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Bilan aigre-doux pour l?industrie sucrière
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Bilan aigre-doux pour l?industrie sucrière
SAUF pour l?appréciation de l?euro, les sucriers ont peu de raisons de garder le sourire. La production a été encore inférieure aux prévisions, déjà révisées à la baisse depuis le début de l?année. De fait, certains engagements commerciaux ne pourront être honorés. Le pays devra une fois de plus se résoudre à importer du sucre pour sa consommation personnelle.
L?industrie sucrière a récolté quelque 5,2 millions de tonnes de cannes. Elle a produit un peu moins de 537 000 tonnes de sucre alors qu?elle s?attendait au chiffre rondelet de 540 000 tonnes.
Les engagements commerciaux de Maurice pour le sucre sont comme suit : 507 000 tonnes pour le marché européen sous le Protocole sucre, quelque 30 000 tonnes sous l?accord Special Preferential Sugar (SPS) et environ 12 000 tonnes sur le marché américain. Clairement, avec la production de cette année, l?industrie ne pourra tenir tous ses engagements. Il a donc été décidé de fournir l?intégralité du quota européen sous le Protocole sucre. Ce marché est le plus rémunérateur. L?année dernière, la tonne de sucre s?y est vendue à près de Rs 12 000 la tonne.
En revanche, Maurice n?alimentera pas le marché SPS. Elle honorera seulement une partie du quota américain, le reste étant reporté à la prochaine récolte. La situation oblige Maurice à importer pour sa propre consommation. Quelque 40 000 tonnes devraient être achetées en Afrique du Sud, comme cela a été le cas à chaque fois que pareille situation s?est présentée. Ce n?est, en effet, pas la première fois que Maurice recourt à cette astuce pour satisfaire ses partenaires commerciaux et optimiser ses revenus.
La production a surtout souffert des caprices du climat. Il n?a pas assez plu pendant la période de croissance de la canne. En revanche, la période de maturation n?a pas été assez sèche et ensoleillée ou encore froide la nuit. De plus, la première moitié de l?année a connu de nombreux cyclones. Le dernier, Manou, est passé juste avant le début de la récolte. Le centre et le sud du pays ont été les plus touchés par ces conditions.
Par conséquent, la moyenne du taux d?extraction a été de 10,33 % durant la récolte. La plus basse des dix dernières années, exception faite de 1999 quand la sécheresse a frappé dur. Le taux a été 10,70 % et 11,15 % respectivement au cours des deux dernières années. Les nouvelles ne sont pas réjouissantes mais l?industrie sucrière peut tirer une certaine consolation de la bonne tenue de l?euro. Cette monnaie continue à s?apprécier, promettant de doper les revenus de l?industrie.
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