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Basse-cour et poulailler
On voulait des candidates, on en a eu ! Même si c?est pas autant qu?on l?aurait souhaité. Faut comprendre aussi. Vu la bousculade au guichet, il a bien fallu en sacrifier quelques-unes sur l?autel des bons, vieux et loyaux serviteurs. C?est sûr qu?un type qui « travaille » depuis 20 ans une circonscription voit d?un très très mauvais ?il, le fait d?être détrôné du jour au lendemain par une novice en jupon, tout ça, uniquement parce que c?est dans l?air du temps.
C?est qu?ici, on tient mordicus au célèbre adage « j?y suis, j?y reste » ! Vous n?avez qu?à voir comment se comportent ceux qui ont maille à partir avec la justice. Partout ailleurs, dès qu?un ministre, un homme politique ou même un patron est mis en examen, il démissionne, sans se faire prier. Ne serait-ce pour ne pas embarrasser sa hiérarchie et la libérer ainsi de toute obligation morale. Question d?élégance. On se fait tout petit, en attendant de revenir la tête haute, si on a été lavé de tout soupçon.
Ici, non. On s?accroche coûte que coûte. À la décence, on préfère l?arrogance. Du coup, faut pas s?étonner si cela mène à des situations inédites : c?est pas tous les jours qu?une liste électorale se retrouve suspendue à la décision d?un tribunal à cause d?un candidat. Bien sûr, on peut toujours se demander s?il n?y avait que ces cinq sous-là pour faire une roupie ? J?veux bien croire que ce soit une pièce unique en son genre, mais bon, faut peut-être pas exagérer ! La preuve, on a bien fini par lui trouver un remplaçant. Le comble, c?est que c?est une femme ! Comme quoi, elles ne sont pas toujours inutiles.
À ce propos, vous remarquerez que les leaders se sont bien gardés de nous dire ce qu?ils comptaient faire de ces dernières, une fois au pouvoir. Autant pour certains hommes, leur carrière semble déjà toute tracée, autant pour les femmes, silence radio. Mis à part une petite place sur les bancs de l?Assemblée et l?éternel (ministère) féminin ? avec peut-être celui de la Culture, maintenant qu?il y a eu un précédent ? qu?est-ce que les états-majors leur réservent ? Un strapontin permanent, un perchoir à l?étranger dans une volière plus ou moins doré pour oiseaux d?agrément ? À voir les photos parues cette semaine à la suite de la présentation des fameuses listes, on peut se poser la question. Édifiantes ! Sur l?une, on voit tout l?état-major MSM-MMM assis en première ligne. De femmes, point ! Sur l?autre, nous avons un paon rayonnant entouré de sa cour, toute de rouge vêtue. C?est dire si la basse-cour politique s?est transformée en poulailler féministe !
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