Publicité
Brel célébré avec cinq chansons délaissées
Par
Partager cet article
Brel célébré avec cinq chansons délaissées
Les cinq chansons ont pour titre L?amour est mort, La Cathédrale, Mai 1940, Avec élégance et Sans exigences. Connus des admirateurs de Jacques Brel, ces inédits provenaient des séances de travail et d?enregistrement du dernier disque 33-tours du chanteur belge, paru le 17 novembre 1977. Les chansons avaient finalement été écartées par celui qui devait mourir un an plus tard, le 9 octobre 1978.
Aujourd?hui, elles apparaissent dans les coffrets commémoratifs publiés à l?occasion du vingt-cinquième anniversaire de la disparition de Brel. Cette publication a été autorisée par son épouse, Miche, et leur fille France, toutes deux responsables de la Fondation internationale Jacques-Brel, héritières et gestionnaires du patrimoine Brel.
Dans Le Figaro du 22 septembre, Eddie Barclay, ancien patron de la maison de disques qui édite ces cinq titres, affirme que ?Brel aurait été furieux de ce genre d?exhumation? et estime que la volonté du défunt n?a pas été respectée. La famille rétorque qu?aucune ?interdiction? de publication de ces cinq chansons n?existe. Plus nuancés, le pianiste Gérard Jouannest et l?arrangeur François Rauber, complices musicaux de Brel, ont simplement demandé à la maison de disques de préciser que ces bandes étaient inachevées.
Dynamiser les ventes
?Ces titres sont connus dans le milieu depuis des années, nous a déclaré Pascal Nègre, PDG d?Universal Music France, dont dépend la maison Barclay. Ils étaient régulièrement diffusés à la Fondation à Bruxelles. Dorénavant, ils sont mis à la disposition du plus grand nombre. Je ne vois rien de choquant à cela. Ils sont tels qu?ils étaient il y a plus de vingt-cinq ans et présentés comme tels.?
A ceux qui soupçonneraient Universal de commercialiser ces inédits afin de dynamiser les ventes de rééditions commémoratives ? un double CD de succès et une intégrale en 16 CD ?, Pascal Nègre répond que l?exploitation du fonds Brel s?écoule avec régularité à plusieurs centaines de milliers d?exemplaires.
Ce débat vient s?ajouter aux querelles récurrentes concernant le traitement des ?uvres posthumes d?artistes. Le rock est même allé très loin, en voulant ?moderniser? le document brut. Ainsi, des poèmes déclamés par Jim Morrison ont été mis en musique par les trois membres survivants des Doors ; un groupe a ajouté ses instruments aux solos de guitare de Jimi Hendrix; et deux airs de John Lennon composés pendant sa carrière solo ont été transformés en chansons des Beatles...
A l?inverse, Matthieu Ferré, un des enfants de Léo Ferré, a publié des chansons ? souvent des ébauches ? de son père, sans les retoucher... ni provoquer le moindre remous.
Les amateurs, eux, sont généralement satisfaits de découvrir des inédits. Et les cinq titres de Brel, dont L?amour est mort, diffusé en boucle sur les radios, ont eu la chance d?échapper à un remix techno. Au moins leur authenticité est-elle sauve.
Sylvain Siclier
© Le Monde Distribué par The New York Times Syndicate
Publicité
Publicité
Les plus récents