Publicité
Bagarre sanglante à la prison
«La Bastille» a été la scène d?une bagarre sanglante entre deux groupes de détenus hier. L?un des trois prisonniers pris à partie est dans un état jugé très grave. L?on craint pour sa vie, selon une source fiable.
Cet incident met en exergue le manque de sécurité dans une prison qui a rouvert ses portes alors que les travaux de rénovation n?ont pas encore été achevés. C?est hier après-midi, après la rixe sanglante, que le commissaire des prisons aurait pris conscience du fait que la prison de Ph?nix n?était pas équipée de serrures adéquates?
Vers midi et demi, les huit gardiens de service sont alertés par un vacarme infernal venant de la cour numéro trois. Quand ils arrivent dans le «yard», une scène «gore» les accueille : du sang partout et cinq détenus en train d?en tabasser trois autres à l?aide d?un morceau de métal qu?ils ont arraché au stand de la télévision et d?autres armes de fortune. En voyant arriver les gardiens, les détenus crient «na pa rant ladan. Less nou regle sa ant nou».
Mais l?alarme est quand même donnée. Les huit gardiens sont affolés : dans l?enceinte de la prison se trouvent des maçons qui continuent les travaux de rénovation, de même qu?une échelle de plus de 20 pieds et un ascenseur qui sert à transporter des matériaux de construction. Des équipements à bannir absolument dans un tel lieu, de surcroît une prison de haute sécurité, estime un haut gradé de la prison.
«Mais heureusement les renforts sont arrivés et nous avons pu appeler le SAMU à temps», confie un officier de la prison, à peine remis de ses émotions. Les trois hommes blessés ont été transportés d?urgence à l?hôpital Victoria, Candos, alors que les gardiens ont entrepris de calmer les détenus et de les enfermer. De même que de nettoyer tout le sang répandu dans le yard 3.
Serrures pas commandées
Le commissaire des prisons, qui devrait partir en vacances incessamment, s?est rendu à Ph?nix aussitôt la nouvelle apprise. A ce moment-là, il aurait réalisé que « les serrures que l?on met d?ordinairement sur les cellules et que l?on importe de Grande-Bretagne, n?ont pas été commandées. Et c?est grâce aux serrures normales que les détenus ont pu quitter leur cour et entrer dans la cour de leurs ennemis», raconte un témoin.
Tout de suite, l?ordre d?enlever les serrures des stores de la prison de Beau-Bassin pour les fixer aux grilles à la prison de Ph?nix est donné. En attendant que d?autres serrures soient commandées.
Ce qu?il faut savoir c?est que le yard originel a été divisé en quatre yards pour accommoder les différents groupes de détenus. Mais ces yards ne sont séparés que d?un couloir. Déjà, à leur arrivée à «La Bastille» hier, les autres détenus ? Reza Mohammed Hossenbaccus, Urshad Osman Beeky, Mohammed Talim Yadally et Asif Polin ? craignaient un affrontement avec un groupe de détenus qui avait lui été transféré quelques jours auparavant. Ce groupe était constitué de Jimmy et Tony Mootien, Iqbal Rose, Vincent Bhageenuth et John Abel Moussa, tous impliqués dans l?agression mortelle de Steve Labonne, à la prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest en 2005.
D?ailleurs Asif Polin, craignant que les choses ne s?enveniment, avait demandé à rester dans sa cellule dans la journée d?hier. Décision sage puisqu?il est le seul du groupe à n?avoir pas été blessé.
Les gardiens sont dans l?impossibilité de dire pourquoi les deux groupes de détenus sont aussi hostiles l?un envers l?autre. «Ils sont des ennemis mortels», est leur seule explication.
C?est d?ailleurs une chose connue de tous les gardiens, qui s?expliquent mal pourquoi la décision a été prise de les envoyer dans une prison qui n?est plus aussi sûre depuis les rénovations.
«La Bastille» a été fermée en octobre 2007 et rouverte vendredi dernier au beau milieu des travaux, posant la question de la sécurité des détenus mais aussi et surtout celle des gardiens.
Publicité
Publicité
Les plus récents