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Besoin d?autres signaux

1 mai 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Dans leurs meetings de mobilisation, les deux principaux blocs politiques ont déjà annoncé la couleur. D?une part, les opposants tentent de créer un sentiment d?urgence. De l?autre, les opposants veulent calmer le jeu en mettant l?accent sur le fait qu?il y a encore plus d?une année avant les prochaines élections législatives. On a pu voir pendant cette campagne de rassemblement et les meetings du 1er mai que les deux parties ont été très fades dans leurs argumentaires.

Face à un gouvernement qui a multiplié les initiatives, pas toujours incontestables et incontestées, l?opposition a développé un discours uniforme, insistant ainsi sur le fait que la majorité serait en train de « remettre le pays aux mains des capitalistes ». Depuis quelque temps déjà, on est revenu à une dichotomisation du paysage politique. L?esprit partisan est exacerbé dans cette logique et nos principaux partis politiques n?ont pas à se plaindre. Le réflexe partisan consacre le système des alliances avec trois grandes formations nationales contrôlant tout le jeu politique.

Aujourd?hui, pour de nombreux Mauriciens et électeurs, une course est lancée et les paris sont pris. Il y a le suspense qui grise ceux qui sont passionnés par ce jeu qui devrait connaître son issue l?année prochaine lors des élections générales. Entre-temps, on oublie trop facilement que les enjeux sont ailleurs. Les partis d?opposition peinent à convaincre qu?ils ont un projet alternatif de développement pour la société mauricienne. Ceux ont au pouvoir bénéficient d?un sursis. Ils demandent à être jugés sur pièce.

C?est dans ce contexte que la chose politique devient un simple jeu de pouvoir car les acteurs sont presque interchangeables. En 2005, on les retrouvera, comme hier, sur les caisses à savon nous vendre des idées et des discours en lesquels, eux-mêmes, ils ne croient pas. Car, au fond, ils savent que la gestion d?un pays, dans le monde globalisé, obéit à des canons immuables fixés par des institutions comme l?Organisation mondiale du commerce et la Banque mondiale, entre autres. Un peu de recul nous ferait donc comprendre que les fantassins se sont bien amusés hier et qu?ils vont continuer à le faire jusqu?aux prochaines législatives.

L?enjeu, pour eux, demeure le pouvoir. Légitimement d?ailleurs. Mais pour la population, il est ailleurs. Il n?est pas dans le choix des hommes car ce choix est très restreint. Il est dans sa capacité à convaincre de sa maturité. Car, dans leurs rares et pseudos moments de confidence, les politiques n?arrêtent pas de dire qu?ils ne changeront de manière de faire la politique que lorsqu?ils seront sûrs que les électeurs auront renoncé à des réflexes anciens.

Et c?est une vérité : on a les politiciens qu?on mérite. On a aussi le système qu?on mérite. C?est la raison pour laquelle des réformes aussi importantes que celle du système électoral finissent, en faisant la part des choses, par passer à côté de l?essentiel. De l?accessoire, c?est tout ce à quoi on a eu droit ces dernières semaines précédant les rassemblements du 1er mai. D?ici les prochaines législatives et même après, on entendra toujours les mêmes sons de cloche, à moins que les électeurs commencent, eux, à envoyer d?autres signaux.

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