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BP 247
?Nous continuerons à nous battre??
Chère Sandra,
Nous pouvons facilement imaginer votre désarroi devant le terrible coup de massue qui vous a été asséné au lendemain de la condamnation des auteurs de l?horreur dont vous avez été victime. Personne, semble-t-il, avant Me Robert Ahnee, ne vous avait entretenue de la possibilité que le viol soit puni de servitude pénale pour une durée maximum de 30 ans. Encore eut-il fallu que le Directeur des poursuites publiques (DPP) décide de déférer les violeurs aux assises? Ceci aurait donc échappé à l?attention de bon nombre d?entre nous, y compris à celle des avocats les plus en vue du barreau.
Si nous sommes aujourd?hui redevables à Me Robert Ahnee de nous avoir ouvert les yeux sur ce qui nous semble maintenant une faille inacceptable de notre système judiciaire mauricien, nous pouvons toutefois légitimement nous demander la raison de sa réaction si tardive?
Ayant bravé les barrières psychologiques qui auraient pu freiner votre démarche, vous aviez su créer autour de vous un tel élan de sympathie que bon nombre de Mauriciens s?étaient joints à vous dans la rue pour vous soutenir dans votre lutte pour le durcissement des peines infligées aux criminels de bas instinct. Eut-on espéré changer le cours du procès qui devait être intenté aux violeurs, c?est alors que nous aurions pu nourrir l?espoir d?influencer un tant soit peu la décision du DPP. Aujourd?hui, ce qui doit certainement rajouter à ce que nous devinons de révolte chez vous, c?est qu?il ne vous reste plus de recours !
Mais puisque vous êtes devenue un symbole, nous continuerons à nous battre pour réclamer des peines plus sévères pour d?autres violeurs d?autres victimes.
C?est si frustrant de ne pouvoir obtenir du DPP ses motivations pour avoir opté de déférer les coupables en cour intermédiaire plutôt qu?en cour d?assises? Peut-être est-ce seulement une pratique quelque peu établie, mais elle nous semble aujourd?hui si injuste? Et si nous amendions cette législation pour ne plus laisser de choix au DPP ? Et si nos législateurs pouvaient voir, comme nous, que le crime de viol ne peut être ?soupesé? par le DPP avant qu?il ne soit définitivement jugé par une Cour ? Et si nous ne laissions exclusivement qu?à la cour d?assises la responsabilité d?infliger aux coupables la peine qu?elle jugerait adéquate ?
Tous ceux et celles qui comme vous ont déjà subi cette atrocité, et tous ceux et celles qui, comme nous s?angoissent à l?idée d?y faire face un jour, trouveraient peut-être alors enfin un semblant de réconfort dans un système plus transparent et plus juste?
Soyez assurée de toute notre sympathie Sandra et bravo encore pour votre courage et votre détermination.
Valérie DUVAL
?Que Madame Labelle nous éclaire un peu?
L?éditorial de Raj Meetarbhan paru le 30 juillet 2004 évoquait la démission de la députée Françoise Labelle du comité parlementaire sur l?Independent Commission against Corruption. Comme lui, je trouve inacceptable qu?elle ait refusé d?en donner les raisons à la presse. En l?absence d?explications, il ne faut pas s?étonner après que le peuple ainsi que d?autres politiciens échafaudent des hypothèses quant à la raison de cette démission.
On serait en droit de penser, par exemple, que c?était pour des raisons personnelles, ce qui n?a rien d?honorable. Madame Labelle ne peut s?attendre à siéger dans des comités qui sont composés seulement de membres qui lui plaisent. A ce propos, le conseil municipal de Curepipe vient de nous donner un exemple de querelles personnelles, débordant même sur le communal : certains conseillers en sont venus aux mains pour, entre autres, une question de visite à l?étranger ! Nous voulons bien croire que ce n?était pas pour de telles raisons que Françoise Labelle a choisi de démissionner. Mais qu?elle nous éclaire un peu plus?
Au cas où elle pense que le comité ne fonctionne pas assez démocratiquement, qu?elle nous le dise. L?entente entre les partis au pouvoir risque-t-elle d?en souffrir ? Le peuple se moque de ces considérations. Tout ce qu?il demande, c?est la transparence.
Le plus inquiétant, c?est que le comité sur l?ICAC ne débat pas de questions anodines mais d?un des plus grands fléaux que connaît ce pays : la corruption. Madame Labelle aurait-elle adopté le même comportement que son leader ? Celui-ci ne cesse de dire que ?l?ICAC pé fané? sans nous préciser si l?ICAC en fait trop ou pas assez ! Le comité parlementaire avait justement pour rôle de faire de sorte que l?ICAC ait des comptes à rendre au parlement, afin que le peuple soit au courant de tout ce qui s?y décide. Mais voilà que, après le boycott tout aussi inexplicable de l?opposition, une députée de la majorité quitte ce comité. Ne serait-il pas temps de demander à nos représentants de choisir entre la politique et une vie tranquille ?
Narain JASODANAND
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