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Brian Chan Yuk Fo a osé défier Cédric Agathe
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Brian Chan Yuk Fo a osé défier Cédric Agathe
Un seul joueur est parvenu à le faire chuter durant le week-end, et par deux fois s?il vous plaît : le jeune Mauricien Brian Chan Yuk Fo, vainqueur du tournoi junior. Un élément d?avenir au jeu très, très particulier. Il ne faut pas se faire piéger », écrivait le Quotidien de la Réunion le lundi 28 mars, soit au lendemain de l?Open international de la Cressonnière. Le journal réunionnais faisait référence à la double victoire de notre compatriote Brian Chan Yuk Fo sur Cédric Agathe, le numéro un réunionnais et médaillé d?or des derniers Jeux des îles de l?océan Indien (JIOI). C?était dans les matches de poule.
« J?étais ravi quand j?ai appris que Cédric Agathe avait été tiré dans la même poule que moi. Je voulais jouer contre lui pour me prouver ce que je valais. Après l?avoir battu, j?étais doublement motivé pour le tournoi junior », confie timidement Brian Chan Yuk Fo.
Cédric Agathe, c?est celui-là même qui avait défié nos meilleurs pongistes dont Jean-Michel Appasamy en demi-finales et Patrick Sahajasein en finale des 6es JIOI pour s?offrir l?or. Battre ce même Cédric Agathe en deux occasions, à 15 ans, relève de l?exploit !
Comme pour confirmer ses bonnes dispositions, Brian ne manqua pas de faire la leçon à ses homologues réunionnais ? il avait battu en finale Garyl Thibault, tombeur des deux autres Mauriciens, Christophe Sooprayen et Rhikesh Taucoory ? pour voler la vedette dans le tournoi juniors, qui avait succédé à celui des seniors.
« Les jeunes sont nombreux à avoir raccroché après les Jeux. Certains par manque de motivation et d?autres en avaient assez des tiraillements entre dirigeants. »
À son retour dans l?île le 28 mars dernier, Christophe Sooprayen, qui faisait également partie de la délégation mauricienne à la Réunion, devait nous confier : « Je n?ai jamais vu Brian jouer aussi bien. »
Grand admirateur du multiple champion de Maurice, Rajessen Descann ? son premier mentor ? Brian n?a pas l?intention d?arrêter en si bon chemin. « Je voudrais être aussi bon que Rajessen », lâche-t-il sous correction de son père Georges toutefois : « Le sport oui mais les études doivent passer avant tout. Le sport ne nourrit pas l?homme. »
Contrairement à la première impression, Georges est loin d?être un papa sévère puisque c?est lui qui a encouragé son fils à se lancer dans cette discipline. « Ma femme (NdlR : Christiane) et moi avons choisi d?initier nos enfants à la pratique du sport pour éviter les fléaux qui rongent notre société. Brian a commencé à jouer à l?âge de 9 ans pour le plaisir. Nous étions alors loin de nous douter qu?il fera un jour partie de l?élite », avoue le papa, qui est lui-même pongiste amateur. Billy, le cadet, est aussi joueur de ping-pong. Il est sociétaire de la sélection jeune.
« Brian est en quelque sort le modèle à la maison. Même le benjamin, Lionel, voudrait jouer au ping-pong », souligne Christiane, toute fière de son fils aîné. Bien qu?il ne soit pas toujours facile de concilier sport et études, Brian reconnaît qu?avec une bonne dose de volonté, une bonne organisation et sans oublier le soutien et la compréhension des parents, « on peut toujours s?en sortir ».
Mais il faut aussi beaucoup de sacrifices : « Je dois me réveiller à 6 heures le matin. Après l?école, il y a les leçons particulières et les entraînements. Heureusement que contrairement avant les JIOI, où je ne rentrais pas avant 21 h 30, je suis à la maison à 20 heures au plus tard. Je fais mes devoirs jusqu?à 23 heures, des fois je vais même me coucher à minuit », raconte-t-il.
