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Basdeo Ramudhin à la tête de la MBC

13 octobre 2008, 20:00

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Ce n?est pas tous les jours qu?un directeur de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) est interviewé par le principal journal de l?opposition. Sans savoir s?il convient de féliciter en premier en la circonstance, le directeur Basdeo Ramudhin ou le journal/journaliste (Le Nouveau Militant/Darma Mootien), le fait demeure que l?événement mérite d?être souligné, d?autant que le titre retenu salue le courage de la MBC (M. Ramudhin trouve que l?opposition a été trop bien traitée à la télévision) et l?objectivité journalistique du MMM (respectant coûte que coûte l?intégrité de l?invité interviewé).

Basdeo Ramudhin a 50 ans, en octobre 1983. Il compte alors 13 ans de carrière à la MBC, en tant que secrétaire comptable puis adjoint au directeur général. Il se dit convaincu que la MBC/TV a convenablement joué son rôle lors des récentes crises politiques (12 juin 1982 ? 21 août 1983). Sa neutralité politique dépend toutefois de sa dépendance financière des subsides gouvernementaux. (Autrement dit : elle n?existe pas). Il ne prévoit aucun changement fondamental dans la grille des programmes de la MBC/TV. Il parle davantage de ses préoccupations financières, du manque d?équipements et de personnel, à la rue Pasteur.

Le problème financier est prioritaire à la MBC. Les directives publicitaires anti-alcool et anti-cigarettes, d?Harish Boodhoo, ont creusé un déficit, passant de Rs 4 millions à Rs 14 millions, en un an. Pas question donc de penser renouvellement des équipements, recrutement de nouveaux d?employés, achat d?émissions étrangères de qualité.

Il a sa petite idée sur la redevance à payer pour usage d?un téléviseur. Il a déjà préconisé de la réclamer mensuellement, en l?ajoutant à la facture du CEB. C?est le système le plus efficace. Depuis 1969, le conseil d?administration approuve cette redevance à payer avec la facture d?électricité. L?Hôtel du Gouvernement hésite, la sachant « impôtpulaire ». En attendant sept Mauriciens sur 10 (tiens ! tiens !) ne s?acquittent pas de la licence mensuelle, les permettant d?utiliser légalement un poste de radio ou de télévision. Il y a bien les rappels. Ils ne sont guère suivis de poursuites judiciaires. En attendant, la MBC perd Rs 10 millions par an.

Ramudhin prétend pouvoir comparer les émissions de la MBC avec celles de n?importe quelle chaîne européenne. Laissons-lui la paternité de ses prétentions. Il qualifie les Mauriciens de public sophistiqué (Santa Barbara, ora pro nobis !)

Il est 100% satisfait de l?indépendance journalistique de la MBC. A l?entendre, le gouvernement en place n?ose pas mettre son nez dans les affaires de la MBC. Directive gouvernementale ? Connais pas ! Mais le GM garantit le découvert bancaire de la MBC. Maudit découvert qui empêche la MBC d?être totalement indépendante. L?opposition n?a en tout cas pas sujet à se plaindre. C?est le Head of News (le rédacteur en chef) qui l?affirme. Il a même pondu un rapport à ce sujet. Le public ne sait seulement pas que l?opposition n?a pas un droit de réponse à toute déclaration ministérielle, même diffamatoire et préjudiciable. Pour les législatives de 1983, la MBC a travaillé pour la première fois de façon très professionnelle. Ce qui sous-entend que auparavant, tel n?était pas le cas. En tout cas, Ramudhin a enjoint tout employé de respecter à la lettre la neutralité politique de la MBC. Il est de ceux qui croient qu?il suffit d?afficher une consigne pour que tous y adhèrent à 100 %. Heureux les pauvres en esprit...

La seconde chaîne radio commence sur une base expérimentale. Quelques heures pendant la journée. Le public apprécie. La MBC essaye de satisfaire tout le monde. Pour la seconde chaîne radio, la MBC voit toutefois des éclairs. Elle utilise un émetteur d?appoint disponible. La seconde chaîne TV demeure du domaine du rêve. Elle ne serait pourtant pas de trop si l?on veut permettre aux jeunes talents de se faire connaître. Quid des reproches d?émissions télévisées stéréotypées qu?on adresse à la MBC ? Un comité se charge de corriger ce qui peut l?être. La MBC/TV est toujours condamnée au noir et blanc, faute de pouvoir disposer des équipements ad hoc pour voir de toutes les couleurs. Tout vient à point à qui sait attendre.

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