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Birth sombre et amer
La naissance est difficile. Malgré la présence d?une grande Nicole Kidman, et une belle photographie, le film de Jonathan Glazer est décevant. L?histoire, Anna s?apprête à se remarier, 10 ans après la mort de Sean, son premier mari. Tout va pour le mieux, jusqu?à ce qu?elle rencontre un garçon de dix ans, qui, se fait passé pour la réincarnation de Sean.
Jusque-là, tout va bien. Nicole Kidman, réincarnation, le film s?annonce passionnant.Le début du film plonge le spectateur dans l?ambiance froide d?un hiver New Yorkais, dans le milieu de la bourgeoisie.
C?est lent, classique, pesant. Mais jusque-là tout va toujours bien parce que l?on se rassure de la présence de Nicole Kidman et de sa coupe de cheveux effrayante. Les silences, les gros plans (la magnifique scène de l?Opéra, un plan fixe sur Nicole Kidman au bord des larmes), les couleurs (beiges neutres, verts bronze et bois, pièces peu éclairées), s?harmonisent pour mettre à mal l?assurance du spectateur quand le petit garçon lui, a l?assurance et l?audace d?un homme de quarante ans. Quand on perd un être cher, on peut être prêt à n?importe quoi, pour se rattacher à un espoir ? ici, cet enfant, fort bien joué par le jeune Cameron Bright, ses bonnes joues roses, et son regard inquiétant qui bouleverse le personnage d?Anna.
Tout va bien, tant que le propos se tient. L?enfant est convaincant, la femme bouleversée. L?intrigue se tient pendant une bonne heure. L?ambiance s?assombrit au fur et à mesure. Les personnages entrent dans une sorte de spirale destructrice.
Et, dans l??il du cyclone, perdus dans une autre réalité, un doute, face-à-face. Y croire ou pas ? Anna paraît se résigner devant le petit Sean. Le spectateur aussi est presque convaincu lorsque réapparaît le personnage de la mystérieuse Clara. Ses révélations seront la clé de l?histoire. Jusqu?ici tout allait bien. Le film aurait pu s?arrêter là et aurait proposé une bonne chute, ni bonne ni mauvaise, ni morale, ni amorale. On aurait tout de suite zappé à la dernière scène et le film aurait été bon.Mais voilà, le scénario s?emballe pour rien. Des scènes inutiles, des doutes réimposés, le spectateur attend impatiemment quelque chose qui n?arrivera jamais, comme si le scénariste ou le réalisateur avait voulu embrouiller l?histoire et la rendre soi disant plus intelligente et en profiter pour signer quelques jolis plans de plus, même s?ils sont sans intérêt.
Résultat, on oublie tout et on ressort frustrés, vraiment très déçues.Les derniers trois-quarts d?heure du film gâchent tout. Jonathan Glazer a passé une heure à construire un château de cartes et par caprice, souffle dessus pour le faire tomber. Reste Nicole Kidman. Et sa coupe de cheveux.
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