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BPO : de nouveaux créneaux rentables se profilent
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BPO : de nouveaux créneaux rentables se profilent
La nouvelle économie des services exportables se dessine. Une récente étude entreprise par le cabinet Imani Development pour le ministère du Commerce international présente les perspectives pour les nouvelles activités. Maurice est déjà bien engagé dans les secteurs tertiaires. Il lui faudra rehausser son capital humain, développer l?infrastructure et introduire des lois pour protéger la propriété intellectuelle afin de passer à l?étape supérieure. La clé de la réussite : concevoir une stratégie d?exportation en exploitant des niches.
L?étude se situe dans le cadre des négociations sur l?exportation de services avec l?Union européenne (UE) dans le cadre des Accords de partenariat économique (EPA). Maurice s?est signalé dans le business process outsourcing (BPO). Plusieurs sociétés offrent des prestations de sous-traitance dans divers métiers. De nouvelles opportunités émergent. L?industrie du BPO est en croissance accélérée.
Des centres offshoring émergents comme Maurice se positionnent dans ce nouveau paysage. Les nouveaux drivers potentiels de l?industrie incluent le legal process outsourcing (LPO) et l?engineering design outsourcing, les services de comptabilité, le back-office pour les services financiers et le développement des logiciels.
L?Inde est leader dans la plupart de ces filières. Maurice s?intéresse de près à l?activité LPO et dispose déjà d?un pool non négligeable de professionnels en droit. Rédiger des contrats, transcrire des documents légaux, recherche juridique, autant de créneaux vers lesquels des avocats mauriciens pourront réorienter leurs carrières. Cette expérience peut être étendue à l?exportation des services comptables. Maurice a le personnel qualifié nécessaire pour pouvoir attirer les opérateurs de BPO financier.
Mais de nouvelles forces sont en train d?agir profondément sur l?industrie de la sous-traitance. Les grosses entreprises européennes et américaines revoient leurs portefeuilles d?activités sous-traitées en offshore. Elles veulent d?abord être présentes sur plusieurs zones horaires pour assurer la continuité des opérations. Deuxièmement, elles souhaitent pouvoir exploiter les avantages de coûts ainsi que les capacités linguistiques disponibles dans les centres de BPO. Les grosses entreprises du Nord ont tendance à ne plus se fier à un seul fournisseur low-cost mais d?avoir une large palette de sous-traitants.
Cette dynamique ouvre de nouvelles possibilités pour Maurice qui ne peut bâtir sa force sur les coûts. Le pays peut ainsi trouver des business profitables dans les opérations où le facteur coût n?est pas déterminant. Les activités de centre d?appels dites bas de gamme doivent être complétées par des services à plus haute valeur ajoutée. Selon les experts d?Imani Development, les fournisseurs mauriciens devraient songer davantage à s?intégrer dans des chaînes logistiques (supply chains) à l?échelle globale, au lieu d?offrir des produits finis à leurs clients.
La pays se fait connaître dans l?univers du BPO. Il se classe 25e dans les 50 offshoring centres recensés dans l?AT Kearney?s Global Services Location Index 2007. La destination compte plusieurs avantages, dont un taux de scolarité élevé. Les Mauriciens sont également très disposés à se former rapidement pour rehausser leurs compétences. «Plusieurs fournisseurs de BPO offrent des stages de formation à leurs nouvelles recrues. Ces dernières, en général, prennent seulement deux à trois semaines pour apprendre l?accent américain et la culture américaine», constate le rapport.
Le bilinguisme, malgré ses failles, offre un avantage notable. Les prestataires locaux doivent intéresser des clients qui opèrent à la fois dans des marchés anglophones et francophones. Les coûts de télécommunications deviennent abordables, même si des entreprises se plaignent encore des tarifs élevés et de connexions pas toujours fiables. Le fuseau horaire dans lequel se trouve le pays permet aux opérateurs de toucher plusieurs zones géographiques en un seul jour de travail. Les consultants d?Imani Development suggèrent que les salariés mauriciens remettent en question leur idée de jour de travail de 9 heures à 17 heures.
N?empêche qu?il y a encore plusieurs obstacles à surmonter. Le pays n?a pas la main-d??uvre en quantité et en qualité suffisantes. Plusieurs opérateurs mettent en place des programmes de formation pour essayer d?avoir les compétences nécessaires. Néanmoins, dans des filières techniquement plus complexes, les ressources sont plus difficiles à former.
Le manque de personnel qualifié encourage le débauchage et déstabilise les sociétés fournisseuses de services. Un manque d?espace peut aussi freiner la croissance du BPO à Maurice. Les investisseurs se heurtent à des difficultés à trouver des sites pour abriter et/ou étendre leurs opérations.
Imani Development constate que le secteur privé n?est pas très intéressé à construire des parcs informatiques et autres bâtiments dits intelligents. Les développeurs privés, estiment les experts, craignent que l?Etat ne leur fasse de la concurrence en construisant de nouveaux complexes après les cybertours 1 et 2.
Par ailleurs, les investisseurs étrangers et les clients potentiels veulent voir une plus grande volonté pour protéger la propriété intellectuelle. Le gouvernment doit au plus vite voter une loi qui protège les données des clients.
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