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Battre le fer quand il est chaud
Des coups de massue se font entendre et des étincelles émanant d?un morceau de fer jaillissent sur le sol un peu partout. Il est 13 h 30. Nous sommes chez Jacques Désiré Laval Jean-Pierre, propriétaire d?une forge.
Cet homme de 37 ans, n?a pas le temps de papoter. Le travail est sacré pour lui. Il a le devoir, dit-il, d?obéir aux exigences de ses clients qui sont des propriétaires de quincailleries et à qui il doit livrer des pioches, des ciseaux, des fourches, des couteaux, des serpes et des pinces.
Selon ses estimations, il doit fabriquer 500 pièces de chaque outil mensuellement, pour satisfaire la demande. ?Je fais de mon mieux pour respecter le délai des commandes?. C?est pour cette raison que Jacques Désiré aime battre le fer quand il est chaud.
Ayant appris à faire le métier de forgeron, de son père Edmond, lorsqu?il n?avait que 10 ans seulement, Jacques Désiré avait toujours nourri cette ambition. Se mettre à son propre compte et faire fructifier son business. Avant d?en arriver là, cet habitant de Chemin-Grenier a fait beaucoup de sacrifices. ?Mo finn pass beaucoup letemps pou apranne sa métier et malgré sa mo encore pe faire sacrifices. Mo bisin travail les week-ends?, explique le forgeron sans se plaindre vraiment.
Le forgeron a trois employés à son service. Le premier pour la livraison à travers l?île et deux autres comme aides. Jean-Pierre envisage-t-il, de moderniser ses méthodes de travail pour conquérir une plus grosse part du marché au niveau de la région ? ?Nous y avons déjà pensé Mais Nous préférons prospecter le marché avant de nous aventurer, pour éviter des déboires en cours de route?, précise son épouse, Joëlle, qui exerce un contrôle rigoureux sur le budget de l?entreprise et qui de temps à autre, sollicite l?aide de Rabindrasing Durbarry, manager de la Mauritius Post and Cooperative Bank de la succursale de Chemin-Grenier pour ses conseils. En attendant, le couple, aidé de ses trois employés, fait de son mieux pour honorer les commandes de serpes pendant la période de coupe de cannes : ?Létan nou pas gagné parfois?.
?Il n?y a rien de plus agréable au monde que de travailler à son propre compte et avoir la liberté d?action. Mais pour y arriver, je crois qu?il faut absolument être bien encadré?, soutient Joëlle qui, depuis quelques mois, s?est lancée dans la vente de charbon en sachets. Pour préserver les métiers qui sont en voie de disparition et pour assurer la relève, Jacques Désiré pense qu?il faut donner certaines facilités aux jeunes à travers des institutions financières et un encadrement professionnel avec l?aide des vieux routiers, qui sont prêts, d?ailleurs, à partager leur savoir-faire.
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