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Bhutto espère s?allier aux islamistes contre Musharraf

15 novembre 2007, 00:00

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Benazir Bhutto caresserait l?espoir de nouer une alliance avec les islamistes et d?autres composantes de l?opposition au Pakistan pour lancer une campagne en vue d?obtenir le départ du président Pervez Musharraf.

Elle a reçu le soutien de l?ancien Premier ministre Nawaz Sharif, qui s?est dit hier prêt à travailler avec elle pour obtenir le départ du général-président.

«Nous sommes disposés à mettre de côté nos divergences avec le PPP (Parti du peuple pakistanais) et d?oeuvrer pour le rétablissement d?un régime démocratique», a confié à Reuters Nawaz Sharif. Ce dernier, qui vit en exil en Arabie saoudite, avait été renversé en 1999 par le général Musharraf. Ce dernier a plongé le «Pays des purs» dans la crise en décrétant le 3 novembre l?état d?urgence et en arrêtant des milliers d?opposants.

Benazir Bhutto, qui négociait en coulisses depuis des mois avec le général-président, est revenue d?exil en octobre pour tenter de négocier avec Pervez Musharraf une période de transition vers un retour à un régime civil.

Mais révoltée par la vague d?arrestations consécutives à l?état d?urgence, la chef de file du Parti du peuple pakistanais (PPP) a annoncé mardi mettre fin aux négociations avec le chef de l?Etat dont elle a demandé pour la première fois ouvertement son départ de la tête de l?Etat et des armées.

La fille de Zulfikar Ali Bhutto a également téléphoné à d?anciens rivaux politiques, dont l?islamiste Qazi Hussain Ahmed et l?ancien champion de cricket Imran Khan, pour les inviter à former «une coalition d?intérêts», a-t-on appris de sources politiques.

Ce dernier, adulé dans son pays, a été brièvement «enlevé» hier par des étudiants islamistes avant d?être arrêté par la police.

«Benazir Bhutto cherche à rassembler tous les partis politiques sur un objectif minimum de retour du Pakistan à une véritable démocratie», a expliqué la sénatrice Latifa Khosa, une proche de la chef de file du PPP, interrogée par Reuters de Lahore. «L?objectif minimum est de chasser du pouvoir le général Musharraf et de former un gouvernement neutre de consensus national en vue d?organiser des élections libres et équitables», a-t-elle ajouté au téléphone.

Musharraf, pressé par ses alliés américains de rétablir la démocratie dans un pays doté de l?arme nucléaire, a annoncé ce week-end que des élections législatives auraient lieu d?ici le 9 janvier. Mais il s?est gardé d?indiquer la date de la levée de l?état d?urgence et du rétablissement de la Constitution.

Le numéro deux du département d?Etat, John Negroponte, est attendu en fin de semaine au Pakistan pour tenter d?amadouer le chef de l?Etat, allié stratégique des Etats-Unis dans la «guerre contre le terrorisme».

Mais Pervez Musharraf a déjà rejeté un appel de la secrétaire d?Etat en vue d?une levée de l?état d?urgence. «Je suis en total désaccord avec Condoleezza Rice», a déclaré avant-hier le président au New York Times. «L?état d?urgence vise à s?assurer que les élections se déroulent dans l?ordre.» Le général a également affirmé que Benazir Bhutto n?avait aucunement le droit de réclamer sa démission.

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