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Bourse : Après la baisse, le beau temps
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Bourse : Après la baisse, le beau temps
Les choses ont commencé à changer depuis hier. Après les baisses de la semaine dernière, précisément le 15 janvier, des indices SEM 7, SEMDEX et SEMTRI, la lente remontée a démarré hier. La tendance à la baisse faisait atteindre, le 23 (mercredi), 486,2 points pour le SEM 7, 1878,1 points pour le SEMDEX et 4937,53 points pour le SEMTRI.
Les responsables d?Associated Brokers Ltd expliquent que les dépréciations seraient dues, comme pour la plupart des Bourses dans le monde, aux fâcheuses conséquences des soubresauts indiciaires dont les marchés boursiers européens et asiatiques ont été les témoins ces derniers jours. Hier, à la clôture de la session boursière, et au grand soulagement des investisseurs qui avaient commencé à craindre le pire, le SEM 7 a gagné 8,27 points, le SEMDEX a, lui, obtenu 26,87 points et le SEMTRI a pris 70,65 points.
Dans les milieux de la Bourse aussi, l?on estime que cette fluctuation est imputable à la crise boursière quasi-mondiale actuelle. «La crainte de la récession aux Etats-Unis, qui a été à la base de la dépréciation des cours dans plusieurs Bourses, a déclenché aussi à Maurice, pendant ces derniers jours, cette légère baisse des cours des actions. Heureusement, les choses retournent à la normale et les cours des actions continueront, je l?espère bien, à suivre la tendance à la hausse», a confié hier à l?express, un responsable de la Bourse qui a demandé à garder l?anonymat.
Evolution normale d?une Bourse</B>
Sunil Benimadhu, directeur du Stock Exchange of Mauritius Ltd, est tout à fait serein : «La volatilité et les fluctuations font partie de l?évolution normale d?une Bourse. Il est important de se focaliser sur les fondamentaux des entreprises cotées à Maurice et sur les perspectives de croissance de l?économie mauricienne, tout en étant vigilant par rapport aux difficultés qui caractérisent l?économie américaine et aux secousses qui touchent le marché boursier des pays développés, aussi bien que ceux de certains pays émergents.»
L?économiste Swadicq Nuthay, gestionnaire de fonds, nous explique, quant à lui, que l?imprudence ne doit pas être de mise : «Que les cours à la Bourse reprennent la tendance à la hausse aujourd?hui (NdlR : hier) ne signifie pas forcément que tout va bien. Nul ne peut présager ce que la Bourse nous réserve pour demain. Le marché est surchauffé. La moindre sensation d?inquiétude peut avoir des conséquences désastreuses sur les cours», insiste-t-il.
La décision de la Federal Reserve (Fed) des Etats-Unis de baisser son taux d?intérêt n?est certainement pas étrangère à cette situation de relance que l?on a recommencé à observer un peu partout. En effet, la Fed a pris l?inédite décision de baisser son taux d?intérêt directeur de 75 cents, passant de 4,25 % à 3,50 %, baisse la plus spectaculaire, dans tous les sens du terme, opérée par cette institution en 25 ans. Cette initiative a été prise par Ben Bernanke, président de la Fed, et son équipe dans la nuit du lundi au mardi.
Le but de l?opération est de contenir la dégringolade des cours des actions aux Etats-Unis et ailleurs.
En effet, dans une atmosphère de psychose générale, les cours des actions ont été sérieusement secoués en plusieurs endroits. Il était craint que les difficultés économiques des Etats-Unis ne se propagent partout dans le monde. La réunion de la Federal Open Market Committee la semaine prochaine verra probablement d?autres réductions du taux d?intérêt.
Cette baisse du taux d?intérêt aux Etats-Unis a eu l?effet immédiat escompté sur les principaux indices, tels le Dow Jones, le S&P 500 ou le Nasdaq qui ont commencé à connaître des améliorations sensibles. L?impact a été ressenti en Asie aussi, notamment sur le Nikkei et le MSCI Asia Pacific.
Pendant que cette décision de la Fed, prise dans le but d?empêcher l?économie mondiale d?entrer en récession, est accueillie avec grande joie, des responsables de banques et de fonds d?investissement, réunis ce mercredi à Davos, en Suisse, estiment que cette action est précipitée et que «les marchés ont plutôt besoin d?un leadership, que ce soit à un niveau régional ou à un niveau mondial».
<B>Nico PANOU</B>
<B>Mieux comprendre la crise boursiere</B>
● <B>Quelle est l?origine de la crise boursière de ces derniers jours ?</B>
Le point de départ est aux Etats-Unis, où des crédits appelés subprimes ont été octroyés à des ménages à faible revenu pour leur permettre de s?acheter des maisons. Mais la plupart n?ont pu rembourser leur dette en raison des taux d?intérêt élevés et du fait que certains chefs de famille étaient la plupart du temps au chômage, causé par l?instabilité de l?emploi. Les mauvais payeurs étaient chassés de leur maison, ce qui a entraîné une baisse dans l?immobilier. Ceux qui pouvaient encore rembourser se sont sentis lésés, trouvant injuste de continuer à payer pour des maisons à valeur diminuée. Les banques ont alors décidé de cesser de prêter, ce qui a provoqué la baisse de la demande, une baisse de la consommation des ménages et la réduction des profits des entreprises. Les actions de ces entreprises ont également commencé à baisser, effrayant leurs détenteurs qui ont choisi de vendre leurs titres, de peur de ne rien récupérer après. Les ventes se faisant en même temps, avec peu d?acheteurs, rien ne pouvait plus retenir alors les cours de ces actions qui ont continué à baisser. C?est le krach boursier.
● <B>Comment la crise aux Etats-Unis a pu influencer la Bourse d?autres pays comme la Chine, l?Inde, les pays européens, etc. ?</B>
Simplement la crainte que la même chose ne leur arrive aussi. Les investisseurs, c?est-à-dire toutes les personnes possédant des actions, se sentent concernées par cette crise. Surtout que les Etats-Unis sont considérés comme étant une puissance économique. Le fait de penser qu?une telle mésaventure puisse leur arriver décide plusieurs personnes à vouloir vendre, elles aussi, leurs actions. Et si tout le monde décide de vendre au même moment, les valeurs des actions diminuent, car très peu de gens cherchent alors à en acheter.
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