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Bon marché
par Raj Meetarbhan
La réaction du ministre de la Santé à l?affaire des médicaments douteux manque de sérieux. Il avait le devoir d?annoncer une vaste enquête sur les procédures d?achat des médicaments et de définir une nouvelle politique des médicaments. Mais, il affiche une certaine nonchalance. Satish Faugoo n?a pas encore pris la pleine mesure de la gravité du problème.
La faute reprochée aux services de santé publique est scandaleuse. Des médicaments hors-normes ont été distribués dans les hôpitaux durant ces deux dernières années. L?affaire éclate après que des médecins affectés aux hôpitaux ont remarqué l?inefficacité de certains produits. Ces médicaments suspects sont envoyés en Afrique du Sud pour des tests. Le rapport des laboratoires est formel : les échantillons testés sont défectueux. La majorité de ces médicaments mis en cause avait déjà été utilisée pendant au moins un an au moment de leur retrait.
Cette affaire est trop grave pour qu?elle soit balayée d?un revers de la main. Cela relève de l?irresponsabilité d?insinuer que les techniciens sud-africains se sont probablement trompés. Il s?agit d?un laboratoire, qui de l?aveu même du ministre, est un centre d?analyse réputé en Afrique du Sud et recommandé par l?Organisation mondiale de la santé (OMS). Le ministre devrait plutôt se demander si la faute ne se trouve pas du côté de son ministère. Ses techniciens n?ont probablement pas été assez prudents dans le choix des fournisseurs.
Il existe en Inde plus de 20 000 entreprises pharmaceutiques, allant du très fiable Ranbaxy aux petits laboratoires qui bricolent des capsules remplies de sucre et des ampoules contenant de la limonade. Maintenant, si les décideurs publics optent pour le fournisseur le moins cher, il est évident qu?ils exposent les patients à de graves risques. La facture pour l?Etat sera moins douloureuse, mais le principe selon lequel la santé n?a pas de prix est foulé aux pieds.
Le ministre veut minimiser l?affaire en invoquant ?la marge d?erreur? des tests effectués en Afrique du Sud. Nous savons tous qu?une mesure physique, aussi précise soit-elle, comporte toujours une part d'incertitude. Mais, dans ce cas l?excuse ne tient pas car les marges sont largement dépassées. Le médicament pour les diabétiques contenait 300 mg d?une composante au lieu de 500mg. Un médicament pour les hypertendus contenait 3 mg de principe actif au lieu de 5 mg. Un médicament pour les asthmatiques s?est avéré ?carrément toxique?.
L?Institut pour la protection des consommateurs a eu raison de demander une enquête serrée sur cette affaire. Il met les services d?un avoué à la disposition des patients qui souhaitent réclamer des indemnités s?il est établi que les médicaments étaient de mauvaise qualité. De toute façon, est-il possible d?aller dire au patient diabétique qui a dû subir une amputation de la jambe après avoir consommé un faux médicament qu?il figure ?dans la marge d?erreur ??
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