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AVORTEMENTS A VACOAS

5 novembre 2006, 00:00

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<B>Trois mortsde trop</B>

Lorsque l?on s?attache à un aspect d?un problème et pas au reste, le risque est grand que le jugement soit faussé. L?exemple suivant le démontre bien :Dans un « Readers Digest »,un exposé décrivait différents traits de caractère d?une personne. Cela donnait l?idée d?un homme éminemment sympathique?

Il s?agissait d?Adolf Hitler !? L?auteur certifiait que tous ces traits étaient authentiques. Seulement, voilà, il n?avait, intentionnellement, mis en avant que les aspects positifs de son caractère ? prouvant ainsi à quel point le jugement peut-être aussi lorsque l?on considère seulement un aspect d?une question.

Un jugement faussé peut-il conduire à une bonne conclusion ? Dans l?événement de Vacoas, comme dans d?autres similaires, on parle de la condition de ces femmes, on parle peu des trois petits êtres qui ne verront pas le jour. Nous ne connaissons pas l?histoire de ces femmes, ce qui les a poussées à leur acte (détresse ? Simple désagrément ?). C?est vrai qu?on ne peut que regretter qu?elles se soient laissées aller à une telle extrémité, c?est vrai qu?elles sont à plaindre, terriblement. Peut-être que si une seule personne les avait encouragées, elles n?en seraient pas là.

Certains voudraient profiter de cette actualité pour deman-der la légalisation de l?avortement. On décrit les nombreuses raisons qui peuvent pousser une femme à l?avortement, comme si c?était tout naturel de se faire avorter dans ces cas et, en même temps, on prétend, que l?on n?est pas en train de banaliser cet acte de mort.

On appuie sur la détresse des femmes, très réelle pour certaines, on oublie tous ces bébés, qui n?ont pas eu notre chance à nous, le droit de vivre.

Qui sommes-nous pour décider qui doit vivre et qui ne doit pas vivre ? C?est pourtant ce que la légalisation de l?avortement impliquerait : dans cette famille du xviiie siècle, le père est syphilitique et la mère est tuberculeuse. Ils ont déjà eu quatre enfants : le premier est aveugle, le second est mort-né, le troisième est sourd-muet, le quatrième est tuberculeux. Voilà que la mère se trouve de nouveau enceinte ? pensez-vous que l?avortement aurait été une solution acceptable ? Si oui, vous avez tué Beethoven.

Obnubilés par la détresse de certaines femmes (quoique ce ne soit pas toujours des cas de détresse), on ne voit pas souvent cet aspect des choses. En effet il est si petit l?embryon ; difficile de s?imaginer ce qu?il serait si on le laissait vivre. Alors je voudrais proposer quelque chose de plus facile :

Regardons autour de nous. Regardons? cet enfant, cet adolescent, cet adulte dont nous savons bien que la découverte de la grossesse annonçant sa venue a causé problème. Demandons-nous ce qu?il serait advenu si la légalisation de l?avortement avait existé, avec sa facilité, sa banalisation.

Je ne veux pas faire peser un poids trop lourd sur ceux qui ont choisi l?avortement.

Une pensée pourrait peut-être les réconforter. Celle qui regrette, qui souffre, c?est parce qu?au fond d?elle-même elle est profondément femme, profondément mère? Celui qui regrette, qui souffre, c?est parce qu?il est profondément humain, qu?il a le sens de sa paternité. Ils n?avaient pas pleinement réalisé. Il s?agit le plus souvent d?un manque de connaissance sur la vie de ce bébé se développant.

<B> Jacqueline LE BLANC Action familiale</B>

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