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Bluesy Sound System un beau cadeau de Noël
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Bluesy Sound System un beau cadeau de Noël
L?homme que l?on appelle Eric Triton. L?homme que l?on appelle Bruno Raya. Deux univers : le blues et le ragga. Deux points communs : la passion et la langue créole. Le Bluesy Sound System organisé le 25 décembre a tenu ses promesses. Promesses d?une communion artistique inédite.
00h30 au Round Midnight. Aio Aio. Eric Triton ouvre le Bluesy Sound System. Eric Triton n?est pas seul sur scène : Dominique est à la batterie, Steeve Deville, Jonathan Triton (le petit frère) et Gino Chantoiseau. Si les paroles chantent une réalité pas toujours rose, l?interprétation d?Eric Triton est dynamique et enjouée. L?énergie qu?il met dans cet Aio Aio initial donne des frissons.
La joie d?Eric Triton est communicative. L?on sent son plaisir, sa joie à être là dans ce Round Midnight. Le Mauricien est chez lui. Ce sera ainsi pendant près de deux heures. Eric Triton, sur scène, c?est un grand. Sa maîtrise de la guitare, du langage du blues créole est impressionnante. Si ce gaucher joue de la guitare à l?envers, sa musique, elle, va dans le bon sens. Sa guitare va chercher ce public déjà conquis, sait convaincre ces rastas présents et sceptiques. Dans la foule, cela faisait tout drôle de voir ces grands mecs aux longues tresses venus, pour Otentik Street Brothers et Natir, écouter ce guitariste avec attention puis se mettre à bouger et à danser sur sa musique. Lorsque Triton joue, difficile de ne pas avoir les fourmis dans les jambes. Dans cette foule, l?on pouvait remarquer la présence de fins connaisseurs : Ton Vyé, Natty Jah ou Percy Yip Tong.
En quelques notes, Triton nous apprend son blues si créole, si authentique. Et quand sa guitare entame le dialogue avec celle de l?excellent Steeve Deville, le Bluesy Sound System prend alors forme. C?est, au vrai sens du terme, un concert de guitares généreuses et enflammées. C?est aussi un concert de rythmes. Rien qu?au rythme de ses bongos, George Corette, excellent percussioniste et arrangeur, sait persuader Triton d?amener son Blues dan mwa vers les contrées du seggae. C?est un très beau dialogue qui s?installe, à ce moment-là, entre les deux artistes.
La communion se pratique aussi avec le public qui suit un Triton aux poings levés et conquérants. Triton a su également jouer au Père Noël en offrant au public un morceau inédit intitulé Tang. Une critique contre ceux qui érigent des hôtels dans ces lieux jadis réservés à la faune mauricienne.
Dans ce Bluesy Sound System, il fallait la touche de Master Kool B, Dagger Killa et Blakkayo. L?on avait oublié à quel point, ces trois gars sur scène, étaient excellents. Une fois lâché, le Master Kool B s?immisce avec sa verve et son jargon dans les titres d?Eric Triton. «Low, low» dit-il aux musiciens pour permettre à la foule présente de donner de la voix. Les Otentik Street Brothers sont conçus pour la scène. Il n?y a aucun doute à ce sujet. Espèrons qu?ils prennent en 2005, la bonne résolution de donner un vrai concert avec des danseurs et des featurings.
Le Bluesy Sound System est avant une rencontre entre amis. Eric Triton sait ainsi confier le devant de la scène à ses potes : Master Kool B, Natir ou George Corette. Plus tard, ce dernier, nous refera le même coup qu?à Olivia, en début d?année pour le concert-hommage à Kaya. L?excellent percussionniste veut aussi donner de la voix. George Corette devrait songer à reprendre, sur un album, des titres de Marley. Ces chansons lui vont si bien.
Si le Bluesy Sound System a tenu ses promesses, nous n?émettrons qu?un regret. On aurait aimé par exemple que Triton place sa voix, et non seulement sa guitare, sur Revey twa. On aurait apprécié que Master Kool B, Dagger Killa et Blakkayo revisitent un Blues dan mwa. Mais, qui sait, ce sera peut-être que le cadeau que le père Noël, nous offrira de sa hotte musicale, en 2005.
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