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Benjamin Moutou présente ?La Rivière Noire, 400 ans d?histoire?
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Benjamin Moutou présente ?La Rivière Noire, 400 ans d?histoire?
Que cache la Rivière Noire, le plus long district de l?île Maurice, la troisième plus grande région après les districts de Flacq et Grand Port, mais la moins peuplée avec 5 % de la population totale du pays, soit 60 417 habitants au recensement de l?an 2000 ? Comment les changements dans cette région ont-ils changé le destin de la population mauricienne ? Telles sont les questions, entre autres, que se propose d?élucider l?historien Benjamin Moutou en étudiant les phases importantes de l?Histoire de l?île Maurice dès l?occupation hollandaise à la prise de l?île par les Britanniques, dans son livre La Rivière Noire, 400 ans d?histoire (1601- 2001), lancé il y a quelques jours.
En regroupant les données historiques sur cette région qui couvre une superficie de 259 km2, c?est-à-dire deux fois et demie Rodrigues, notre historien explique comment, de l?abolition de l?esclavage au développement de la zone franche, s?est forgée toute une légende autour de la Rivière-Noire, qu?il tente de démystifier en remontant quatre siècles en arrière.
En se fondant sur plusieurs sources, ce document historique apporte à notre connaissance certains éléments historiques qu?on ignorait concernant cette région qui, selon les notes de Nicolas de Céré, naturaliste français qui visita le pays en 1754, regorgeait de ?cabris, cochons, ânes, singes? ainsi que plusieurs sortes d?oiseaux comme flamants, chauve-souris, perroquets, perdrix, cygnes et pigeons ramiers?. Alors que la mer était ?garnie de poissons, de lamantins, de tortues, d?huîtres, de coquillage?, les rivières étaient ?peuplées de plusieurs espèces de poissons?.
Selon les textes des Hollandais, il a fallu attendre l?an 1601 avant qu?un premier pas humain ne vienne fouler le sol de cette région : des hommes se seraient empoisonnés en consommant des poissons toxiques au large des côtes du Morne. L?histoire a également enregistré le naufrage en 1615 du navire Le Banda dans la Baie du Tamarin, causant la mort de 45 hommes, dont l?épave sera remontée en 1979, soit 364 ans plus tard, par une équipe d?archéologues français, au large d?Albion. Et concernant la disparition du dodo, c?est le journal de J. Issac Lamotius, gouverneur de 1677 à 1692 qui nous informe que ?c?est le 2 octobre 1688 que les deux derniers dodos auraient été ramenés de l?intérieur du district pour agrémenter le repas de ce (même) gouverneur?.
<B>L?histoire revue en profondeurM
La particularité du livre de Benjamin Mootoo se trouve certainement dans ce travail accompli sur les principaux grands villages situés dans le district de la Rivière Noire : Pointe-aux-Sables, Petite Rivière, Albion, Bambous, La Preneuse, Cascavelle et tant d?autres. Il ne manque pas non plus de décrire la vie de ses habitants de diverses origines, comme les immigrants indiens, les commerçants chinois, les Malgaches, les Africains, et les colons au temps de l?occupation. Bref, l?histoire de cette région est revue dans ses grandes lignes, mais aussi en profondeur. Elle tient compte de diverses données concernant l?évolution politique et administrative, les activités économiques, et l?enjeu culturel national. Car le livre s?achève bien sur une note de séga avec un plaidoyer en faveur de la conservation de son rythme original et authentique qui, selon l?auteur, semble se perdre avec l?arrivée dans les années soixante du séga revival donnant aux ségas traditionnels une évolution qui les rend aujourd?hui méconnaissables, parce qu?ils peuvent être chantés en français aussi bien qu?en bojphuri.
La Rivière Noire, 400 ans d?histoire est un riche document historique même si l?on regrette parfois certaines négligences qui pourraient nuire à sa qualité en tant qu?ouvrage de consultation.
Si au bas des tableaux les sources sont signalées, les citations sont par contre dépourvues de renvois précis, faisant de l?auteur un témoin privilégié et absolu de 400 ans d?histoire. Les éléments bibliographiques en fin de document auraient pu être présentés dans un classement plus digne d?un document historique. Mais, dans l?ensemble reconnaissons que le travail de l?historien mérite d?être salué.
- Benjamin Mootoo, La Rivière Noire, 400 ans d?histoire (1601- 2001). Disponible en librairie.
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