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BP 247
Réforme ?à la mauricienne? pour l?I.S. française
L?ambassadeur de France à Maurice, Henri Vignal déclarait récemment à l?express-Dimanche que la France aussi devrait bientôt réformer son industrie sucrière suite à la baisse du prix d?achat de cette marchandise par l?Union européenne et à la demande de l?Organisation mondiale du commerces (OMC) de mettre fin aux aides aux agriculteurs européens.
Imaginons que le gouvernement français décide d?aller de l?avant avec la restructuration de son industrie sucrière, principalement issue de la culture de la betterave. Imaginons aussi qu?il adopte les mêmes ou à peu près les mêmes mesures prônées et mises en pratique par notre gouvernement à nous. Cela donnera à peu près ceci :
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Plusieurs champs de betterave seront appelés à être convertis en espaces immobiliers et s?il n?existe pas de réel besoin pour cette activité, on procédera à un rabais à la vente de ces terres pour attirer les acheteurs. S?il n?existe pas assez de Français pour offrir le prix, on acceptera de vendre aux étrangers qui y construiront des villas du genre IRS (Integrated Resorts Scheme).
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En échange de la permission accordée aux propriétaires des champs de les convertir en terrains résidentiels qui leur rapporteront bien sûr une manne, le gouvernement français négociera sans doute des terrains gratuitement ou à prix soldé pour pouvoir les utiliser autrement. Que le ?deal? soit un ?mari deal? ou pas, l?État se retrouvera alors avec des arpents de terrains qui ne demanderont qu?à être utilisés pour le bien du plus grand nombre. Mais si l?État français suit encore l?exemple de Maurice, ces terrains seront utilisés pour la construction de centres administratifs mais aussi pour donner un sens productif à ces terres : une ou deux tours pour caser des bureaux qui seront utilisés comme centres d?appels. Ainsi, nombre de bureaux parisiens seraient transférés à la Beauce, matérialisant ce que l?on appelait ?construire les villes à la campagne?.
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Comme il n?est pas facile, en France, de fermer des entreprises et mettre des travailleurs à la porte, surtout si les entreprises sont profitables, l?État leur avancera les sommes nécessaires pour accorder des Voluntary Retirement Scheme à la française pour apaiser le peuple. Cet argent sera emprunté sur le marché international au lieu des institutions françaises pour faire du ?crowding out?. Même si cela provoquera une dette en devise étrangère, cela aura l?avantage d?être moins coûteux aux emprunteurs étant donné que le taux d?intérêt pour le dollar est moindre. Dans l?éventualité où les usiniers sont dans l?incapacité de donner de garanties contre ces prêts, eh bien, on s?en passera et si jamais le remboursement s?annonce incertain, le peuple français en prendra généreusement la responsabilité.
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Les usiniers ou autres exploitants du sucre betteravier seront invités et même encouragés à investir leurs capitaux à l?extérieur, au Mozambique, par exemple, où ils pourront continuer à faire fructifier leur argent.
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Au cas où ces exploitants auraient besoin d?argent bon marché pour commencer leurs nouvelles aventures, l?État français s?arrangera pour leur en prêter et s?ils n?ont pas assez de biens à donner en garantie, aucun problème, on n?en exigera pas !
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Si l?État français autorise tellement de conversion terrienne que le sucre arrive à manquer, on autorisera son importation et au diable ceux qui sont contre l?importation et l?exportation inutiles du même produit.
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Si en ce faisant, des milliers d?emplois sont sacrifiés, ils ne l?auront pas été pour rien car les heureux propriétaires de ces champs de betterave et les autres usiniers auront été non seulement sauvés mais leur sort amélioré.
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Il est certain que de tels projets qui consistent à bétonner les champs agricoles seront difficiles à appliquer au regard des lois protégeant l?environnement et régulant l?urbanisme. Pour cela, il suffira de remettre tout à plat et de passer de nouvelles lois pour faciliter les développements sauvages.
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Il est probable que l?opposition française accusera alors le gouvernement de ne pas aider l?agriculture. À cela, on répondra que c?est la LOI, celle de l?UE (libérale) et de l?OMC. On n?y peut rien. Non mais, imagine-t-on vraiment qu?un gouvernement français, fût-il de droite, se résolve à prendre de telles initiatives ! Outre le fait que la classe politique française de gauche et d?extrême gauche et les syndicats dénonceront sans doute le gouvernement, il n?y aura personne ni aucune organisation (sauf peut-être le MEDEF) pour avoir l?audace d?acclamer le courage, fût-il, suicidaire, du gouvernement.
Attendons voir.
N. JASODANAND
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