et Cheney ont dû s?expliquer sur ce qu?ils ont fait pour préparer les États-Unis à des attentats d?Al Qaïda dans les mois ayant suivi leur investiture, en janvier 2001. Richard Clarke, ancien expert de l?antiterrorisme à la Maison blanche, accuse Bush d?avoir ignoré le sérieux de ses avertissements concernant la menace constituée par Al Qaïda.

La commission a pu s?appuyer sur une note des services de renseignements datée du 6 août 2001 et intitulée «Ben Laden déterminé à frapper aux États-Unis». Ce document soulignait que des membres d?Al Qaïda se trouvaient à l?époque sur le territoire américain et que le FBI avait décelé des activités «cohérentes avec la préparation de détournements ou d?autres types d?attentats». Les parlementaires ont probablement cherché à savoir pourquoi Bush n?avait pas entrepris d?action décisive après avoir reçu cette note pendant ses vacances dans son ranch texan.

L?entourage de Bush redoute que les conclusions de la commission soient défavorables au président républicain, candidat à sa propre succession en novembre prochain. Car l?un des objectifs de campagne du chef de la Maison blanche est justement de faire valoir son bilan en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme. La commission rendra son rapport définitif le 26 juillet, jour de la convention démocrate à Boston.

Si les Américains, selon un sondage de l?institut Harris, sont plus nombreux à penser que Bill Clinton en a fait moins que son successeur à la Maison blanche contre les attentats (54 % contre 48 % d?un avis contraire), ils sont aussi 62 % à juger que l?administration Bush avait été prévenue par les services de renseignement de risques d?attentats sur le territoire américain.

Steve Holland

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