Publicité

B. P. 247

23 août 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Lèche-boxe </B>

Je ne voudrais paraître ni méchant ni totalement rabat-JO, mais parfois, je me demande si le ministre des Sports de ce pays ne souffre pas de K.-O. chronique. Voyez le malheureux Sylvio Tang commenter mardi dans « l?express » la médaille de Bruno Julie. Et brusquement, au détour d?un paragraphe, on manque de s?étrangler, on se dit qu?il est temps de freiner sur le thé chinois (c?est traître ces trucs-là) et on relit la même phrase pour être sûr de ce qu?on a lu. On a bien lu. Je vous résume monsieur Tang : « Cette victoire, je la dédie à toute l?île Maurice et à son leader Navin Ramgoolam. » Elle n?est pas belle la vie ? Je te chaparde ta médaille et je la file à mon chef. Frappant de fayotage, vous dis-je.

N?empêche, la méthode est géniale. Ben oui, devant un type comme ça, qu?est-ce que vous faites ? Vous êtes comme tout le monde, vous fondez. Vous avez envie de prendre M. Tang sur vos genoux, de lui préparer un grand bol de Milo et de lui faire des petits bisous sur son grand front qui est si malheureux en lui disant : « Là, là, c?est fini maintenant, allez Sylvio, sois gentil, rends sa médaille à Bruno. Tu ne voudrais pas qu?il te cogne, hein ? »

Non, on ne rit pas. En 2008, on en est là. On a tout inventé, la chasse au Cunningham, le Subutex de contrebande, Tikoulou, tout, et un jour d?août, on se surprend à se demander si après un exploit sportif, il faut féliciter Sylvio Tang ou Navin Ramgoolam. Ami lecteur, ôte ta casquette et souviens-toi : au plus noir de l?ère des soupçons, le gouvernement rentre victorieux de Pékin. Ô renaissante espérance !

Pour l?ami Julie, c?est dur. Voir sa médaille toute nue dans les bras d?un autre, en temps normal, c?est pénible. La voir en plus faire l?objet d?une tournante travailliste, là, c?est franchement dégoûtant. Voilà Maurice, direz-vous. Dès qu?il y a une affaire un peu gaie soit on classe faute de preuves, soit on politise.

On s?étonne, après, que le pays soit dépressif.

Sur le fond de l?affaire, lecteur facétieux, je pense comme vous : y?en a qui boxent, d?autres qui astiquent. Seulement en un sens, voyez-vous, je trouve aussi bien que les choses aillent ainsi. Imagine-t-on l?enfer que serait la vie politique mauricienne si on se mettait à lâcher un Julie au premier round des négociations tripartites ? A l?inverse, mesure-t-on le calvaire d?un Tang sur le ring pékinois, dégoulinant de trouille dans son short rouge pailleté à l?idée d?offrir sa mâchoire aux poings acérés d?un égorgeur ouzbek ?

Je vous le jure : nous pouvons rendre grâce aux dieux de l?Olympe de nous éviter pareilles épreuves.

<B>Baky Koné</B>

Publicité