Publicité

Boissons gazeuses interdites à l?école : effet mitigé sur les producteurs

4 mars 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Vendre principalement dans les cantines scolaires ou axer son marché hors du milieu scolaire? Quoi qu?il en soit, l?interdiction de vendre des boissons gazeuses à l?école, influe, de manières différentes, sur les producteurs.

A travers cette décision, le ministère de la Santé veut surtout diminuer les maladies cardiovasculaires, le diabète et l?obésité, devenus des pathologies de plus en plus fréquentes dans la population jeune. Mais du côté des entreprises, cette mesure a causé un redéploiement des stratégies de marketing.

Quality Beverages Ltd (QBL), installée à Belle-Rose et productrice de la boisson gazeuse Pepsi, entre autres, détenait 75 % du marché des cantines scolaires. Quant à sa concurrente, Phoenix Camp Minerals Limited (PCML), de Pont-Fer, Phoenix, le marché-cible de sa boisson gazeuse Coca-Cola se trouve en dehors des établissements scolaires.

La décision du ministère de la Santé a du coup porté un sérieux préjudice à QBL. «Suite à cette décision, nos ventes de boissons gazeuses ont baissé, surtout dans les établissements scolaires. Par contre, pour nos produits diététiques, la baisse a été très faible», a confié à l?express, Karim Sheriff, directeur marketing de QBL. «Il a fallu déployer d?énormes moyens marketing pour essayer d?acquérir des parts de marché ailleurs que dans les écoles et amoindrir l?effet de la mévente. Malgré cela, ces dernières années, nos ventes sont en baisse de 5 %.»

Du côté du concurrent PCML, on estime que les ventes ont été constantes. «Nos ventes sont demeurées stagnantes ces dernières années, n?ayant ni augmenté, ni diminué», déclare Didier Vallete, directeur commercial.

La raison de cette bonne fortune est toute simple : non seulement les produits de PCML se vendent toujours aussi bien dans les tabagies, les restaurants, les hôtels, où ils ont gardé une présence permanente, mais l?entreprise continue d?exporter une bonne partie de sa production vers les pays de l?océan Indien où d?ailleurs, semble-t-il, aucune mesure restrictive n?est en vigueur.

<B>Boissons diététiques «trop chères» </B>

Cependant, chez QBL, on ne baisse pas les bras. «Bien que nous comprenons cette décision du ministère de la Santé, nous estimons qu?il y a eu un déficit de communication dès le départ. Nous n?avons pas été consultés avant la prise de cette mesure. Nous aurions suggéré aux autorités d?inciter plutôt les jeunes à pratiquer beaucoup plus d?activités sportives. Il ne sert à rien d?interdire la vente des boissons gazeuses à l?école si, au même moment, les élèves peuvent s?en procurer à loisir en dehors des établissements scolaires, ou à en consommer au sein de leur cellule familiale. Le plaisir de déguster une limonade de temps à autre ne fait de mal à personne. La jeunesse n?aurait plus beaucoup de sens si on la privait d?un plaisir aussi légitime. L?essentiel du problème est de ne pas négliger de faire des exercices physiques», a souligné Karim Sheriff.

En prévision des difficultés qui pourraient surgir dès la mise en application de la récente décision de bannir aussi la consommation des boissons alcoolisées dans les lieux publics, PCML affûte déjà ses armes. «Avant la rentrée parlementaire, nous aimerions rencontrer le ministre de la Santé lors d?une table ronde, pour lui faire des propositions concrètes relatives aux mesures à prendre afin qu?ensemble, nous arrivions à trouver des solutions judicieuses», a ajouté Didier Vallette.

Du côté des jeunes consommateurs de boissons gazeuses, le sacrifice est dur. Les boisons diététiques recommandées par le ministère de la Santé, à savoir l?eau ou les jus 100 % fruit, ne font pas l?unanimité. Pour le directeur marketing de QBL, «les jus de fruits 100 % sont trop chers pour la plupart des élèves. Une petite bouteille de cette boisson coûte environ Rs 50 alors qu?avec Rs 9,50, ils pouvaient s?acheter de la limonade», a expliqué Karim Sheriff.

Publicité