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Barthez, le coeur toujours bleu

2 septembre 2004, 20:00

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Après mûre réflexion, Barthez rempile. Ainsi donc l’homme du malaise, l’empêcheur de tourner en rond, celui qui par son attitude et son comportement, voire même son influence, semblait devoir constituer le principal adversaire de la méthode Domenech, a choisi de rentrer dans le rang. L’avait-il seulement quitté...

A vouloir mettre le feu au chantier naissant de la maison bleue, certains aujourd’hui ne peuvent que constater à quel point ils se sont fourvoyés. Fabien Barthez garde le cap de la sélection. Fermez le ban.

Alors oui bien sûr, le portier historique des Bleus a tangué, hésité, voire même envisagé tirer sa révérence en équipe de France. Dernier dinosaure de la glorieuse génération tricolore, le gardien olympien ne cache pas dans les colonnes du quotidien L’Equipe avoir failli tout arrêter lors du premier match vécu sans ses compères Thuram, Lizarazu et Zidane à la mi-août, à Rennes, face à la Bosnie.

Une sorte de grand vide, comme un trou noir auquel il aura su résister pour aujourd’hui l’affirmer: “Je suis là pour deux ans. Je reste jusqu’en 2006. (...) Mon attachement à l’équipe de France est plus fort que tout.”

Pourtant, sa blessure bénigne en apparence mardi, puis suffisante mercredi pour le contraindre au forfait pur et simple pour les deux premières échéances des éliminatoires du Mondial 2006 face à Israël demain et les îles Féroé mercredi prochain, laissait craindre le pire sur la suite de sa carrière sous le maillot bleu.

Une hypothèse que Barthez balaye, visiblement touché dans sa fierté : “Il faut bien que les choses soient claires et qu’on ne commence pas un débat à deux balles : ce n’est pas une blessure diplomatique. Je n’ai jamais fait ça de toute ma carrière et je ne vais pas commencer aujourd’hui.” Dont acte.

L’occasion aussi pour le champion du monde 1998 et champion d’Europe 2000 d’évoquer cet instant, où il l’avoue, son cœur bleu a failli flancher.

De ce premier rassemblement de l’ère Domenech à Rennes où, sans ses repères historiques et affectifs, il a vacillé: “A Rennes, je n’étais pas bien. (...) Je n’étais pas dans mon élément. Durant trois jours, ce n’était que du neuf. Oui, j’ai été choqué. Oui, je suis arrivé en Bretagne avec un a priori négatif. Je n’avais plus aucun repère. Il faut dire que cet été, il n’y a eu que du négatif, que des mauvaises nouvelles. Les arrêts de Zizou, de Tutu, le changement de staff. Je me suis retrouvé dans un flou total.”

Choqué, ce grand sensible aura donc eu besoin de faire le point, d’analyser, à l’aune de ses 33 ans, et d’une carrière en sélection longue de plus de dix ans, cette situation de transition. Pour arriver à cette évidence, l’histoire restait encore à écrire...

Une manière également pour Barthez de signifier qu’il n’endossera pas le rôle de gardien des privilèges de l’ancienne caste des Bleus. Et rejoint ainsi le discours de Raymond Domenech sur la futilité du débat autour du soi-disant chamboulement des règles de vie imposées par le nouveau sélectionneur:

“Tout le monde a toujours cru qu’en équipe de France, c’étaient les joueurs qui décidaient de tout. Mais jamais de la vie. Ni avec Lemerre, ni avec Santini. (...) Des gars comme Patrick Vieira, Thierry Henry ou Robert Pires sont dans la même réflexion que moi. Nous en avons longuement discuté tous les quatre. (...) Nous avons toujours respecté les règles. Tous ces petits changements, on s’en fout. Ce qui compte, c’est de gagner. La vérité, c’est le terrain. Pas les blabla.” A bon entendeur... Désormais, place au jeu !

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