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Boolell : ? Les ACP refusent la renonciation au protocole?
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Boolell : ? Les ACP refusent la renonciation au protocole?
«Brutale», «politiquement pas correct», «mauvaise foi», «mauvais signal politique ». Autant d?expressions utilisées hier par Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie et porte-parole des pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), pour qualifier la décision de la Commission européenne (CE) de dénoncer le protocole sucre.
La réunion des ministres des pays ACP signataires du protocole sucre, tenue la semaine dernière à Bruxelles, avait deux principales questions à son agenda : la décision de la CE de dénoncer (c?est-à-dire de rendre compatible aux normes de l?Organisation mondiale du commerce) le protocole sucre et l?accès des produits des ACP au marché européen dans le contexte des négociations des Accords de partenariat économique (APE).
La CE a proposé aux ACP un marché libre, soit duty free et quota free à partir du 1er janvier 2008. Pour le sucre, une période de transition en trois phases a été proposée. Pour les ACP, cette offre de la CE équivaut à l?abolition du protocole sucre.
«Un consensus a été dégagé à Bruxelles, que cet accès au marché européen doit être construit sur les acquis du protocole sucre et qu?aucun pays ACP ne doit être dans une situation moins favorable qu?avant», estime Arvin Boolell.
<B>Restructuration en danger</B>
«Le prix minimum ne devrait être en aucun cas moindre que le prix de référence fixé sous le présent régime sucrier de l?Union européenne (UE), et doit s?appliquer pour toute la durée de ce régime sucrier jusqu?en 2015», ajoute-t-il.
La CE a exprimé son intention de «dénoncer» le protocole sucre d?ici la fin de ce mois. Elle a en même temps souhaité qu?il y ait une renonciation conjointe CE - Etats ACP, signataires de ce protocole dans le contexte des négociations APE, afin d?éviter une dénonciation unilatérale par la CE.
«Les Etats ACP signataires du protocole sucre ont décidé qu?ils ne vont pas s?associer à la CE pour la renonciation au protocole sucre. Les ACP doivent rester solidaires et unis», dit Arvin Boolell.
«A la place, les ACP ont décidé d?opter pour la transposition des principaux bénéfices du protocole sucre dans l?accord qui va succéder à ce protocole, dans le contexte des Accords de partenariat économique. Comme cela a été le cas quand le protocole sucre a été renouvelé sous les accords successifs de Lomé et de Cotonou», fait ressortir le ministre.
Dans ses rencontres avec des commissaires européens, Arvin Boolell a exprimé ses craintes au sujet de cette dénonciation du protocole étant donné les implications politiques et commerciales majeures que cela pourrait générer. D?autant plus que l?offre de la CE au sujet de l?accès libre au marché européen peut créer des incertitudes en termes de volumes et de prix, sans compter que cela peut mettre en danger la restructuration du secteur sucrier de ces pays, de même que les réformes engagées.
«Il faut que les principaux bénéfices du protocole sucre en termes de volumes et de prix soient transposés dans l?accord qui va succéder à ce protocole dans le contexte des accords de partenariat économique. Nous avions eu des assurances de Peter Mandelson en 2005. Ces engagements doivent être honorés», souligne Arvin Boolell.
A son avis, les APE doivent être un instrument de développement avant tout, car les ACP ont besoin de recettes d?exportation pour consolider leur industrie sucrière qui doit devenir « l?industrie de la canne», dit Arvin Boolell. D?autant plus qu?à partir de 2015, ce sera le marché libre en Europe et qu?il n?y aura aucune protection pour le sucre mauricien.
Maurice se trouve dans le bloc Afrique oriental et austral (AOA), dans le cadre des négociations avec la CE au sujet des APE. Cette configuration comprend 16 pays, dont 12 dans la catégorie de pays les moins avancés et quatre (Maurice, Kenya, Seychelles et le Zimbabwe) dans la catégorie des pays en voie de développement.
«Rien n?empêche que ces quatre pays soient dans une configuration pour discuter avec la CE sur le dossier sucre. Un comité ministériel a été constitué pour étudier cette éventualité», dit Arvin Boolell.
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