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B. P. 247
Quota et discrimination</B>
Le quota des femmes au Parlement dérange et fait peur? aux hommes politiques. Depuis la récente déclaration du Premier ministre sur son intention de modifier notre système électoral et d?y introduire un quota de femmes pour corriger leur sous-représentation au sein du Parlement, les détracteurs se sont déjà positionnés et parlent sans cesse de « sujet controversé ». Ils soulignent que ce traitement préférentiel des femmes n?est pas démocratique, est contraire au principe d?égalité des chances pour tous et implique que le sexe prime sur les qualifications et mérites.
Le quota est ni discriminatoire et ni anticonstitutionnel. C?est une mesure de discrimination positive qui est prônée par la Convention des Nations unies sur l?élimination de toutes les formes de discrimination à l?égard des femmes (CEDAW), convention qui a été ratifiée par Maurice depuis 1984. Selon l?article 4 (1) de cette convention, l?adoption par les Etats des « mesures temporaires spéciales » visant à accélérer l?instauration d?une égalité de fait entre les hommes et les femmes, n?est pas discriminatoire.
Dans sa Recommandation générale Numéro 25, adoptée en 2004, sur les « mesures temporaires spéciales » le Comité rappelle que la convention exige que les femmes bénéficient de chances égales et d?un environnement propice pour aboutir à l?égalité de résultats. Le comité précise qu?il est indispensable de suivre une stratégie de lutte contre la sous-représentation des femmes. Le comité ajoute que l?adoption de quota n?a pas pour objet d?imposer une discrimination aux hommes.
Lors de l?examen du dernier rapport de Maurice en août 2006, le comité a déploré la quasi-absence de femmes dans de nombreux secteurs de la vie politique et publique et a exhorté le gouvernement mauricien à prendre des mesures temporaires spéciales et à fixer des objectifs numériques et des calendriers concrets pour y remédier.
Pour les femmes, le quota n?est qu?une stratégie de compromis. Il est vrai qu?il a un caractère humiliant dans la mesure où les femmes représentent la moitié du genre humain. De nombreuses femmes expriment toujours la crainte que le quota devient un seuil qui, une fois atteint, serait indépassable.
Au cours de l?histoire, le pouvoir a toujours été détenu par les hommes. Dans la famille (sphère domestique), dans la société civile (sphère sociale) comme dans l?État (sphère politique). Alors que les femmes sont sorties de la sphère domestique et ont acquis des responsabilités croissantes dans la vie professionnelle, le domaine du pouvoir politique est resté un monopole masculin.
La présence des femmes en politique est une question récente tant on s?accordait à penser que leur absence était naturelle. Pendant trop longtemps la politique, qui est l?exercice du pouvoir, a été conçue comme une affaire d?hommes. Faire sauter ce verrou est d?une importance primordiale.
Il est temps de passer à l?action et de faire évoluer les mentalités. Cette fois-ci par une loi qui imposerait un quota de femmes et qui sanctionnerait le non-respect de cette obligation. Le moyen le plus efficace, étant que la Commission électorale rejette les listes ne comportant pas un nombre ou un pourcentage de femmes suffisant. Sinon notre démocratie demeurera inachevée.
■ <B>Me Pramila Patten (Experte sur le CEDAW depuis janvier 2003)
<B>Communiquer ou ne pas communiquer?</B>
Cher Monsieur,
Est porté à ma connaissance un article paru dans l?express-dimanche intitulé : Le défi de Descombes. Or, le défi de M. Descombes ne saurait être le défi de la franc-maçonnerie tout entière, qu?il ne saurait également représenter à lui seul. Je suis agacé, d?autres blessés, de constater que certains francs-maçons se servent de la presse, dans le meilleur des cas, au nom de la communication de telle ou telle de leurs idées ou commentaires, et en d?autres cas, plus sournois, comme prétexte d?un faire-valoir personnel.
Il n?est pas dans notre culture de communiquer, M. Descombes. Mais vous avez toutefois raison de préciser que : « Ce serait une erreur d?associer cette posture à un refus de communiquer. » Mais vous n?avez pour seule justification, semble-t-il, de vous être rendu compte que, je cite encore : « les choses avaient évolué ». Je ne partage pas votre opinion, tant je suis convaincu pour ma part qu?elles ont régressée. Mais laissons cela.
Cette soi-disant volonté de la plupart qui souhaite « communiquer » sera le grand enterrement de la franc-maçonnerie. Car, si l?on compare le nombre de Maçons qui se sont révélé être aussi de grands hommes avec ce qu?elle produit aujourd?hui? Quoi, depuis Pierre Simon** ? On s?aperçoit que la franc-maçonnerie est devenue un désert d?absence d?idées pour les uns et un désert sans âme pour les autres. Ce qu?on s?efforce de dissimuler, tenons-nous bien, par une sacro-sainte com-mu-ni-ca-tion. Suicidaire.
Il ne m?apparaît pas que cela soit ce que l?on attende d?un Grand Maître (et n?y tiens personnellement pas trop). Alors, communiquer ? Oui, à titre informatif, en engageant que la seule Grande Loge que je représente, mais certainement pas à titre de soutien ou de façon séductrice auprès de l?opinion publique. D?autant que je pressens qu?exercer une emprise dans les milieux médiatique, politique et public pourrait bien nous être reproché un jour prochain, celle-ci ne relevant en rien de notre objet. Notre association (et avant tout notre ordre) pourrait ne plus être considérée comme étant d?ordre privé. Aussi, pourquoi prêter le flanc ? Seule notre fraternité réelle et active vis-à-vis de l?Homme est à communiquer à l?opinion publique. Pas autre chose. Par le partage de nos sentiments et l?expression de la vérité. Pas autrement. Aussi, M. Descombes, avant de descendre dans le forum, je dis, francs-maçons, reconstruisons notre maison !
<B> Pierre-Philippe BAUDEL</B>
**Dr Pierre Simon est à l?origine de la loi Veil sur la légalisation de l?avortement. Il est également l?instigateur du Mouvement pour le Planning familial, et l?ancien Grand Maître de la Grande Loge de France (1969 à 1972 et de 1973 à 1975).
■ Les dissensions et divergences d?appréciation entre loges et maçons eux-mêmes ne s?étalent pas d?habitude sur la place publique. Nous nous réjouissons donc que M. Baudel choisisse nos colonnes pour « communiquer », à sa manière, autour du sujet?</B>
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