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Basse altitude

22 février 2008, 20:00

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Certains le comparent à Linley Marthe, disant que c?est la relève du bassiste qui à jouer aux côtés du défunt Joe Zawinul. Lui, il se compare à lui-même n?ayant la prétention de rien. «C?est à l?appréciation des gens, moi je suis un freeman.» Il se qualifie simplement comme un aventurier qui explore l?univers de la basse à haute altitude.

La guitare à quatre cordes, il la rencontre à 12 ans. Il intègre un groupe de séga de son quartier à St-Pierre. Le groupe Fils de Noé venait alors de prendre forme. C?était une coïncidence, comme il manquait un bassiste à ce projet, il est très vite désigné à ce poste.

Il reste un peu plus d?une année au sein de cette formation avant de passer à autre chose. Pour se perfectionner dans cette discipline, il prend des cours de musique avec Jean-Claude Collard. «Je me suis initié à la basse sans savoir vers quelle tendance aller.» Peu après, il se lance dans le circuit hôtelier. Il n?a alors que 14 ans.

Il y reste sept ans, faisant forcément de la variété, afin de peaufiner son jeu. Peu à peu, il fait son incursion dans le circuit de la musique locale, participant à un projet d?album de Dorelio, un groupe rodriguais. Un opus sorti uniquement à Rodrigues.

Son premier gros projet musical se fait avec le groupe Ras Poldo. Sur Dirizan, un disque qui a apporté un souffle nouveau au seggae, le bassiste expose tout son talent. Mais avant de se plonger dans ce projet roots, il avait, avant, voyagé dans l?univers jazz avec Steeve Deville.

«C?est lui qui m?a initié au jazz.» Didier Baniaux a même participé sur Oze, l?album de ce dernier. Entre la musique roots et le jazz, il trouve son juste milieu. «Je suis un bassiste qui trouve son bien-être dans le jazz et la musique roots. Mais je suis un musicien ouvert à d?autres courants sonores,» dit-il.

Trouvant ses références dans les jeux de Richard Bona, Linley Marthe, Sting, Ron Carter, il «avance vers une évolution de son approche musicale pour arriver un jour à leur niveau. Mes expériences avec Steeve Deville, OSB Crew et Georges Corette ont amené une progression dans mon jeu.»

<I>?On est ouvert dans notre jeu et notre musique s?agrippe à diverses sonorités. C?est une très belle expérience.</I>

Les tournées en Europe avec OSB Crew et sa participation à de grands festivals lui ont aussi permis de mesurer le niveau de jeu des formations d?ailleurs. Le bassiste qui l?a le plus impressionné est Ryan Newman du groupe californien Groundation. «Son style de jeu est époustouflant. C?est un bassiste jazz qui fait du reggae.» Un peu comme lui. Jetant un regard sur le niveau de jeu à Maurice, il ne cache pas «qu?il y a un gros travail à faire.»

Que ce soit sur une basse à quatre cordes, à six ou encore une «fretless», Didier prend les airs sans difficulté. Surtout avec une à six cordes, il se permet des solos envolés. Avec Riddim Syndikate, il montre l?ampleur de cette élévation. Lors du concert de Zong où Dagger Kkila et le combo précité assuraient la première partie, Didier a enflammé la galerie avec ses escapades solitaires à la basse.

«Avec ce groupe, je laisse libre cours à ma création. La vibration passe très bien entre les membres. On est ouvert dans notre jeu et notre musique s?agrippe à diverses sonorités. C?est une très belle expérience.»

Didier Baniaux commence peu à peu à faire sa place dans le paysage. Et la basse mauricienne devra compter sur lui dans les années à venir. Car sa basse vise des altitudes vertigineuses.

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