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Ben?z blakka révérence aux références

9 avril 2004, 20:00

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Un rire. Contagieux. Sous sa casquette à l?envers, Georges Corette rejoint son protégé à mi-chemin. Planqué derrière son air trop sérieux, Benoît Juliette, dit Grand Benoît, nom de scène Ben?z Blakka, arrive enfin à en placer une.

«Album-la appel Tchak Az Blak. Li ena 12 morso : reggae, seggae, ragga.» C?est que le respect est palpable, entre Benoît et l?arrangeur musical. L?autorité qui perce dans sa voix réduit Benoît à des hochements de tête.

Georges Corette a roulé sa bosse. Son visage amaigri et ses mains rugueuses ont tout connu. Le dédain familial pour «enn travay ki pa paye,» la galère en Guadeloupe et en Martinique, un bout de chemin avec Kaya, les projets Megaravanne et Traditional Odyssey.

Et puis la rencontre. En juillet 2003, l?arrangeur mélange des couleurs de Exterminator, l?album solo de Blakkayo de Otentik Street Brothers. Coïncidence, Georges Corette repeint aussi sa maison à Saint Antoine. Quand il a un peu de temps libre, Benoît Juliette un «petit» jeune de Goodlands lui file un coup de main. Plutôt grand et costaud, à 26 ans, en plus du pinceau, il manie le micro. C?est son gagne pain.

Armé de lourds colliers de rappeur, sa voix, son souffle, ses mains repoussent le monde-chaos. «Met enn seryie, passe mesaz.» Une démarche qui, par l?entremise de Bee Vedachellum, producteur sous le label Meli Melo, touche l?arrangeur musical. Et le pousse à combiner de nouveaux tons sur sa palette.

Sa culture musicale l?oriente vers James Brown, dans sa période Sex Machine. Ses lèvres exercées arrachent des larmes de blues à son harmonica. Médiateur efficace, il convainc Ti-Benoît de faire deux featuring sur l?album de Ben?z Blakka.

Le final : Tchak Az Black qui sortira « d?ici le weekend prochain, » et qui sera disponible à Rs 200. Le morceau titre, une proposition de Georges Corette, se veut un « hommage aux grands de la black music. » Ragga et seggae ont été additionnés de soul, de funk et de blues. La démarche : vaincre les complexes. Pour y arriver, Ben?z Blakka livre des titres qui fonctionnent par paire ou par trio. Exemple : Lord, Propheci et Lavi Eternel. L?oreille passe de la louange bluesy soutenue par l?harmonica, à la trompette ensoleillée de Philippe Thomas, pour finir avec un son « atmosphérique » où « la loi seles fini transgrese. »

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