« C?est un bon garçon, je sais qu?il arrivera à briller dans les deux. D?ailleurs, il l?a toujours fait jusqu?ici », tente de rassurer sa mère avec un large sourire.
Brian n?est certes pas souvent sous les feux des projecteurs ? c?est normal car il est toujours éclipsé par ses aînés ? mais en six ans de carrière, il a fait son petit bonhomme de chemin.
En 2001, alors qu?il fait son baptême du feu dans une compétition continentale, la Coupe d?Afrique, il offre à Maurice deux médailles de bronze dans la catégorie des moins de 16 ans. C?était dans la compétition par équipes et en double hommes aux côtés de Rhikesh Taucoory.
Au tournoi de la Cressonnière en 2003, il prend la deuxième place de la catégorie juniors. Il est battu par le même Garyl Thibault, qu?il a sorti en finale cette année. L?an dernier, il devait s?illustrer dans le tournoi réunionnais de Petite île en prenant la mesure de Nicolas Ah Sing en finale.
Impressionné par son talent, l?ancien directeur technique national (DTN), devait lui donner sa chance d?évoluer au sein de la sélection nationale, alors qu?il n?avait que 13 ans. Il a eu l?occasion de participer aux Jeux des îles de l?océan Indien et aux Championnats d?Afrique qui avaient eu lieu à Maurice en novembre dernier.
« C?était formidable de pouvoir défendre les couleurs mauriciennes aux JIOI. Nous avions remporté l?or par équipes. L?ambiance dans le gymnase était extraordinaire. Je n?avais jamais vu autant de supporters à une compétition de tennis de table », se remémore-t-il.
« Le niveau était plus élevé. La plupart des participants étaient soit des professionnels soit des semi-professionnels. Ce fut tout de même une très bonne expérience. »
Ce jeune pongiste trouve dommage, cependant, qu?après les JIOI, la motivation n?était plus la même. « Les jeunes sont nombreux à avoir raccroché après les Jeux. Certains par manque de motivation car il n?y avait aucune compétition importante en vue et d?autres en avaient assez des tiraillements entre dirigeants. Je trouve regrettable que des personnes sensées servir le sport, se battent pour leurs propres intérêts alors qu?ils auraient dû défendre ceux des joueurs. J?espère sincèrement que les problèmes au sein de la fédération seront réglés une fois pour toutes et que les compétitions pourront reprendre normalement après une trêve de deux ans », souhaite-t-il.
Des championnats d?Afrique 2004, Brian a gardé des souvenirs enrichissants : « Le niveau était plus élevé. La plupart des participants étaient soit des professionnels soit des semi-professionnels. Leur travail consiste uniquement à jouer du ping pong. Ce fut tout de même une très bonne expérience. J?avais réussi à passer le premier tour de l?épreuve de simple. »
Bénéficiaire de la bourse de haut niveau, Brian, qui obtient Rs 2 000 mensuellement, se dit reconnaissant de l?effort consenti par l?État pour encourager les athlètes. Toutefois, précise son père, « cet argent sert uniquement à payer ses frais de transport pour se rendre à l?entraînement. Et puis, comme l?avait dit un ancien DTN, un parent sportif est un parent ruiné », rigole-t-il.
Mais en parents exemplaires, Goerge et Christiane ? qui travaillent à leur propre compte ? se disent prêts à soutenir leur fils tant dans sa carrière académique que sportive.
« Ce qui compte c?est le bonheur de Brian. Le tennis de table est comme une drogue pour lui. On sait donc qu?il ne pourra jamais s?éloigner des tables de ?ping?. On fera tout pour qu?il puisse étudier tout en s?entraînant. Nous pensons même l?envoyer à la Réunion pour ses études tertiaires où il pourra continuer à s?entraîner », concluent-ils.
Elève de la Form V au collège de la Confiance, Brian peut s?estimer chanceux d?avoir des parents aussi comprehensifs. Voilà qui devrait servir d?exemple à d?autres !
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