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Biocarburant : jatropha, le pétrole vert
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Biocarburant : jatropha, le pétrole vert
Le jatropha, plante oléagineuse, existe à Madagascar en deux espèces. L’une, appelée “jatropha curcus”, se caractérise par ses graines noires. L’autre, endémique, le “jatropha mahafaliensis”, doit son nom au pays mahafaly et porte des graines blanches.
Des textes anciens évoquent la ville de Babylone, brillant des mille feux de ses lampes à l’huile de jatropha. Des écrits plus récents rapportent qu’en débarquant à Madagascar, au début du XVIe siècle, les Portuguais avaient amené des graines de cette plante sur leurs embarcations.
Dans la région Nord-est, elle sert aujourd’hui de tuteur au pied des vanilliers. Poussant à l’état sauvage, le jatropha est surtout répandu sur les versants des collines et il commence à être cultivé pour des besoins industriels, plus précisément bioénergétiques.
Les deux variétés ont presque les mêmes propriétés chimiques. Localement, elles sont employées artisanalement pour leurs qualités antipelliculaires et assouplissantes pour cheveux.
Après torréfaction et mouture, l’huile peut servir de composant dans la fabrication de la glycérine, du savon ou du biodiesel. Mélangé à 8 % avec du méthanol, on obtient le biodiesel. Cette huile représente 30 % de la masse totale des graines, pour 70 % de tourteaux.
De par son enracinement, le jatropha a le mérite d’être une plante anti-érosive. Il s’avère être aussi utile en engrais et peut accroître la pousse de certaines plantes.
Des entités environnementales, soucieuses d’amoindrir la déforestation, suggèrent d’ailleurs de fabriquer des briquettes à partir du jatropha, pour allumer les foyers à la place du charbon.
Dire du jatropha que c’est le pétrole noir de Madagascar, c’est se positionner dans une perspective très longue. Pour l’heure, le souci premier de la filière, consiste à cultiver la plante de façon industrielle.
Les savonneries existent, les besoins de phytothérapies aussi. En tant que biodiesel, les échéances pour obtenir un résultat sont plus longues. La chaîne de transformation inclut des systèmes de raffinage qu’il faut pouvoir importer, ainsi que le méthanol nécessaire pour en faire un biocarburant.
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